Paramount a demandé la suppression d'un fichier de modélisation en 3D d'un objet inspiré d'un film de JJ Abrams. Il pouvait être utilisé pour commander des reproductions en plastique de l'objet, grâce aux imprimantes 3D qui se démocratisent.

Nous avons déjà souvent parlé des imprimantes 3D, qui risquent de poser aux industries matérielles dans les décennies à venir le même genre de questionnement que celui des industries immatérielles face au développement du P2P. « Ces imprimantes permettront demain aux consommateurs de télécharger des objets comme ils téléchargent aujourd’hui des documents, et de les imprimer chez eux. Ce qu’a connu l’industrie du disque avec le MP3 n’est qu’un apéritif par rapport à ce que cette perspective promet au monde des objets s’il est possible demain de télécharger et de s’échanger des versions sans cesse améliorées des objets en plastique« , écrivions nous il y a quatre ans à propos d’un service lancé par la société Dassault Systèmes (sans lien avec l’avionneur).

En 2008, nous calculions que « si l’on suit le schéma de l’impression 2D, une imprimante d’objets pourrait coûter 100 dollars vers 2030, ce qui n’est pas si lointain« . En attendant, les services d’impressions à la demande d’objets qui sont ensuite livrés par la poste commencent à voir le jour, et se développent. La société Sculpteo, qui a lancé l’an dernier le premier service grand-public d’impression 3D en France, a annoncé lundi un accord avec Dassault Systèmes. Les utilisateurs du service 3Dvia (qui propose de nombreux objets modifiables sous Creative Commons) peuvent commander une réplique matérielle de leur création d’un simple clic, en choisissant la couleur, la taille et la matière de l’objet.

Les premières affaires de piratage devraient logiquement suivre. C’est déjà le cas aux Etats-Unis, où le producteur de cinéma Paramount vient d’envoyer une mise en demeure à un internaute qui avait reproduit et imprimé en 3D une copie du cube visible dans le film Super 8 de JJ Abrams. La modélisation en 3D de l’objet avait été envoyée et partagée sur le service Shapeways.com, qui propose aux internautes d’en commander des copies physiques, en trois dimensions. La mise en demeure est arrivée seulement 18 heures plus tard.

« Je ne voulais pas me battre devant les tribunaux, donc j’ai respecté (la demande) et je ne vends pas, je n’ai jamais vendu et je ne vendrai pas dans l’avenir la moindre réplique de Super 8« , explique Todd Blatt sur son blog. « J’ai supprimé les fichiers CAD pour que personne ne puisse le commander. Ca n’est purement qu’une création de fan et il n’en existe qu’une, que j’ai commandé pour moi-même avant de recevoir la mise en demeure« .

Si Paramount a agi si vite, c’est parce qu’elle vend à la société Quantum Mechanix une licence pour vendre des copies autorisées du cube Super 8 sur le marché. Mais comment fera-t-elle le jour où les imprimantes 3D seront chez les consommateurs eux-mêmes, et qu’ils s’échangeront leurs fichiers CAD par P2P ?

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