En prenant le contrôle exclusif des extensions Chrome, qui ne peuvent plus être installées autrement qu'en passant par le Chrome Web Store, Google s'est assuré du pouvoir de supprimer tout ce qui pouvait nuire à son navigateur. Même si l'on peut redouter qu'il abuse de ce pouvoir, en supprimant par exemple toute application qui permettrait de conserver une copie des vidéos de YouTube, ce contrôle peut aussi avoir du bon pour les internautes trahis par leurs extensions.

Ainsi, The Next Web rapporte (via le Wall Street Journal) que Google a supprimé de son Chrome Web Store deux extensions, l'une qui permettait d'ajouter un abonnement RSS à Feedly, l'autre qui permettait de "tweeter" un onglet. Elles avaient été mises à jour par leurs éditeurs pour faire apparaître de force des publicités sur les pages visitées par les internautes, et ainsi engranger des revenus en profitant de la naïveté des internautes.

Le développeur de l'extension "Add to Feedly" a raconté qu'il avait vendu cette extension à un tiers pour plusieurs dizaines de milliers de dollars, et que c'était l'acquéreur qui avait voulu faire fructifier cet investissement en modifiant le code pour ajouter des publicités de façon particulièrement sournoise. "Ce ne sont pas les bannières que vous voyez habituellement sur les pages web", raconte-t-il. "Ce sont des publicités invisibles qui agissent en arrière plan et remplacent les liens sur tous les sites que vous visitez pour y insérer des liens sponsorisés".

Il semble donc incontestable que Google décide de supprimer une extension avec un tel comportement. D'autres plug-ins pour Chrome ajoutent aussi des publicités aux pages web, telles que l'excellente extension Hoya de contournement du filtrage géographique. Mais ce n'est pas la même chose de modifier les liens d'une page web pour les transformer en liens publicitaires, et d'ajouter de nouvelles publicités, qui plus est en expliquant d'où elles proviennent. Même si ces ajouts de publicités peuvent être agaçants, ils ont au moins le mérite d'être plus transparents.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés