Twitter a procédé au premier blocage géolocalisé d'un compte animé par une organisation jugée illicite en Allemagne. Selon la politique du réseau social, les messages ne sont pas visibles depuis une adresse IP située outre-Rhin mais le sont depuis l'étranger.

C'est une première. Moins d'un an après avoir présenté sa nouvelle politique envers les contenus litigieux circulant sur son service, Twitter vient de procéder à son premier blocage géolocalisé. Il s'agit d'un compte animé par une organisation jugée illicite par les autorités allemandes. Concrètement, les internautes ne pourront plus accéder aux tweets de ce profil depuis une adresse IP localisée outre-Rhin.

L'annonce de ce tout premier blocage a été faite il y a quelques heures par Alex Macgillivray, le directeur juridique de Twitter. La cible ? Le collectif Besseres Hannover ("une meilleure Hanovre"), qui a été banni en septembre par le ministre de l'intérieur du land de Basse-Saxe, indique la fiche disponible sur la version allemande de Wikipédia. Il s'agit d'un groupe d'extrême-droite.

D'après le rapport sur Chilling Effects, signalé par Alex Macgillivray dans un autre message, cette organisation allemande a été dissoute par les pouvoirs publics, ses biens ont été saisis et tous les profils sociaux connus ont été neutralisés. La police demande, en plus de la fermeture du compte, qu'aucun autre nouveau compte ne puisse être ouvert. En outre, le procureur général du land a ouvert une enquête.

Conformément à sa politique, Twitter n'a pas fermé le compte, se contentant d'empêcher les internautes allemands de lire son contenu. Si cela permet au réseau social de respecter la législation allemande tout en laissant les tweets visibles depuis l'étranger, cette politique a une faiblesse. Il suffit de passer par un serveur mandataire (proxy) pour échapper au géoblocage.

"À mesure que nous croissons à l'international, nous pénétrons dans des pays qui tiennent des positions variées sur la liberté d'expression. […] Pour des raisons culturelles ou historiques, restreignent certains messages, comme la France et l'Allemagne qui interdisent les contenus en faveur du nazisme", expliquait en début d'année Twitter, pour justifier le blocage de messages contraires aux législations locales.

Pour Twitter, cette approche permet de répondre aux requêtes des autorités compétentes sans aboutir à un blocage global. En effet, tous les pays n'ont pas la même législation en matière de liberté d'expression et ce qui admissible quelque part ne l'est pas forcément ailleurs. Mais d'autres estiment que Twitter sera moins combatif pour défendre la liberté d'expression dans des pays où celle-ci est particulièrement bridée.

Hasard du calendrier, ce premier géoblocage survient au moment où une polémique est apparue en France sur des messages à caractère antisémite. L'Union des étudiants juifs de France doit s'entretenir ce soir par téléphone avec des responsables du réseau social. Nul doute que le cas allemand sera évoqué et pris en exemple pour inciter le site communautaire à agir.

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