Deuxième plus gros vendeur de livres électroniques en France, Bragelonne est aussi l'un des plus piratés. Une situation que l'éditeur (qui rejette les DRM) trouve "cool", parce qu'il "ne faut pas diaboliser le piratage".

Si le monde de l’édition littéraire paraît souvent au moins aussi réactionnaire que celui de l’industrie musicale et cinématographique, il existe heureusement des éditeurs plus modernes que d’autres. A cet égard, Bragelonne fait office d’exemple à suivre.

Fondée en 2000, la société est devenue très vite l’éditeur de référence dans l’univers des « littératures de l’imaginaire » : fantasy, science-fiction, fantastique,… 12 années plus tard, il se classe aujourd’hui 43ème plus gros vendeur de livres papiers en France, mais surtout 3ème au classement des livres numériques. Une position de force idéale au moment où l’ebook rattrape le livre papier, qu’il doit à son dynamisme sur le marché numérique.

Contrairement à des éditeurs traditionnels qui refusent de laisser leurs clients être maîtres des livres qu’ils achètent, Bragelonne a toujours eu pour principe de ne pas imposer de DRM sur ses livres. Ils peuvent être copiés et redistribués en toute liberté. Mais mieux encore, l’éditeur qui anime sa communauté avec tous les moyens modernes (forum, réseaux sociaux, blog, newsletter…) a estimé que les livres numériques devaient se vendre moins cher que les livres papier, voire beaucoup moins chers.

Par exemple, Le Trône du Loup Gris de Cinda Williams Chima est vendu 12,99 euros en livre électronique, contre 17,20 euros en version papier. L’éditeur propose aussi plusieurs collections avec des titres qui sortent toutes les semaines à 5,99 euros et dont le prix baisse à 4,99 euros trois mois plus tard. Il annonce même la sortie d’une collection (Brage) de nouvelles à 0,99 euros ou 1,99 euros, qui seront proposées tous les lundis. Une manière intelligente de fidéliser le lecteur avec un rendez-vous hebdomadaire et des prix attractifs.

« Notre obsession est de trouver le bon livre pour le bon lecteur via le bon canal. Il est utopique de penser que tous les stores ont la même clientèle« , explique dans une interview à IDBoox Alexandre Levasseur, directeur du numérique chez Bragelonne.

Et alors qu’une étude du Motif (.pdf) a fait entrer l’éditeur dans le top 10 des éditeurs les plus piratés, il considère que c’est une chance. « C’est cool je trouve ! D’autant qu’en regardant vraiment cette étude il s’avère que les titres les plus piratés sont tous des titres dont je n’ai pas les droits en numérique, donc pas d’offre légale possible. Cela prouve encore le respect de certains pirates ou certaines teams pour notre offre légale. Il ne faut pas diaboliser le piratage, la musique s’en est suffisamment chargée pendant 10 ans avec le succès qu’on lui connaît« , remarque Levasseur.

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