Après une décision de la Commission générale de terminologie et de néologie, les juristes et les administrations devront désormais utiliser les mots "sexto", "textopornographie" ou encore "vidéoagression".

La Commission générale de terminologie et de néologie, qui planche sur les mots à utiliser en bon français par l'administration française, a fait publier au Journal Officiel de ce jeudi 5 décembre 2013 une nouvelle série d'équivalents officiels à des termes anglophones, dans le domaine du droit. Plusieurs de ces termes concernent directement Internet ou d'autres moyens de communications électroniques, exclusivement autour de potentielles infractions sexuelles.

Ainsi, la Commission fait savoir qu'il est désormais accepté d'utiliser le terme "sexto", ou "texto pornographique", défini comme un "message multimédia ou minimessage à caractère sexuel". L'expression est officialisée dans le domaine judiciaire, car ces dernières années, plusieurs affaires (à notre connaissance exclusivement aux Etats-Unis) sont arrivées sur les bureaux des procureurs, concernant de jeunes adolescent(e)s accusé(e)s de s'envoyer des sextos, assimilés à de la pédopornographie. Il s'agit d'une pratique largement répandue chez les jeunes hommes et les jeunes femmes, qui peuvent désormais même montrer leur appareil intime en 3D.

En revanche, le terme "sexting" pour désigner la pratique de l'envoi des sextos n'a pas été admis par la Commission, qui lui préfère l'équivalent francophone de "textopornographie".

Dans le même registre, plus grave, la Commission désigne comme "pédopiégeage" la pratique consistant, de la part d'un adulte, à "circonvenir à un enfant à des fins sexuelles, notamment par voie électronique". C'est-à-dire à se rendre sur des sites fréquentés par les plus jeunes, pour obtenir un rendez-vous physique, ou pour abuser de leur naïveté par webcams interposées. Certains tentent également d'obtenir des sextos en se faisant passer pour des adolescents.

Enfin, la pratique du "happy slapping" qui avait fait beaucoup parler d'elle aux débuts de YouTube a désormais une équivalence francophone. Il faudra parler de "vidéoagression" pour désigner le fait de réaliser une "captation audiovisuelle effectuée par un complice de l'auteur d'une agression infligée par surprise, en vue d'une diffusion dans un réseau électronique". En 2006, une enseignante d'un lycée de Porcheville, dans les Yvelines, avait été filmée pendant son agression, dans le but de diffuser la vidéo pour l'humilier davantage. Le scandale avait abouti à la condamnation du cameraman pour atteinte à la vie privée et non assistance à personne en danger. Depuis une loi de mars 2007, le code pénal précise en son article 222-33-3 que "le fait de diffuser l'enregistrement de telles images (d'agressions) est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 Euros d'amende".

(illustration : CC Pro Juventute)

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