En Allemagne, la décision de Deutsche Telekom de plafonner la consommation de données à 75 Go par mois a surpris le gouvernement. Celui-ci a écrit à la direction de l'opérateur pour lui demander d'évaluer les éventuels effets de cette mesure sur la neutralité du net.

La décision fait grand bruit en Allemagne, mais également à l'étranger. À partir du 2 mai, Deutsche Telekom bridera l'accès à Internet de ses clients lorsque ceux-ci auront consommé 75 Go de données par mois. En fonction de la capacité de la ligne, le plafond variera : le premier plafond concernera les lignes de 16 Mbps. Le cap passera à 200 Go pour les lignes de 50 Mbps, et ainsi de suite.

Concrètement, Deutsche Telekom organise la fin de l'Internet illimité sur son réseau. Mais l'opérateur de télécommunications allemand défend sa politique en la comparant à la réalité du terrain : "Seuls 3 % des clients actuellement seraient concernés par la limite des volumes". Selon Telecompaper, "les abonnés au haut débit fixe du FAI utilisent en moyenne entre 15 et 20 Go" de données par mois.

Quid des abonnés ayant besoin d'une connexion débridée ? Ceux-là devront verser quelques euros supplémentaires pour obtenir un volume de données supplémentaire. Deutsche Telekom estime que ce choix est le moins pire de tous, puisqu'il évite le rehaussement général du prix forfaitaire pour l'ensemble de sa clientèle : seuls ceux ayant besoin de plus devront payer plus.

À Berlin, le gouvernement a affiché son scepticisme. Philipp Rösler, ministre en charge de l'économie et de la technologie, a ainsi écrit à Deutsche Telekom pour lui demander d'étudier si cette nouvelle politique peut constituer une entrave à la neutralité du net. "Ce qui m'inquiète est de savoir si le principe de neutralité du net est en danger", a-t-il commenté.

Le ministre a néanmoins convenu que "chaque entreprise peut bien sûr proposer le modèle qu'elle veut". Libre ensuite au marché de trancher : accepter ou partir chez un concurrent. De son côté, l'opérateur a assuré que la neutralité n'était pas en péril, avançant que "la neutralité du net est en partie confondue avec une culture internet gratuite".

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