L'éditeur de jeux vidéo Square Enix a fait supprimer de Shapeways une collection de modèles 3D imprimables créés à partir des graphismes cubiques des vieux personnages de Final Fantasy VII, sorti en 1997. Une affaire anecdotique pour l'impression 3D, qui ne connaît encore que peu d'objets piratés.

Ce n'est encore qu'un début dans les affaires de contrefaçon liées aux imprimantes 3D. Tom's Guide rapporte que l'éditeur de jeux vidéo Square Enix a fait supprimer les modèles imprimables des personnages de Final Fantasy VII, qui étaient vendus par le designer Joaquin Baldwin sur la plateforme Shapeways.

En toute logique, l'éditeur y a vu un acte de contrefaçon de ses droits d'auteur sur les personnages, et surtout une concurrence déloyale à l'encontre des figurines qu'il vend lui-même dans le commerce, basées sur des versions plus récentes (et paraît-il moins mignonnes) du jeu vidéo. Ce n'est pas là une première, puisque dès 2011, Paramount avait exigé le retrait d'un objet tiré du film Super 8 de JJ Abrams, également vendu sur Shapeways.

Cette lutte contre une nouvelle forme de piratage n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle pour l'impression 3D, dont nous avions vu qu'elle se développe d'abord grâce aux modèles 3D partagés sous licence libre par des passionnés du monde entier, qui offrent gracieusement leurs créations. Pour la première fois et contrairement au partage de musiques ou de films sur les réseaux P2P, le partage de modèles 3D se fait déjà essentiellement à partir de modèles que l'on peut effectivement partager librement en toute légalité (les passionnés d'heroic fantasy pourront par exemple imprimer ce très joli jeu de stratégie créé et offert par un amateur). Les affaires de piratage sont en réalité aussi rares qu'anecdotiques.

Elles ne sont en tout cas pas illégitimes. Contrairement aux plateformes comme Thingiverse ou GrabCAD, qui ne font que proposer des fichiers de modèles 3D qu'il faut ensuite imprimer soit-même, Shapeways propose avant tout un service commercial d'impression à la demande, et rémunère les créateurs. Ceux-ci sont donc censés n'uploader que des créations originales, comme l'imposent les conditions d'utilisation de Shapeways, et non pas tirer profit de créations très largement inspirées par celles de tiers. 

Nulle doute néanmoins qu'à terme, ceux qui souhaitent réellement pirater des créations protégées trouveront demain où les télécharger pour les imprimer eux-mêmes. The Pirate Bay a déjà sa section Physibles pour les objets 3D imprimables, et peut-être demain des sites pirates dédiés à l'impression 3D se créeront-ils. Ce sera certainement le cas, si les tentatives d'imposer des DRM à l'impression 3D se confirment.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés