Ashwin Navin, le président de la société BitTorrent, qui a convaincu Bram Cohen de monétiser son logiciel de P2P, se prépare à la sortie d'une plate-forme de vidéo à la demande (VOD) aux contenus protégés par DRM. Mais à terme, il pense que le DRM disparaitra...

Après Amazon et Apple, BitTorrent devrait être le prochain grand acteur à entrer sur le marché de la vidéo à la demande payante. Parce qu’il a toujours axé sa communication sur la technologie et non sur les contenus disponibles, BitTorrent est le seul logiciel de P2P qui a réussi à obtenir le blanc seing de l’industrie cinématographique aux Etats-Unis. Aswhin Navin, président de BitTorrent, indique ainsi à PC World que la boutique devrait ouvrir aux Etats-Unis cette année, puis progressivement dans d’autres pays, à commencer par l’Angleterre.

« Nous voulons aggéger des contenus que personne d’autre n’aggrège« , assure-t-il. « Nous n’avons pas encore fait d’annonce mais nous avons aggrégé des films en langue chinoise, nous avons aggrégé des films en langue indienne, et d’autres langues qui nous sont étrangères aux US« , ajoute Navin. Lorsque l’on retire la langue de bois, cela veut néanmoins dire que BitTorrent a bien du mal à convaincre les grands studios et qu’il est obligé de se reporter sur les petits studios indépendants en dehors des Etats-Unis. Rien d’étonnant si l’on croit, comme certains analystes le pensent, que les studios veulent provoquer l’échec de la vidéo à la demande sur Internet, pour exiger ensuite des législateurs un durcissement de la loi sur le droit d’auteur.

Pessimisme réaliste

Mais surtout, Navin est déjà convaincu de l’échec de sa propre plate-forme à court terme. Il ne le dit évidemment pas clairement, mais c’est ce que l’on peut deviner derrière ses propos. Comme tous les services de VOD actuels, BitTorrent utilisera des DRM. Mais « le DRM est mauvais pour le fournisseur de contenu et il est mauvais pour le consommateur« , affirme Navin. « Le futur ne sera pas marqué par la gestion des droits numériques. Il sera marqué par du contenu financé par la publicité, vierge de tout DRM, parce que l’éditeur du contenu veut qu’il soit distribué le plus largement possible et consommé sur le plus de plate-formes possibles« , assure-t-il en revanche. Disney, CBS, Fox et d’autres networks ont adopté la publicité pour financer des séries et émissions télévisées aux Etats-Unis. Mais pour le moment aucun long-métrage n’a été financé par la publicité sur Internet, et tous les contenus proposés gratuitement avec publicité sont protégés par DRM.

Sans doute le fait que Ashwin Navin soit un ancien cadre de Yahoo n’est-il pas tout à fait étranger à sa philosophie anti-DRM. Yahoo Music a commercialisé ce mois-ci un premier album en MP3 sans DRM, au même prix que la version DRMisée disponible sur iTunes, et avec une chanson bonus supplémentaire.

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