Le mois dernier, un important collectif actif dans le partage de livres numériques a annoncé l'arrêt de ses activités. Si c'est une victoire pour les ayants droit, ces derniers ont conscience que le phénomène va se poursuivre, voire prendre de l'ampleur.

C'est une décision qui a marqué les aficionados du partage de livres numériques. Début septembre, la team AlexandriZ, un collectif se décrivant comme "n°1 sur les ebooks FR", a choisi de suspendre ses activités "en raison de sérieux problèmes", sans préciser leur nature.

Il est toutefois apparu que cet arrêt est survenu moins d'un an après la plainte déposée par le syndicat national de l'édition (SNE). Ce dernier a en effet attaqué en justice la Team AlexandriZ, dont l'activité consiste essentiellement dans la distribution de livres numériques n'étant justement pas disponibles dans ce format.

Le retrait (temporaire ?) de la team AlexandriZ est assurément une victoire pour les ayants droit et la guerre contre le partage va se poursuivre par ailleurs. "Le SNE et les éditeurs sont déterminés à faire cesser [c]es agissements […] alors qu'une offre légale riche et variée est à la disposition des lecteurs", expliquait l'association en désignant la team AlexandriZ, mais dont l'avertissement vise tout le milieu.

Reste que les ayants droit sont parfaitement conscients que la littérature va suivre inévitablement le même chemin que celui emprunté par la musique, le cinéma, le jeu vidéo ou la télévision. Interrogé par Édition Multimédi@, le directeur général de la société civile des auteurs multimédia (SCAM), Hervé Rony,  anciennement au SNEP, considère que "le mouvement [du piratage, ndlr] est en marche et ne s’arrêtera plus".

Cependant, le patron de la SCAM, qui compte 9000 auteurs déclarant des œuvres de l’écrit, se veut confiant. Il constate que phénomène du piratage dans l'univers de la littérature se propage moins rapidement ou a des effets moindres. Du moins, pour l'instant. "Rien ne se passe aussi brutalement que dans la musique qui, elle, a été dès le début des années 2000, littéralement happée par le piratage en ligne", explique-t-il.

Est-ce parce que le secteur du livre a tiré les leçons des autres domaines culturels ? Ou plutôt parce que les internautes ne s'y intéressent pas encore massivement ? Sur ces points, le directeur général du SCAM ne s'avance pas. Mais en la matière, un élément pourrait jouer en faveur du piratage alors que son but est justement de l'empêcher : la présence des DRM, qui impose des contraintes à la lecture.

En revanche, Hervé Rony évoque un effet générationnel, où les jeunes générations, présentées comme technophiles, s'intéressaient d'abord à d'autres domaines culturels avant de se tourner vers le livre. Tandis que les personnes plus âgées, prétendument moins technophiles, opteraient plutôt pour la littérature.

"Les lecteurs sont sans doute moins immédiatement attirés par les nouvelles techniques numériques d’appropriation des œuvres que le public majoritairement jeune et technophile de la musique", écrit-il.

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