Le Kinect ne sera plus obligatoire pour profiter pleinement de la Xbox One. Microsoft a annoncé que son dispositif de suivi des mouvements du joueur sera en fin de compte accessoire. Une décision qui s'explique à la fois par la compétition avec Sony mais aussi par le contexte très dégradé aux États-Unis suite aux révélations d'Edward Snowden sur l'espionnage mis en oeuvre par la NSA, avec le concours de géants comme Microsoft.

Au détour d'une conversation avec les lecteurs du site IGN, l'un des cadres supérieurs en charge de la Xbox One chez Microsoft a fait savoir que le Kinect n'aurait plus un rôle indispensable dans le bon fonctionnement de la console. Cette annonce de Marc Whitten, en charge de l'architecture de la Xbox One, s'inscrit dans un rétropédalage plus global de Microsoft depuis l'E3 2013.

Concrètement, le joueur pourra déconnecter Kinect en se rendant dans les réglages de la console. De cette façon, le capteur de suivi des mouvements ne sera plus en mesure de collecter des informations à l'insu de l'usager. Le périphérique, apparu avec la Xbox 360, permet en effet de jouer sans aucune manette ; à la place, le système se base sur les mouvements du joueur pour les traduire en actions de jeu.

Bien sûr, certains titres comme Kinect Sports Rivals fourniront une expérience vidéoludique plus intéressante avec le Kinect en fonctionnement. Dès lors, si un jeu de ce type est détecté dans la Xbox One, la console demandera au joueur s'il souhaite réactiver le Kinect afin d'en profiter pleinement. À l'issue de la partie, le joueur devra de nouveau désactiver le dispositif.

Cette décision survient dans un contexte très particulier. En premier lieu, Microsoft est revenu en arrière sur plusieurs points, comme la connexion en ligne indispensable pour jouer, les restrictions régionales, le marché de l'occasion et la dimension sociale du jeu vidéo. Ce revirement a été précipité par la politique de Sony moins restrictive à l'égard de la PS4 et le mécontentement prononcé des joueurs.

En second lieu, il n'est pas invraisemblable de penser que le scandale du programme PRISM, dont Microsoft est l'un des acteurs, ait convaincu l'entreprise américaine de ne pas tendre un nouveau bâton pour se faire battre. Il est vrai que la perspective d'un mécanisme doté d'un capteur de mouvement annoncé comme obligatoire, en ces temps d'espionnage de masse, avait de quoi inquiéter.

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