Déjà annoncé pour cette année, MegaChat est confirmé pour "bientôt". La messagerie sécurisée de Kim Dotcom, qui permet également de réaliser des vidéoconférences et de s'échanger des fichiers à haute vitesse de transfert, a d'ores et déjà été testée par Julian Assange et Edward Snowden. 

Elle est promise déjà depuis plus d'un an et devait arriver en 2014, mais elle aura finalement un peu de retard. Lundi, Kim Dotcom a affirmé sur Twitter que sa société Mega qui fournit déjà un service de stockage de fichiers sortirait "bientôt" sa messagerie sécurisée MegaChat entièrement chiffrée, avec la possibilité d'échanger des messages, de passer des appels audio ou même de réaliser des vidéoconférences sans aucun logiciel à installer. Tout se fera au sein du navigateur, sans doute grâce à une implémentation évoluée du protocole WebRTC, comme le fait Firefox Hello.

"Vous ne pouvez faire confiance à aucun fournisseur de service en ligne basé aux Etats-Unis pour (la confidentialité de) vos données", a prévenu lundi Dotcom en désignant très explicitement Skype comme la référence à abattre dans les logiciels de communication. "Skype n'a pas le choix. Ils doivent fournir des backdoors au gouvernement américain", rappelle-t-il. 

Des documents d'Edward Snowden issus de la NSA cités par le Spiegel montrent en effet que l'agence de renseignement a obtenu en février 2011 une ordonnance secrète délivrée à Skype par le biais d'un tribunal spécial (Foreign Intelligence Surveillance Court), pour l'obliger à fournir les moyens de rendre les conversations chiffrées écoutables. La NSA aurait déclaré victoire moins de six mois plus tard, donc à peu près au moment où Microsoft rachetait Skype pour 8,5 milliards de dollars. A cette époque, la firme de Redmond avait affirmé dans un communiqué qu'elle ne fournirait pas au gouvernement d'accès direct aux données des utilisateurs ou de clés de déchiffrement.

En France, l'Arcep a saisi la justice en 2013 pour obtenir que Skype soit écoutable officiellement par le biais des écoutes administratives et judiciaires, ce qui ne veut pas dire que les services de renseignement ne déchiffrent pas déjà les communications par des voies officieuses. 

On ne sait pour le moment pas grand chose du service MegaChat annoncé par Kim Dotcom, mais il assure que c'est ce système de vidéoconférence qui avait été utilisé en septembre dernier lors d'une conférence où intervenaient à distance Julian Assange et Edward Snowden. La qualité de la retransmission était alors très bonne, ce qui laisse augurer le meilleur pour MegaChat (voir à partir de 1:00:00) :

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