Selon une analyse du cabinet JP Morgan, qui cherche à rassurer les investisseurs d'Apple, le Danemark pourrait être le seul pays européen à vouloir suivre la démarche des députés français en faveur de l'interopérabilité.

La question de l’interopérabilité et l’adoption par l’Assemblée Nationale du nouvel article 7 de la loi DADVSI ont suscité beaucoup d’émotion dans les milieux industriels. Les récentes déclarations du ministre de la Culture danois ont fait craindre un effet dominos à ceux qui tirent profit de la fermeture des systèmes de DRM. Heureusement pour eux, le cabinet d’analyse financière JP Morgan est là !

Complétant un rapport de 51 pages remis à ses clients l’année dernière, le cabinet s’est voulu rassurant quant à l’impact de la loi française sur l’équilibre du marché. « A ce stade, le Danemark est le seul pays qui a exposé son soutien pour la loi française, et il semble que l’Union Européenne ne partage pas encore cette opinion« , peut-on ainsi lire dans le rapport cité par AppleInsider. Les analystes de JP Morgan sont convaincus qu’Apple a compris la leçon de l’échec du Mac face au PC, et qu’il ne compte pas bâtir à nouveau son marché sur une fermeture totale à la concurrence. La preuve, implacable, est la suivante : « L’iPod d’Apple est en fait assez ‘ouvert’, puisqu’il supporte les formats de compression musicaux MP3, AAC et WAV« . Implacable… sauf que.

JP Morgan oublie totalement l’autre côté de l’histoire. Les formats cités ne peuvent pas être encapsulés dans un DRM autre que FairPlay, et Apple garde jalousement l’exclusivité de FairPlay pour iTunes. Et puisque les maisons de disques exigent un DRM en tapant des pieds, les plateformes concurrentes d’iTunes ne peuvent proposer à leur client que le format WMA de Microsoft… illisible sur l’iPod, qui domine pourtant 80 % du marché. La loi française n’a d’autre but que de permettre aux plateformes concurrentes d’accéder au format FairPlay pour proposer eux-aussi de la musique sous DRM qui soit lisible sur l’iPod. Elle permettra également aux éditeurs de logiciels libres de proposer en toute légalité des logiciels capables de déchiffrer et d’interopérer avec les formats de DRM réservés pour le moment aux systèmes propriétaires.

Mais que les financiers se rassurent, nous dit JP Morgan, au pire du pire Apple se retirera du marché de la musique en ligne dans notre cher hexagone. Le cabinet « suspecte que la France compte pour moins de 1 ou 2 pourcents du chiffre d’affaires total d’Apple sur la musique« . Le retrait d’Apple serait indolore pour ses finances, surtout que la firme à la Pomme pourrait continuer à vendre librement ses baladeurs iPod ou ses ordinateurs Mac.

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