Saviez-vous que chez les adolescents, s'envoyer des photos ou des vidéos de son anatomie ou envoyer des messages à caractère sexuel était une méthode... de drague ? C'est ce que tend à démontrer une étude américaine récente, qui assure qu'au moins un ado sur cinq s'exhibe à travers Internet ou son téléphone portable, dans l'espoir de séduire son prochain.

Mise à jour : Une étude de MTV (.pdf) s’intéresse également à la question des adolescents qui envoient des photos d’eux nus sur Internet ou à travers des téléphones mobiles. Les résultats sont moins alarmants que ceux commandés par l’association de prévention contre la grossesse, dont nous nous étions fait l’écho dans cet article. Sur 1247 personnes interrogées (600 adolescents et 647 adultes de moins de 24 ans), 10 % des sondés (contre environ 20 % sur l’étude antérieure) disent avoir déjà envoyé des photos d’eux nus par Internet ou par mobile, et 3 % seulement disent en avoir partagé sur des sites web et réseaux sociaux. 11 % tout de même avouent qu’on leur a déjà montré des photos de quelqu’un d’autre sans leur autorisation. Dans la plupart des cas, les « sextos » sont envoyés aux petits amis ou conjoints. Mais ils sont 29 % à montrer leur corps à des inconnus qu’ils connaissent uniquement par Internet, et 25 % à quelqu’un avec qui ils souhaitaient sortir. Une drôle de méthode de drague.

Une écrasante majorité des sondés disent cependant qu’ils seraient en colère (90 %) s’ils voyaient qu’une photo d’eux nu avait été postée sur Internet ou relayée par mobile.

Article du 21 janvier 2009 – Evidemment ça met quelque peu en perspective les grands discours de protection de la jeunesse que tiennent Nadine Morano, Christine Albanel ou Michèle Alliot-Marie pour justifier des projets de contrôle et de censure des contenus pornographiques sur Internet. Les jeunes sont aussi des producteurs de leurs propres contenus sexuellement explicites, qu’ils s’envoient très volontiers grâce aux nouvelles technologies. C’est en tout cas ce que démontre une étude récente livrée aux Etats-Unis sur un échantillon de 1.280 jeunes (653 adolescents âgés de 13 à 19 ans, et 627 jeunes adultes de 20 à 26 ans) entre septembre et octobre 2008, qui brise à la fois des tabous et des idées reçues.

En effet, d’après cette étude (.pdf) commandée par une association de prévention contre les grossesses non désirées chez les adolescentes, un adolescent sur cinq et un jeune adulte sur trois ont déjà envoyé des photos ou des vidéos d’eux-mêmes nus ou à moitié nus par Internet ou par téléphone mobile, et environ la moitié a déjà envoyé et reçu des messages suggestifs personnels (en dehors du spam). Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les filles ne sont pas les plus timides en la matière. Elles sont ainsi plus nombreuses (22 % chez les ados, 36 % chez les jeunes adultes) que les garçons (18 % et 31 %) à s’exhiber en ligne, mais elles sont aussi plus nombreuses à réserver ces contenus à leur petit ami, et sont plus influençables. Une majorité (51 %) des adolescentes disent envoyer ce genre de contenus sous la pression d’un garçon, alors que leurs homologues masculins ne sont que 18 % à ressentir une pression réciproque.

Des conséquences néfastes reconnues mais ignorées

Etrangement, chez les ados, envoyer des messages ou des images à caractère sexuel est perçu comme une méthode de séduction. Les garçons sont ainsi 39 % à avoir envoyé des contenus suggestifs à quelqu’un qu’ils souhaitaient draguer, contre « seulement » 21 % chez les filles. Quand ils mûrissent, les jeunes hommes ne sont plus que 30 % à trouver que c’est une bonne idée, mais les filles jeunes adultes sont toujours aussi nombreuses à séduire en envoyant des photos de leur poitrine généreuse ou des messages excitants. Et ça marche. Les jeunes sont environ 40 % à trouver que l’envoi de contenus suggestifs par l’intermédiaire d’un écran favorise les rencontres intimes postérieures dans la vie réelle.

Plus étrange encore, les jeunes se livrent à ce genre de pratiques alors qu’ils sont environ les trois-quarts à reconnaître qu’envoyer des contenus sexuellement suggestifs « peut avoir des conséquences négatives sérieuses« . 44 % des adolescents sont ainsi conscients qu’il est courant de partager ces contenus avec d’autres personnes que les premiers destinaires.

Mais les deux tiers des adolescentes trouvent que c’est « amusant » à faire, et la moitié le font en considérant que c’est un « cadeau sexy » à l’intention de leur petit ami.

En oubliant qu’un jour le prince charmant peut se transformer en méchante grenouille qui diffusera ces contenus sans avoir jamais la possibilité de les retirer de Google.

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