Le service en ligne Grooveshark, qui propose des dizaines de millions de fichiers MP3 en écoute gratuite et illimitée, a été condamné par la justice new-yorkaise. Sa défense fondée sur son statut prétendu de simple "hébergeur" n'a pas convaincu le tribunal.

Le service en ligne Grooveshark, qui avait commencé en 2007 comme un réseau P2P qui rémunérait les uploaders de fichiers MP3 — mais qui était aussi l'un des tous premiers réseaux P2P à avoir proposé de rémunérer aussi les ayants droits, n'a pas réussi à convaincre les tribunaux que son virage vers un service de streaming plus traditionnel était légal. 

Le New York Times rapporte en effet que le concurrent de Deezer et Spotify basé en Floride a été condamné lundi par un juge de première instance de Manhattan, qui a donné raison aux trois majors de l'industrie musicale. Sony Music, Universal et Warner avaient porté plainte contre Grooveshark, à qui ils reprochent de proposer plus de 35 millions de chansons en streaming en n'ayant l'autorisation que d'une fraction des labels.

Protégé par le DMCA ? Peut-être, mais pas pour ses propres agissements

Pour sa défense, Grooveshark prétendait se reposer sur le DMCA, l'équivalent américain de notre loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN), pour arguer que Grooveshark n'était que l'hébergeur des chansons, partagées sans son contrôle par les internautes qui les uploadaient. Mais le tribunal a laissé de côté l'argument, en notant qu'au moins 5 977 chansons avaient été uploadées directement par le PDG Samuel Tarantino et par son directeur technique Joshua Greenberg. Or le DMCA ne peut pas couvrir ce qui est mis en ligne par l'hébergeur lui-même.

De plus, le juge a reproché à la société d'avoir détruit des preuves qui auraient notamment permis de déterminer la liste des fichiers que l'équipe de Grooveshark avait elle-même envoyés sur le service.

En attendant l'audience qui devra fixer les millions de dollars de dommages et intérêts à verser, le créateur de Grooveshark a déjà fait connaître son intention de faire appel.

Depuis longtemps dans le viseur des maisons de disques, Grooveshark avait déjà fait l'objet d'une censure par Google qui a cessé de suggérer son nom dans les champs de recherche, pour le rendre moins visible. Facebook l'aussi l'avait banni. Au Danemark, la lutte contre le service en ligne avait été jusqu'à son filtrage par DPI.

Mais malgré les nombreuses batailles judiciaires qu'il affronte, Grooveshark est toujours en ligne à ce jour. 

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