Un éditeur de navigateurs web, dont tout porte à croire qu'il s'agirait de Mozilla et de son navigateur Firefox, aurait l'intention d'intégrer le réseau Tor en natif pour permettre d'anonymiser facilement les connexions aux sites internet. A condition toutefois que le réseau soit capable de tenir la charge.

Dans un message publié sur la mailing list réservée aux développeurs de Tor, le directeur de la société The Tor Project qui édite la solution d'anonymisation du trafic Internet a révélé qu'il avait discuté jeudi dernier avec l'éditeur d'un navigateur web, qui serait dit "intéressé pour inclure Tor en tant que "mode de navigation privée" et au fond pour livrer un navigateur Tor re-brandé qui permettrait aux gens d'activer ou de désactiver la connectivité au réseau Tor".

Andrew Lewman n'a rien dit de l'identité de cet éditeur, mais il livre des indices très précis qui laissent peu de doutes au fait qu'il s'agit de Mozilla et de son navigateur Firefox. "Leur produit a entre 10 % et 20 % du marché international, c'est-à-dire d'une base d'environ 2,8 milliards d'internautes", a-t-il expliqué. Or selon les dernières statistiques disponibles, Firefox compterait 17,5 % de parts de marché dans le monde, loin derrière les 45,5 % de Chrome. Apple compte moins de 12 % de parts de marché, et Internet Explorer est proche des 20 %.

"Puisque Tor est open-source, ils travaillent déjà dessus", ajoutait Andrew Lewman. De plus, Firefox est déjà le navigateur utilisé comme base pour le Tor Browser Bundle, le navigateur préconfiguré pour fonctionner avec Tor.

Un réseau pas assez résistant en l'état

Mais Mozilla (si c'est bien lui) et Tor avanceraient avec timidité sur ce dossier, inquiets que l'architecture actuelle du réseau ne soit pas assez résistante pour accueillir un afflux de quelques 280 à 560 millions de nouveaux utilisateurs, quand bien même Tor ne serait activé que par une portion d'entre eux, grâce au "mode privé". C'est tout l'objet de la discussion ouverte par Andrew Lewman, qui explique que l'éditeur est prêt à mettre ses ressources à disposition pour développer au plus vite une solution plus résistante.

Mike Perry, le "lead developer" de Tor, a répondu qu'il estimait qu'en l'état actuel du réseau, avec "seulement quelques modifications mineures", Tor pouvait accueillir 100 millions d'utilisateurs quotidiens qui se connectent au réseau d'anonymisation, à condition de "faire porter nos efforts sur des relais de plus forte capacité plutôt que d'ajouter simplement des tonnes de relais plus lents". Il développe ensuite une série de modifications qui pourraient être apportées au réseau pour le rendre plus solide, et lui permettre d'accueillir des centaines de millions d'utilisateurs supplémentaires.

Interrogé par The Daily Dot, Andrew Lewman n'a pas voulu confirmer que Mozilla était bien l'éditeur intéressé par Tor, mais a expliqué que "la vie privée devenant le nouveau buzzword que les produits doivent inclure, démarrer avec Tor semble une façon intelligente de le faire pour un fabricant de produits". En plus d'un éditeur de navigateurs web, la société discuterait avec des fabricants de matériels et des fournisseurs d'accès à internet, qui pourraient eux aussi intégrer Tor en natif (à ce sujet, lire notre article sur le routeur oRouteur). 

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