Depuis la découverte de PRISM, le gouvernement américain s'est efforcé de minimiser l'affaire. De leur côté, les entreprises citées dans les documents ont assuré ne pas être au courant du programme et / ou rappelé que rien ne se fait sans décision judiciaire. Pas convaincu, le site PRISM Break propose aux internautes une liste des logiciels et services alternatifs pour limiter la couverture de PRISM sur leurs activités en ligne.

L'existence du programme de surveillance PRISM a été dévoilée la semaine dernière, grâce aux révélations d'Edward Snowden, un analyste qui a notamment travaillé pour la CIA et la NSA. Depuis, l'affaire a largement dépassé les frontières américaines, dans la mesure où elle concerne des sociétés dont les services sont très appréciés par les internautes étrangers. Les usagers français sont ainsi directement concernés.

Le scandale PRISM va-t-il avoir d'importantes conséquences politiques aux États-Unis ? On peut en douter, au regard de la relative clémence des Américains au sujet d'un autre programme de surveillance qui vise cette fois à contrôler leurs communications téléphoniques. Selon un sondage relayé par le centre de recherche Pew, les Américains acceptent assez bien cet espionnage dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Dans ces conditions, il est probable que si les Américains supportent la surveillance au niveau des opérateurs de téléphonie mobile (AT&T, Verizon, Sprint), on peut extrapoler en supposant qu'ils peuvent aussi la tolérer au niveau des plateformes en ligne (Microsoft, Google, Yahoo, Facebook, PalTalk, YouTube, Skype, AOL et Apple). Pour autant, ce n'est pas le cas de tout le monde.

Ces dernières heures, un site web a attiré l'attention sur les réseaux sociaux. Il s'agit de PRISM Break. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un site qui propose d'être en rupture avec le programme de surveillance. Comment ? En optant pour des solutions logicielles qui ne sont pas concernées par celui-ci. Pour chaque catégorie, PRISM Break propose des alternatives libres et décentralisées lorsqu'elles existent.

Les catégories sont les suivantes :

  • Système d'exploitation (Linux) ;
  • Navigateur web (IceCat, Firefox, Tor) ;
  • Moteur de recherche (DuckDuckGo, Seeks, Starpage, YaCy) ;
  • Transaction financière en ligne (Bitcoin) ;
  • Webmail (Bitmessage, Riseup) ;
  • Client de messagerie (Icedove, Thunderbird) ;
  • Chiffrement des e-mails (Enigmail, GPG, Mailvelope, WebPG) ;
  • Hébergement à distance (OwnCloud, Sparkleshare) ;
  • Réseau social (Diaspora, Friendica, GNU Social, Pump.io) ;
  • Logiciel de discussion instantanée (OTR, Pidgin, RetroShare) ;
  • Application de visioconférence (Jitsi) ;
  • Plateforme de publication de contenus (GNU MediaGoblin) ;
  • Suite bureautique web (Ethercalc, Etherpad).

Ces alternatives ne sont pas nouvelles. Elles sont, pour certaines d'entre elles, suggérées depuis longtemps pour remplacer des solutions fermées et propriétaires. Mais comme toujours, c'est la volonté de chaque utilisateur qui sera déterminante, car le changement dans les habitudes, surtout les plus anciennes, est particulièrement difficile. Chassez le naturel, il revient au galop.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés