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EMI veut interdire la revente de fichiers MP3 acquis légalement
Julien L. -
publié le Mardi 09 Octobre 2012 à 11h33 -
posté dans Musique Numérique
![]() Un fichier MP3 acheté dans une boutique en ligne peut-il être revendu légalement par la suite ? C'est la question que devra trancher la justice américaine, dans un procès qui oppose le service ReDigi, qui propose aux internautes de revendre des fichiers MP3 à un prix d'occasion, à EMI, qui estime que le principe de la revente de biens qui est accepté dans le monde physique ne peut pas s'appliquer dans la sphère numérique.
La doctrine de la première vente à l'heure du numérique C'est Capitol Records, une filiale d'EMI, qui est en première ligne sur ce dossier. Le label a déposé plainte en janvier dernier devant un tribunal de Manhattan pour obtenir d'une part la fermeture de ReDigi et d'autre part un dédommagement de 150 000 dollars (environ 115 500 euros) par fichier MP3 contrefait qui se trouve également dans le catalogue de la major du disque. Dans cette affaire ReDigi et EMI s'opposent sur la théorie de la doctrine de la première vente (first sale doctrine). Le producteur a le droit exclusif d'autoriser la première vente du fichier MP3, mais ce droit s'épuise au moment de cette vente. Il ne peut plus l'exercer sur les ventes suivantes, d'occasion. C'est en tout cas une théorie qui s'applique pour les biens matériels. Mais qu'en est-il pour les biens immatériels, numériques ? EMI s'oppose naturellement à ce que la portée de la première vente soit étendue aux contenus numériques. Selon la major, cette doctrine ne peut concerner que des biens physiques comme un livre ou un CD de musique. La nature du fichier numérique, pouvant être dupliqué à l'infini, ne lui permet pas de bénéficier du principe de l'épuisement du droit. Les majors craignent un marché de l'occasion Une position que ReDigi ne partage évidemment pas. Dans sa foire aux questions, le site explique que "ReDigi transpose le mécanisme habituel de la vente d'un objet physique (un CD, un livre, une Cadillac...) à l'ère numérique". Et à en croire la société, un tel service était très attendu par les internautes. ReDigi serait fréquenté par des "milliers de personnes". Selon ReDigi, une fois qu'une vente est effectuée, le fichier original est retiré de l'ordinateur du vendeur. Celui-ci est en effet scanné, via une application, pour repérer les fichiers musicaux. Ce processus doit permettre d'éviter la gruge, en soumettant des MP3 dupliqués. Mais EMI ne croit pas à la viabilité du service, le fichier MP3 pouvant être dupliqué par exemple sur un autre support amovible. Pour l'industrie du disque, l'affaire ReDigi va au-delà du problème de la contrefaçon. Si le principe de la première vente est transposée à la sphère numérique, le marché de l'occasion dédié à la musique pourrait se développer hors du contrôle des majors, puisque les transactions se feraient entre internautes. Impossible alors pour elles de percevoir une partie des gains réalisés. La jurisprudence européenne va dans le sens de ReDigi Du côté du Vieux Continent, la Cour de justice de l'Union européenne a rendu un arrêt très important concernant l'épuisement du droit exclusif de distribution des titulaires de droits d'auteur. Les ayants droit ne peuvent pas s'opposer à la revente d'un contenu téléchargé légalement, "même si le contrat de licence interdit une cession ultérieure". "Lorsque le titulaire du droit d'auteur met à la disposition de son client une copie - qu'elle soit matérielle ou immatérielle - et conclut en même temps, contre paiement d'un prix, un contrat de licence accordant au client le droit d'utiliser cette copie pour une durée illimitée, ce titulaire vend cette copie au client et épuise ainsi son droit exclusif de distribution", a écrit la CJUE. La justice européenne a également calmé les ardeurs des ayants droit qui chercheraient à contrôler l'émergence d'un marché de l'occasion, en s'opposant à leur tentative "d'exiger à l'occasion de chaque revente, une nouvelle rémunération alors que la première vente de la copie concernée aurait déjà permis audit titulaire d'obtenir une rémunération appropriée". Si cette jurisprudence est née à l'occasion d'une revente d'un logiciel téléchargeable, rien n'indique qu'elle ne peut pas s'appliquer aussi à la revente de MP3... ou de n'importe quel autre fichier numérique acquis légalement. à lire aussi
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Commentaires à propos de «EMI veut interdire la revente de fichiers MP3 acquis légalement»
![]() Sauf que visiblement la loi française et européenne ne s'applique pas à steam visiblement, comme je l'ai évoqué suite à mon cas personnel, c'est en tout cas ce que me laisse supposer la réponse que m'a faite la DGCCRF/DDPP.
http://i1223.photobu...ponseDGCCRF.jpg D'où l’intérêt de cette réponse aux USA. [message édité par Thnos le 09/10/2012 à 12:28
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![]() Dans ce cas là, tu peux leur répondre que en france et plus globalement en UE, il doivent respecté la législation luxembourgeoise, et lorsque celle ci offre une protection moins importante que le pays dans lequel tu résides, c'est la législation de ton pays qui prend le dessus.
![]() Reste à savoir ce qu'offre au consommateur la législation luxembourgeoise.
Quoi qu'il en soit, j'ai compris qu'il n'y a rien à attendre de bon de la part de la DGCCRF et encore moins de l'ufc que choisir, et il ne fait aucun doute dans mon esprit que steam, en plus de prendre le consommateur européen pour un bon gros pigeon, a fait en sorte de rendre toutes poursuites à son égard très difficiles, et surtout très couteuses lui assurant ainsi une certaine forme d'impunité, dont acte. [message édité par Thnos le 09/10/2012 à 13:22
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Si ReDigi gagne, une porte s'ouvre sur une arnaque simplissime pour télécharger sans se faire prendre : Acheter un album sur Amazon, le copier sur un DD externe, le vendre sur ReDigi, profiter de sa copie. U mad hadopi ?
![]() A force de faire l'analogie avec la baguette de pain, faut pas s'étonner que ça se retourne contre eux
![]() ToYonos, le 09/10/2012 - 13:06 non car redigi prend en compte la signature numérique du fichier. créer un fichier à partir d'une radio ou d'un cd ne marchera pas. Et regidi refusera de vendre votre fichier et vous le signalera comme "douteux" Non mais je parle de vendre le fichier original délivré par Amazon (et d'en garder une copie)
Enfin c'est possible ça ? certes, mais dans ce cas il "suffit" de reencoder le fichier avant la vente (meme a bitrate identique), ce qui de fait créé un ficchier audio identique mais dot la signature differe, on peut donc alors revendre son fichier tout en en conservant une "copie".
ou alors le systeme se base sur une analyse audio, et dans ce cas, peut importe la source, le fichier peut etre vendu.... En fait pour être vraiment tranquille niveau failles, la société pourrait mettre en place un catalogue de vente de fichiers audios et n'accepter les occasions que de ses propres fichiers pour en assurer la traçabilité.
A la manière de steam, l'utilisateur installe une application qui seule permet la lecture de ces fichiers. Je ne vois pas d'autres solutions pour éviter les abus. Le soucis, c'est que ça limite pas mal l'intérêt du système, si on est obligé de passer par une application pour lire les fichiers. [message édité par Mystigris le 09/10/2012 à 15:39
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Ca reste impressionnant mais ça coule dans les veines de Amazon qui refuse la transmission posthumes des bien dématérialisés ...
100 ans que les gens achètent / revendent / échangent / donnent des livres (physiques) sans que les éditeurs ne viennent jamais réclamer le moindre centime et eux, ils débarquent en espérant absolument tout contrôler, tant les produits que les clients ? Y contrôleront pas mon pied dans leurs c*ls xD [message édité par Nono54 le 09/10/2012 à 13:34
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Gildas, le 09/10/2012 - 13:11 Sauf que le Mr ne parle pas d'une radio ou d'un CD mais d'un DD externe (ie: clé USB / smartphone / iPod) Le fichier émit par EMI est binairement le même quelque soit le support physique. Redigi peut supprimer le fichier qui est sur le PC fixe, dans un répertoire qui a été configuré par l'utilisateur mais ne peut aucunement supprimer une copie de ce fichier ailleurs. dans une plus large mesure, c'est tout de meme bien hypocrite de leur part.
ce sont les premiers a hurler que le numerique doit se plier aux regles des ventes physiques, mais apparement pas pour le marché de l'occasion....... bande de rats.... [message édité par nikon56 le 09/10/2012 à 14:35
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![]() Tant que les gogo(l)s seront conditionnés pour acheter du vent et seront réceptifs à ce genre de concept, les choses iront en s'aggravant.
Avec la décision récente concernant le marché de l'occasion en UE, la réponse est simple. Si le MP3 acquis sous Itunes ne l'est que sous licence, est n'est donc pas acheté, l'épuisement des droits doit permettre de transférer cette licence à un autre, à condition que le primo acquéreur n'en garde rien.
Je ne vous voit pas accepter une telle solution qui ne peut marcher que si 1) les éditeurs multiplient et renforcent les MTP/DRM; ou 2) on fait confiance aux utilisateurs habitués à télécharger sans payer (parce que "de toute façon je l'aurait jamais acheté, j'ai pas la tunes mais c'est juste que là j'ai plus rien à regarder)..... Donc c'est 1°. A la différence du logiciel, la musique n'a pas besoin d'être activée/débloqué par un code pour en profiter (si on en vient à ça...) donc le marché de l'occasion pour les MP3, c'est No way parce que j'en veux pas, et No way parce que ça ne marchera pas... ![]() Le plus simple reste encore de se tourner vers la MUSIQUE LIBRE :
http://www.dogmazic....ex.php?op=edito http://www.jamendo.com/fr/?p=music http://musopen.org/ http://www.easyzic.com/mp3-gratuits/ ![]() Tu as déjà essayé de faire comprendre à un mouton qu'il existe de la musique libre et parfois de qualité ?
La plupart du temps j'ai : "je connais pas, c'est nul" "çà passe pas sur telle radio/TV, c'est nul" "c'est pas sur itunes, c'est nul" et la pire excuse que j'ai entendu "ha c'est vraiment gratuit ? çà doit être nul alors" Bref, une génération qui aime subir la soupe commerciale qu'on nous sert sur les grosses radios/TV "musicales". Une génération qui préfère remplir ses disques durs de MP3 illégaux parceque c'est "cool" pour au final n'en écouter qu'une infime partie. Une génération qui rend obsolète n'importequel produit au bout de 3 mois tant ils sont impatients de posséder le dernier truc à la mode qui sera de toute façon obsolète à leurs yeux 3 mois plus tard. Bon j'arrête là, je pourrais continuer çà toute la journée tant il y a d'exemples de ce genre. Y'a pas à dire, les Chicago Boys ont bien bossé ces 50 dernières années. Quand est ce que le monde va se réveiller ? *s'en va méditer sur le sort d'EMI qui va forcément couler à cause du marché de l'occasion* (ironie inside) On ne peut pas à la fois se moquer de ceux qui comparent un fichier musical à une baguette de pain, leur expliquer doctement qu'on a affaire à des biens dématérialisés, non rivaux, et prendre au sérieux cette histoire de fichiers d'occasion. C'est prendre les gens pour des imbéciles, même si ici il s'agit plutôt d'un vide juridique qui est exploité par ReDigi. Bien sûr que non, les fichiers ne peuvent être revendus car au sens strict c'est une licence d'utilisation de la partition qui est commercialisée et sa cession en seconde main n'est pas autorisée. C'est le cas en Europe où il est clair que le support, le mp3 ou le CD, n'a rien à voir avec les utilisations de l'œuvre pour lesquelles les droits sont cédés en respect de la législation. Relire Maître Eolas...
Oui, à ceci près que la vente par CD (support matériel vendu) se voit appliqué le principe de droit d'auteur d'épuisement des droits, et qu'on ne fonctionne pas par licence comme sur itunes. Tu achètes le DVD, tu te vois cédé des droits d'utilisation sur l'oeuvre, mais le CPI empèche l'auteur d'interdire toute revente en seconde mains.
C'est ainsi. En suivant, cette logique, le format MP3 si on y voit un support (ex: s'il est in-susceptible de copie par exemple, ce qui en fait est impossible; ou si il nécessite une clé d'activation) peut alors faire l'objet d'une revente, l'épuisement des droits jouant aussi dans ce cas. Oracle l'a découvert récemment à ses dépends. Mais on sait bien qu'en fait tout fichier peut être dupliqués, qu'on est bien en absence de support, et que de toute façon on est dans une absence de vente. Donc pour le MP3 n'est pas susceptible de vente d'occasion, que EMI défende cette idée ou non. @aubasmot: hahaha la musique libre!!!! en voilà une alternative qu'elle est bonne... Je refuse que Apple m'accorde ses musiques sous licence, donc je vais me tourner vers un illustre inconnu dont j'ignore la compétence et la qualité musical pour qu'il me ... concède une licence sur un hypothétique morceaux à venir que je n'aimerais peut être pas, et que de toute façon je ne posséderais en aucun cas (même pas dans un univers parallèle). edit: le fait de connaitre l'artiste et sa musique ne change rien au fait que tu n'obtiens qu'une pauvre licence d'utilisation avec des compensations dérisoires, soit une maigre amélioration par rapport à apple [message édité par Shin-55 le 09/10/2012 à 16:33
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![]() Bien sûr que si le fichier doit pouvoir être revendu d'occasion, c'est prétendre le contraire qui est imbécile. Il n'y a peut-être pas de support physique, mais l'internaute est bien seul titulaire de la licence d'utilisation (du fichier, pas de la "partition"...). Il a payé cette licence, ce droit d"utilisation figure dans son patrimoine, il peut donc le mobiliser en transférant ce droit à un tiers.
