Les organisations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme qui avaient porté plainte contre Google, à qui elles reprochaient d'afficher parfois le terme "juif" dans les suggestions de recherches associées aux noms de personnalités, ont obtenu satisfaction dans un accord amiable confidentiel.

Fallait-il y voir une incitation à l’antisémitisme ? Le débat est complexe, mais Google a décidé de ne pas aller au clash avec les organisations françaises qui avaient porté plainte contre le moteur de recherche, parce que ce dernier suggérait régulièrement le mot « juif » lorsque l’internaute rentrait le nom d’une personnalité publique. Alors qu’il s’agit selon Google du fruit d’un algorithme théoriquement neutre, qui suggère les expressions les plus souvent recherchées par les internautes, la firme a accepté de négocier par l’entremise d’un médiateur, et d’atteindre à la neutralité de son algorithme.

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF), J’accuse !-action internationale pour la justice, SOS Racisme et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), qui avaient porté plainte, sont parvenus à un accord validé mercredi matin par la justice.

« En matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Google est à présent un partenaire« , s’est félicité sur PCInpact Benjamin Hayoun, le président de l’Union des étudiants juifs de France. « L’accord est gardé confidentiel, on ne peut préciser ce sur quoi on a abouti. En revanche vous verrez très prochainement – c’est une question de semaine voire de quelques mois – les résultats de ce partenariat. Cela aura une visibilité extrêmement forte, notamment sur Google« .

Il est étrange que l’accord, a priori simple dans son contenu (ne plus suggérer le mot « juif »), soit ainsi gardé confidentiel. Il faut espérer que les clauses touchent exclusivement à la suggestion des termes à rechercher, et pas aux résultats mêmes des recherches. S’enfermer dans le secret du culte serait à nos yeux le pire des services à rendre à la judaïté, qui doit s’assumer avec fierté comme une religion parmi d’autres, et qui n’a donc pas à se cacher. Quel que soit le poids et la douleur de l’histoire. Celle-ci doit servir à avancer, pas à se scléroser.

La question n’est pas de dissuader les internautes de rechercher si une personnalité est juive – ce que ceux qui le souhaitent feront de toute façon, suggestion ou non ; mais de faire que cette recherche n’ait plus vraiment d’utilité aux yeux du public. Il s’agit d’un travail beaucoup plus long et difficile, mais nécessaire.

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