SFR pourra se vanter d'être partiellement responsable de la première inversion de la courbe du chômage depuis mai 2011. Mais il sera bien inspiré de s'en garder, puisque c'est un bug dans sa prestation de service qui serait à l'origine d'une part importante des désinscriptions de chômeurs par Pôle Emploi.

On sait donc pourquoi les chiffres du chômage au mois d'août ont baissé de façon spectaculaire, et pourquoi François Hollande avait fait montre d'une prudence de sioux en refusant de se satisfaire d'avoir réussi à "inverser la courbe du chômage" avant la fin de l'année, comme il l'avait promis. En effet, comme l'avaient craint beaucoup d'analystes, ce n'est pas une embellie naturelle du climat économique qui explique la réduction de 50 000 demandeurs d'emplois, mais un simple bug.

En effet, Pôle Emploi et la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) ont réalisé une enquête pour tenter de comprendre la hausse très soudaine du nombre de "cessations d'inscription pour défaut d'actualisation", qui avait augmenté de 38,8 % en août par rapport au mois de juillet, et découvert que l'opérateur SFR en était responsable. La filiale de Vivendi est en effet le prestataire chargé d'envoyer par SMS et messages vocaux aux demandeurs d'emploi les relances d'actualisation mensuelle de leur situation ; or pendant deux jours, ces messages n'ont pas été acheminés par l'opérateur.

Faute d'avoir reçu la relance, beaucoup des chômeurs concernés ont oublié de réactualiser leur situation, ce qui leur a valu d'être radié (ils seront réintégrés et toucheront leurs indemnités). Mais "la baisse du nombre de demandeurs d’emploi en août, tant en catégorie A qu’en catégories ABC, serait restée très significative même sans cet incident", veut rassurer Michel Sapin, le ministre du Travail. "Cela reste la première baisse depuis 27 mois et la plus importante depuis décembre 2007".

Dénonçant nommément SFR, ce qui est rare dans ce type de communications, le ministère a demandé à Pôle Emploi de "prendre immédiatement des mesures pour renforcer le contrôle qualité de cette procédure, afin que de tels incidents ne puissent en aucun cas se reproduire".

"L'analyse portée sur la situation et ses perspectives pour les mois à venir ne sont donc en rien modifiées, et la détermination reste plus que jamais celle de l’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année", termine Michel Sapin.

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