Très vivement attaqué par les professionnels du cinéma qui en ont fait un casus belli, le schéma de légalisation du partage contre une "rémunération proportionnelle" préparé par les services de l'Hadopi ravive également les tensions internes. Alors qu'un membre du collège flingue le projet dans l'anonymat, la présidente réplique. Ambiance.

Après Le Parrain, Les Infiltrés ? Soucieux de torpiller le secrétaire général de l'Hadopi Eric Walter, et le projet qu'il porte de rémunération proportionnelle du partage, le monde du cinéma peut visiblement compter sur le soutien d'un ou plusieurs membres du collège de l'Hadopi. 

La lettre professionnelle Edition Multimédia cite en effet, dans son numéro daté du lundi 27 octobre, les propos anonymes d'un membre du collège de la Haute Autorité, qui assure que le secrétaire général agit sans l'approbation de l'institution. "Le collège a été saisi il y a deux ans par le  secrétaire général de ce projet d’étude, lequel projet avait été approuvé. Eric Walter a récemment fait un point d’étape sur ses travaux et il les a publiés. Ce sont ses travaux et absolument pas la position du collège, dont certains membres n'apprécient pas que cette opération conduise à ce que l'on attribue ce rapport à l'Hadopi", rapporte-t-il.

"Ce qui énerve au collège de l'Hadopi, c'est que l'on fasse de la rémunération proportionnelle du partage une contrepartie venant légaliser l'appropriation des oeuvres illicites sur Internet".

"Très choquant"

Mais contactée par Numerama, la présidente de l'Hadopi Marie-Françoise Marais renvoie sèchement ce membre anonyme dans ses vingt-deux mètres. "Il est très choquant que sous couvert d'anonymat, un membre du collège ne respecte pas le secret des discussions, et au surplus dans des termes qui ne respectent nullement la position du collège sur les travaux en cours", tacle-t-elle.

Renouvelé récemment, le collège de l'Hadopi compte 9 membres, parmi lesquels se trouve la taupe aigrie. S'agit-il de Franck Riester, le député UMP qui fut le rapporteur de la loi Hadopi et qui a toujours défendu l'accroissement de la lutte contre le piratage ? S'agit-il de Jean Berbinau, que l'on sait être un idolâtre de la riposte graduée et un partisan du filtrage ? Ou s'agit-il d'un autre membre, plus inattendu ?

Aux bisbilles externes sur le budget s'ajoutent désormais un jeu du Cluedo en interne, pour savoir qui tire contre l'institution qu'il est censé représenter.

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