Dans un récent entretien, Moby est revenu sur son partenariat avec BitTorrent Inc et son choix de promouvoir son dernier album via le protocole P2P. Le musicien a également confirmé qu'il acceptait les remixes de ses samples, même à des fins commerciales.

Figure de la musique électronique, Moby a su très tôt s'approprier la technologie et le numérique pour composer et atteindre différemment son public. En marge des canaux de distribution traditionnels, l'artiste new-yorkais s'est illustré en offrant gratuitement l'un de ses singles (qui s'est aussi très bien vendu sur iTunes) et en misant sur le protocole BitTorrent pour promouvoir son dernier album, Innocents.

Mais le musicien est aussi connu pour son regard sévère vis-à-vis de l'industrie du disque, qu'il souhaite voir évoluer pour s'adapter aux nouveaux usages individuels. Dénonçant la politique des majors, Moby déclarait ainsi "qu'elles ont maltraité les musiciens. Elles ont maltraité les fans. Plus grave encore, elles ont maltraité la musique. C'est la raison pour laquelle elle doivent se réinventer rapidement ou disparaître".

Dernièrement, c'est sur le terrain du droit d'auteur que Moby s'est distingué. Après avoir accepté d'offrir sa musique pour les films sans but lucratif, le musicien a indiqué dans un entretien à Mashable être favorable au remix des samples de son dernier album, y compris à des fins commerciales. D'ailleurs, il existe une page sur SoundCloud qui s'efforce de rassembler les remixes réalisés par d'autres.

Bien sûr, l'initiative a certaines limites : le feu vert de Moby se limite a priori aux samples fournis avec le bundle BitTorrent, excluant les titres de l'album lui-même. En outre, la démarche de l'artiste est facilitée du fait de sa notoriété déjà établie. Un artiste d'une envergure moindre aurait plus de difficultés à mettre en place un projet similaire et à le rendre attractif… et d'autres préoccupations également.

Mais il n'en demeure pas moins que la logique du partage est là. "J'aime vraiment l'idée de laisser la musique vivre sa vie en n'ayant aucune idée de la direction qu'elle va prendre. Une des raisons pour lesquelles j'ai désormais mon propre label est que lorsque j'étais chez EMI, ils voulaient vraiment contrôler la façon dont la musique devait sortir et exister", explique-t-il dans l'interview.

"Mon approche n'est pas d'essayer de contrôler quoi que ce soit. J'aime vraiment l'idée de ne pas simplement donner aux gens le produit fini. C'est leur donner quelque chose avec lequel ils peuvent jouer et manipuler à souhait. Il n'y a absolument aucune restriction dessus. […] Les résultats les plus intéressants se produisent lorsqu'il n'y a aucun contrôle. J'aime "l'anarchie démocratique" du monde numérique".

( photo : CC BY Uncensored Interview )

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