La Commission Européenne demande aux administrations européennes de considérer les enjeux de long terme, et de privilégier les solutions basées sur les normes et les formats ouverts lorsqu'elles publient des appels d'offres. Elle estime que plus d'un milliard d'euros par an pourraient être économisés avec cette stratégie.

La crise des ressources publiques a du bon pour le logiciel libre et les formats ouverts. La Commission Européenne a présenté mardi une nouvelle politique qui vise à lutter contre "l'enfermement propriétaire", pour économiser selon ses estimations plus de 1,1 milliard d'euros d'argent public par an. En effet, selon Bruxelles, "des procédures d'appel d'offres ouvertes peuvent attirer un plus grand nombre de soumissionnaires proposant des offres plus intéressantes", et ses statistiques montrent que le coût des contrats baisse de 9 % lorsque le nombre de candidats double.

"S'appuyer sur des normes, et non sur une marque, un outil, un système ou un produit spécifique lors de l'achat de systèmes informatiques permet d'économiser l'argent du contribuable. Or, un grand nombre d'organisations n'ont pas les connaissances suffisantes pour savoir quelles normes choisir en fonction de leurs besoins informatiques ou craignent qu'un changement n'entraîne des coûts trop élevés et des pertes de données. Elles restent donc captives de leurs systèmes ou continuent de ne traiter qu'avec un seul fournisseur", constate la Commission.

Elle a donc publié un guide à destination des fonctionnaires nationaux et territoriaux, qui doit les aider "évaluer de manière équitable et transparente les normes existantes, afin de choisir celles qui sont les mieux adaptées à leur stratégie et d'éviter un effet de dépendance". L'idée du guide, qui ne semble pas encore disponible en français, n'est pas de suggérer les normes à adopter, mais de guider les décisionnaires dans leur réflexion, en leur faisant comprendre les enjeux des "obstacles à la sortie" créés par les solutions propriétaires. Plus l'administration utilise de format ouvert, moins elle se rend dépendante d'un seul fournisseur de technologies.

Le guide insiste ainsi sur la nécessité d'adopter une "réflexion de long terme" dans l'administration, y compris si le passage d'une solution fermée à une solution ouverte doit représenter un coût important à court terme. Il donne quelques exemples concrets, comme la police suédoise, qui a décidé en 2006 de migrer tous ses logiciels des solutions libres et open source, et d'adopter des matériels standards. Le processus a d'abord commencé en 2007 avec l'adoption de processeurs à architecture x86, l'adoption de Linux et de la base MySQL. Puis de 2009 en 2011, 33 systèmes ont effectué la migration. Un processus qui aurait permis d'économiser près de 20 millions d'euros.

En France aussi, la gendarmerie a économisé plusieurs millions d'euros avec l'adoption d'Ubuntu sur les postes de travail.

Malheureusement, la politique de la Commission Européenne arrive trop tard pour empêcher la reconduction du contrat "Open Bar" entre Microsoft et l'armée française, qui permet à cette dernière d'équiper tous ses fonctionnaires en solutions Microsoft pour 100 euros HT par poste (malgré les interrogations sur le noyau Windows).

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