L'union fait la force, dit l'adage. Face à l'étendue des révélations sur le programme de surveillance électronique PRISM, les géants de la Silicon Valley ont choisir de s'unir pour demander au gouvernement de faire preuve de transparence. Dans cette démarche, les firmes de la Silicon Valley sont soutenues par de nombreuses associations, fondations et organisations dédiées à la défense des libertés individuelles.

Branle-bas de combat dans la Silicon Valley. Les plus grandes entreprises de l'économie numérique ont finalement uni leur force pour convaincre les autorités américaines d'en finir avec l'opacité sécuritaire. Dans une missive commune (.pdf), les sociétés plaident en particulier pour une meilleure communication sur le nombre de requêtes gouvernementales qu'elles sont obligées d'exécuter.

Le courrier a été envoyé aux principaux acteurs de la surveillance électronique ainsi qu'aux personnalités-clés de la vie politique américaine. Outre le président Barack Obama, ont été contactés Eric Holter (ministre de la justice), Keith Alexander (directeur de la NSA) les présidents des deux assemblées et ceux de plusieurs commissions parlementaires (justice, renseignement).

Conscients que demander l'arrêt de la surveillance électronique se heurterait au mur de la raison d'État, les signataires ont choisi de formuler des suggestions qui ont une réelle chance d'être entendues. Ainsi, les sociétés américaines souhaitent pouvoir publier des statistiques plus précises sur les éléments de leurs clients qu'ils doivent transmettre aux autorités.

Les entreprises soulignent que ces informations "sont importantes pour les Américains, qui ont le droit d'avoir un débat public éclairé sur la pertinence de ces politiques et leur mise en œuvre". Plus inattendu, les auteurs du courrier ont également pris la défense des internautes étrangers, "qui sont eux aussi préoccupés par la confidentialité et la sécurité de leurs communications".

Soulignant le rôle moteur des États-Unis en matière d'innovation sur Internet, les firmes souhaitent désormais que leur pays se montre audacieux sur le plan de l'État de droit, "en créant des mécanismes permettant de rendre le gouvernement transparent, responsable et respectueux des libertés individuelles et des droits de l'Homme", écrivent-elles.

Envoyée jeudi, la missive n'est pas la première adressée à Washington. Dans la foulée des révélations sur le programme PRISM, plusieurs géants du net comme Google, Microsoft, Facebook ou Yahoo ont pris contact avec le gouvernement pour lui demander plus de transparence. Le problème, c'est que ces postures, en plus d'être dispersées, n'étaient pas toujours sur la même ligne.

Le courrier envoyé hier vise à corriger ce défaut. Bien que rivales sur le plan commercial, les sociétés (AOL, Apple, Facebook, Google, Microsoft et Yahoo) ont finalement arrêté une position commune face à Washington. Et elles ne sont pas seules dans ce combat : d'autres sociétés les soutiennent, comme CloudFlare, Digg, Dropbox, LinkedIn, Mozilla, Reddit, Salesforce, Tumblr et Twitter.

De nombreuses fondations et organisations spécialisées dans la défense des libertés individuelles ont également rejoint la fronde, dont l'Union américaine pour les libertés civiles, Access, Demand Progress, l'EFF, Human Rights Watch, Public Knowledge, RSF ou encore la fondation Wikimédia.

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