Recevant en prison la visite d'une députée du Parlement Européen, le co-fondateur de The Pirate Bay Peter Sunde annonce qu'il a déjà d'autres projets en tête, et que ce sera "plus facile quand (il) sera sorti".

Pour avoir voulu libérer les contenus et leur partage sur Internet, Peter Sunde est enfermé depuis le mois de juin dans une prison de Suède, où il effectue une peine d'emprisonnement de huit mois. L'ancien porte-parole et cofondateur de The Pirate Bay a tout du martyr qui vit sa peine comme un mal nécessaire, et qui saura tirer profit de son expérience carcérale pour muscler son discours.

Sans attendre sa sortie, Peter Sunde a reçu la semaine dernière la visite de Julia Reda, la représentante du Parti Pirate élue en mai dernier au Parlement Européen. Elle en a publié un compte-rendu sur son site internet, dans lequel elle parle d'abord des conditions de détention de l'homme de 36 ans ("si vous ne vous battez pas constamment pour sur vos droits, ils ne vous seront pas accordés"), avant d'aborder son militantisme resté intact.

Son principal cheval de bataille reste la centralisation d'Internet, qui s'est encore accentuée ces dernières années. Tout l'intérêt du Peer-to-Peer (P2P) qu'il défendait avec The Pirate Bay et BitTorrent était de décentraliser la distribution et l'hébergement des contenus, comme le voulait l'idée directrice des architectes du Net. Mais il constate son échec en estimant même en être pour partie responsable, du fait du succès du site d'indexation de liens BitTorrent. "Il devrait y avoir 10 000 Pirate Bay à ce jour !", regrette-t-il. Or, "parce-que The Pirate Bay existe depuis 11 ans maintenant, presque tous les autres sites torrent comptent dessus comme base. Nous avons créé un simple point d’échec et le développement de technologies de partage de fichiers a été bloqué".

Selon Julia Reda, Peter Sunde estime même que "The Pirate Bay a fait son temps et s’est changé en une entreprise commerciale qui a peu à voir avec les valeurs sur lesquelles il a été fondé".

"Plus facile quand je serai sorti"

Mais au delà du P2P, c'est la centralisation des données dans leur ensemble qu'il condamne, avec l'exemple de Facebook. "En tant qu’activistes et entrepreneurs, nous devons braver les monopoles. Nous devons construire un réseau social pirate qui soit interopérable avec Facebook", exhorte Peter Sunde depuis sa prison. "L’activisme politique dans les Parlements, comme le Parti Pirate le poursuit, est important, mais doit être combiné avec des chocs économiques".

Loin de vouloir regagner une vie plus calme à sa sortie de prison, le co-fondateur de The Pirate Bay imagine déjà ses prochains projets, lui qui a créé la plateforme de dons Flattr ou le service de messagerie sécurisé Heml.is

"Les choses seront plus faciles une fois que je serai sorti. J’ai été fugitif pendant deux ans et pouvais difficilement aller à des conférences où je devais me montrer de façon inattendue". 

"Tout ce que je peux dire maintenant c’est que je déborde d’idées et que l’un de mes buts sera de développer des façons éthiques de financer l’activisme".

Restent environ six mois avant d'en connaître les détails.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés