Des chercheurs néerlandais ont mis au point un protocole permettant à des individus totalement paralysés de communiquer avec la pensée, grâce à un système d'analyse des flux sanguins associés à un codage mental des 26 lettres de l'alphabet.

Il ne s’agit pas encore de lire dans les pensées, mais les scientifiques s’en rapprochent à grand pas. Des chercheurs du Département de Neurocognition de la Faculté de Psychologie et Neurosciences de l’Université de Maastricht ont publié jeudi dans Current Biology une étude dans laquelle ils expliquent avoir réussi à communiquer avec des individus simplement en scannant leur cerveau.

Le procédé se base sur l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), qui consiste à capter les flux sanguins au sein de la matière grise. Le sang n’irriguant pas tout à fait les mêmes zones du cerveau en fonction des objets auxquels le patient réfléchit, les chercheurs sont capables d’associer des schémas d’irrigation à des pensées.

Or pour communiquer avec les cobayes, les chercheurs leur ont d’abord demandé de regarder successivement différents caractères, et d’exécuter une tâche mentale spécifique pour chacun des caractères observés. Ils ont ainsi calibré l’appareil pour chacun des 27 caractères testés, dont l’un symbolisait une touche « espace ». Puis, ils ont posé à chaque sujet une série de deux questions ouvertes, auxquelles les individus devaient répondre sans exécuter le moindre mouvement, simplement en reproduisant mentalement les actions correspondant aux différentes lettres à saisir.

Le résultat a confirmé qu’il était possible de communiquer par la pensée, avec ce type de système d’encodage qui demanderait très peu de temps de calibrage et d’adaptation de la part des utilisateurs.

Si l’on imagine facilement l’intérêt pour la communication des personnes lourdement handicapées voire totalement paralysées, la technologie ouvre aussi de nouveaux horizons aux interfaces hommes-machines basées sur l’analyse du cerveau en temps réel. Les chercheurs réfléchissent déjà à miniaturiser le dispositif en utilisant cette fois une technique de spectroscopie proche infrarouge fonctionnelle (NIRSf).

Un exemple d’IRMf :

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