Dès lors qu'il n'utilise plus le fichier, on ne prive personne de la moindre vente, c'est juste la poursuite du marché de l'occasion qui est parfaitement légal et doit continuer de l'être (sous réserve d'avoir véritablement 3 majors qui contrôlent worldwide qui écoute quoi). Et l'excuse selon laquelle le système permet de dupliquer les MP3 avant la vente d'occasion est tout aussi bidon : c'est exactement ce qu'il est possible de faire irl avant de revendre un support physique. Y a aucune besoin de comparaison débile avec une baguette de pain. Ce qui est à moi, je peux le revendre. Si je dépense des sous pour acquérir un support physique + un droit d'écoute, ou juste un droit d'écoute seul, dans les deux cas ça entre dans mon patrimoine et ensuite je dois pouvoir en disposer. L'inverse, c'est considérer que les éditeurs peuvent immobiliser certains biens au sein de mon patrimoine sous prétexte qu'ils me l'ont "vendu" ou concédé. Tu as bon jusqu'au moment de la duplication. Si tu peut continuer à employer l'oeuvre que tu revends en occas, tu ne revend pas, tu exploites. Pour une licence, c'est pareil: tu peux la ceder, mais si tu continue d'utiliser ce n'est plus de la cession mais de l'exploitation de l’œuvre, non autorisé par le droit d'auteur, et surtout interdit dans la licence.
Ton support physique ne peut jamais parfaitement être dupliqué (ex: revente d'un livre: va faire une vrai belle copie du livre pratique à lire sans débourser autant voir plus que le prix du livre), sauf pour ce qui est des support contenant des données numériques (ex CD). Mais dans ce cas, à la revente d'occas, tu est sensé avoir tout supprimé (même la copie privée) sans quoi tu exploites sans autorisation. D'où le fait que le marché de l'occas des MP3 est impossible sauf recours aux DRM, mais vu que personne n'en veut plus ... ![]() acheter un MP3 et le revendre.... ces concepts sont difficiles à appréhender pour moi...
on "achète" pas un MP3... on achète un droit d'usage sur une suite de 0 et 1. Or, il arrive que cette suite de 0 et 1 finisse par être transmise jusqu'à mon équipement numérique (smartphone ou PC avec radio) En cliquant sur "Enregistrer" je capte la suite de 0 et 1 et je la sauvegarde au cas où. En cliquant sur "Lire", je réémet la suite de 0 et 1 à l'infini si je veux... en cliquant sur "Envoyer" je transmet par mail cette suite de 0 et 1. où se trouve l'achat ? où se trouve la vente ? et surtout où se trouve l'interdiction de qui que ce soit sur ces actions ? PS : je parle de concepts, je ne dis pas que je fais tout ça réellement, hein !!! Quand tu achètes un MP3, ou que tu rip ton CD, tu acquiert bien une copie en échange de rémunération. Cette copie numérique, peut être transférer dans un support baladeur ou autre. Lors de ce type de transfert des copies temporaires peuvent être crée, mais ne sont pas à prendre en compte (ex : cache).
Et en principe, la licence d'utilisation (et le droit) prend en considération ces copies personnelles. Cette multiplication des copies n'est donc pas contraire à la notion d'achat, tant que le contrat ne limite pas tes droits. Mais si le contrat de licence prévoit un simple droit de consultation sur plateforme privé et support propriétaire (ex: itunes) c'est plus proche de la location, car quel que soit les copies que tu fais, à la fin du contrat (ex: ta mort) les copies ne sont pas dans ton patrimoine donc incessible. C'est bof bof comme pratique, mais c'est toi qui a signé le contrat donc bon... L'interdiction est toujours théorique, sur le papier, comme pour toute interdiction (tu n'as pas le droit de tuer mais en pratique qu'est ce qui t'en empêche...) Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. |
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Je suis en effet de l'avis que si ReDigi gagne, cette décision venant des USA aura alors bien plus d'impact, en terme de bénéfices pour le consommateur, sur les acteurs de la "mafia" du divertissement, que celle de l'Europe que personne ne semble utile d'appliquer, et encore moins de faire appliquer, et qui tient donc plutôt de la mauvaise blague, qu'autre chose.
Affaire à suivre donc...