Estimant que le film L'Innocence Des Musulmans était diffamatoire à l'encontre des Musulmans et du monde arabe, et qu'il aurait dû être supprimé par YouTube, le président de deux associations a porté plainte contre YouTube pour diffamation.

Est-ce rendre service aux fidèles d'une religion que de faire passer ces derniers pour des censeurs ? Pas sûr. C'est néanmoins le risque pris par Saada Zaoui, président des associations Rassemblement démocratique algérien pour la paix et le progrès (RDAP) et Organisation arabe unie (OAU), dont Les Inrocks indiquent qu'il a porté plainte contre YouTube en France pour diffamation. En cause : le non retrait par YouTube du film L'Innocence Des Musulmans, qui avait provoqué l'émotion et même des manifestations violentes l'an dernier.

Les deux associations, présidées par le même homme, estiment dans leur plainte que L'Innocence Des Musulmans portait atteinte à l'honneur des personnes de confusion musulmane, et que YouTube s'était lui-même rendu coupable de diffamation publique en publiant le film en toute connaissance de cause, sur son site internet. Les Inrocks révèlent que leur avocat Anthony Bem avait envoyé le 9 octobre 2012 une demande de retrait de 169 vidéos du film controversé, mais que YouTube a refusé d'accéder à la demande au motif qu'il n'y avait pas de caractère manifestement illicite au contenu, comme l'impose la loi.

Ne pouvant pas “juger de la véracité des contenus, nous ne supprimons pas les publications sur la base de diffamation présumée", aurait répondu YouTube, laissant au plaignant le soin de contacter chacun des uploaders individuellement. Ce que l'avocat aurait fait, avec un succès pour le moins relatif.

Aux Etats-Unis, l'administration de Barack Obama avait paru suggérer à YouTube la suppression de L'Innocence des Musulmans, en lui faisant comprendre qu'il pouvait justifier cette suppression au regard des conditions d'utilisation du site, qui interdisent tout appel à la haine. Mais Google avait refusé de céder, en protégeant la liberté d'expression de ses utilisateurs, quitte à devoir choquer.

"Nous n'autorisons pas les discours incitant à la haine, qui attaquent ou rabaissent un groupe en raison de (…) la religion", dit le règlement de YouTube. Cependant, "nous encourageons la liberté d'expression et défendons le droit de chacun à exprimer des points de vue peu populaires", et "tout ce que vous verrez ne vous plaira peut-être pas", prévient-il aussi.

YouTube avait accepté de lui-même de bloquer l'accès à la vidéo dans plusieurs pays de tradition musulmane. Par ailleurs, il a été condamné à supprimer la vidéo au Brésil.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés