Firefox affiche désormais des encarts publicitaires, qui apparaissent à l'ouverture d'un nouvel onglet. L'utilisateur peut néanmoins choisir de les masquer ou de les retirer manuellement. La décision de la fondation Mozilla de s'ouvrir aux contenus sponsorisés est très controversée mais vise à se dégager de Google, qui finance en quasi-totalité son budget.

La publicité est désormais une réalité dans Firefox, si vous utilisez une version à jour du navigateur web. Depuis cette semaine, l'ouverture d'un nouvel onglet est en effet susceptible d'afficher des encarts sponsorisés si la personnalisation de l'affichage est réglée sur "Améliorée". Deux autres modes sont proposés : "Classique", qui se limite à l'historique, et "Vide", qui présente une page vierge.

Concrètement, les annonces sont représentées par des vignettes mélangées à d'autres rubriques qui peuvent intéresser l'usager. Dans la capture d'écran que nous avons prise, une seule publicité est proposée – cellede Booking, avec la mention "Parrainée" – au milieu d'autres tuiles présentant les principes de Mozilla, Firefox pour Android et divers autres services liés à la fondation.

L'affichage des publicités n'est pas obligatoire, mais encore faut-il vérifier que le mode d'affichage adéquat soit sélectionné. En effet, le mode "Amélioré" est actif par défaut, selon les indications de la fondation Mozilla. Pour ne plus voir les annonces, il faut opter pour un autre réglage. Il est aussi possible de retirer certaines publicités en pointant la souris sur la croix de fermeture lors du survol des tuiles indésirables.

Annoncé en début d'année, le déploiement de la publicité dans Firefox a été à l'origine d'une vive polémique au sein de la communauté. Beaucoup ont considéré que Mozilla, en s'ouvrant aux annonces, a renoncé à ses principes et abandonné ses utilisateurs aux publicitaires. D'autres en revanche ont voulu y voir du pragmatisme et un bon moyen de se détacher de Google.

La firme de Mountain View pèse en effet très lourd dans le budget de Mozilla, au point qu'elle le finance en quasi-totalité. La solution retenue par la fondation n'est certes pas idéale (encore qu'elle assure anonymiser les données qui seront adressées à ses partenaires, afin de préserver la vie privée de ses usagers), mais elle a le mérite d'explorer une solution financière pérenne.

Il n'est en effet pas sain que Mozilla dépende à ce point de Google (son budget est financé à plus de 80 % par le géant de la recherche). Mais il n'est pas non plus souhaitable de couper brutalement les vivres de la fondation d'un seul coup, alors que l'argent glane lui permet de financer le développement de nouveaux projets ou de faire la promotion de ses logiciels.

De deux maux, il faut choisir le moindre. La diversification de ses sources de revenus est considérée comme la solution la moins néfaste à moyen terme, d'autant que la fondation ne tient pas à avoir une lecture binaire de la publicité, qui est au centre de l'économie numérique.

Et si Mozilla réduit l'importance que représente Google dans son budget, un éventuel arrêt du partenariat sera bien mieux supporté. Et un tel scénario est loin d'être improbable, dans la mesure où Chrome – le navigateur de Google – pèse de plus en plus sur le web, ce qui fait baisser mécaniquement la part relative de la concurrence. Or, Google financera-t-il longtemps un navigateur en déclin ?

( photo : CC BY-NC-SA Francesco Lodolo )

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