Si vous prévoyez de vous rendre à Sotchi pour les Jeux Olympiques d'hiver 2014, oubliez toute idée de diffuser sur Twitter la photo de la chute d'un patineur sur glace, ou de publier sur YouTube les coulisses d'une course de bobsleigh. Les spectateurs ont l'obligation contractuelle de ne rien montrer sur Internet de ce qu'ils vivent sur place.

C'est désormais une tradition pour les Jeux Olympiques, instaurée au moins depuis les Jeux de Pékin, et elle sera de nouveau suivie à la lettre lors des prochains Jeux de Sotchi, qui se dérouleront du 7 au 23 février 2014. Pour tenter de préserver l'exclusivité des journaux, chaînes de télévision et autres sites internet officiels qui couvrent l'événement en diffusant des images qu'ils payent cher, les spectateurs munis d'un billet d'entrée aux différentes installations olympiques seront soumis à une stricte interdiction de partager photos ou vidéos sur Internet.

En effet, quiconque achète un billet pour les Jeux de Sotchi, obligatoirement avec une carte VISA, signe virtuellement un contrat avec l'organisateur, qui stipule qu'en "acceptant, en détenant ou en utilisant un billet (d'entrée), vous certifiez que vous avez lu, compris et accepté ces termes et conditions", et même que vous "acceptez de les porter à l'attention des autres".

Or, l'article 17.2 des conditions contractuelles imposées aux détenteurs d'un billet des Jeux de Sotchi prévient que "des images fixes prises par le spectateur peuvent être partagées de façon privée et sont (prises) exclusivement à des fins personnelles, non commerciales".

Pour préciser, le texte ajoute que "les images, vidéos et enregistrements sonores des Jeux pris par un spectateur ne peuvent  être utilisées pour aucun autre but que privé, personnel, à titre d'archive, et non commercial ; par exemple, le spectateur ne peut pas proposer sous licence, diffuser ou publier des enregistrements vidéo et/ou sonores, y compris sur les sites de réseaux sociaux et sur Internet de façon plus générale, et ne doit en aucune circonstance exploiter les images, vidéos et/ou enregistrements sonores dans un but commercial, que ce soit sur Internet ou ailleurs, ou les rendre disponibles aux tiers".

Ainsi non seulement les internautes ne pourront pas partager publiquement leurs vidéos sur YouTube ou diffuser de photos des athlètes sur Twitter, mais s'il se passe le moindre événement hors caméras officielles dont seuls les spectateurs sont témoins, ils auront l'interdiction de donner ou de vendre les images aux médias autorisés. Elles devront rester confidentielles. Une bonne manière de museler la liberté d'expression et de parer à tout imprévu (à condition que le contrat soit respecté, ce qui est une autre affaire).

Comme dans les éditions précédentes, les photos et vidéos des JO prises par les spectateurs ne pourront pas être partagées publiquement et ne pourront pas être proposées sous Creative Commons, pour ne pas que les photographes amateurs fassent de l'ombre aux agences professionnelles.

L'organisateur des JO de Sotchi devrait être en contact rapproché avec les plateformes comme Facebook (et donc Instagram) YouTube, Twitter, Pinterest, Flickr, ou Dailymotion, pour s'assurer que les contenus qui violent la règle soient aussitôt supprimés. Seules les journalistes accrédités pourront diffuser publiquement des photos, mais pas des vidéos.

Par ailleurs, pour tenter de donner un avantage technologique aux médias officiels, les spectateurs auront interdiction d'utiliser un flash pour leurs photos (article 15.2.D.2), et les vidéos devront être capturées exclusivement par "une caméra domestique tenue à la main". Les trépieds et même les monopods sont interdits (article 14.2).

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