Arnaud Montebourg assure que Vivendi a choisi de vendre SFR à Numericable, et s'énerve des conséquences de ce choix.

Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg était interrogé sur Europe 1 ce vendredi matin par Jean-Pierre Elkabach, et est revenu longuement sur la mise en vente de SFR par Vivendi. Le groupe doit réunir à 11 heures son conseil de surveillance pour examiner les deux offres de rachat déposées par Bouygues et Numericable, mais les choses seraient déjà jouées. Prenant un air fâché, le ministre a déclaré qu'il avait "cru comprendre que les dirigeants de Vivendi ont décidé coûte que coûte de vendre SFR à Numericable". Un choix qui "pose un certain nombre de problèmes et de questions", a-t-il immédiatement ajouté.

Un brin condescendant pour le câblo-opérateur, Arnaud Montebourg estime que Numericable est "une petite entreprise par rapport à ce qu'est SFR", qui n'aurait pas les reins assez solides pour s'offrir l'opérateur mobile. "C'est une entreprise de 5 milliards qui s'endette à hauteur de 10 milliards pour acheter plus gros lui", résume-t-il, en disant craindre "le surendettement", et donc la faillite subséquente de l'opérateur qui n'arriverait plus à rembourser ses emprunts. Une menace pour l'emploi, assure-t-il, un peu hypocrite.

Car le vrai problème de fond pour Arnaud Montebourg est que si Vivendi décide de vendre SFR à Numericable, il y a aura toujours sur le marché quatre opérateurs mobiles : SFR, Bouygues Telecom, Orange, et Free. Or le Gouvernement veut voir le marché revenir à trois opérateurs mobiles, en fusionnant SFR et Bouygues, pour casser la concurrence sur le marché et permettre de nouveau le retour à des marges bénéficiaires suffisamment fortes pour réaliser une taxation indirecte par la vente des futures licences 5G, et favoriser les investissements dans la fibre optique.

Arnaud Montebourg le reconnaît d'ailleurs explicitement. "Nous sommes favorables à un retour à trois opérateurs (…) parce que nous pensons que ça ne porte pas préjudice aux consommateurs, et ça permet de stabiliser un secteur où nous avons à investir pour moderniser la France. 30 milliards d'euros dans la fibre. Nous avons besoin non pas de câble, mais de fibre".

Enfin, le ministre du redressement productif s'attaque aux montages fiscaux réalisés par Patrick Drahi, le PDG de Numericable. "Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à Amsterdam, sa participation est dans un paradis fiscal à Guernesey, et lui-même réside en Suisse. Donc nous avons des questions fiscales à lui poser".


Montebourg : "les dirigeants de Vivendi ont… par Europe1fr

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