Un visage robotique capable d’apprendre à synchroniser ses lèvres avec la parole et le chant : c’est la prouesse dévoilée par des chercheurs de la Columbia University dans une vidéo publiée par Reuters le 22 janvier 2026. Un résultat aussi fascinant que dérangeant.

C’est bien connu : certains robots humanoïdes ne sont franchement pas très rassurants. Entre leur design parfois trop proche de celui d’un humain et leur force démesurée, il n’est pas étonnant que le public reste sceptique.

Tandis que certains ont choisi de s’éloigner d’une apparence trop humaine — à l’instar de Memo et son allure de Playmobil géant — d’autres sont allés plus loin. Trop loin.

Des ingénieurs de la Columbia University, via le Creative Machines Lab, ont ainsi conçu un visage robotique capable d’apprendre à synchroniser ses lèvres avec la parole et le chant, comme le montre cette vidéo publiée le 14 janvier 2026. On vous laisse juger du résultat…

Comment fonctionne le visage du robot humanoïde EMO ?

Baptisé EMO, le robot est doté d’un visage en silicone animé par 26 micro-moteurs dissimulés sous la « peau », capables de produire différentes formes de bouche et expressions. Le but ? Rendre les robots humanoïdes moins « étranges » lors des interactions en face à face, souligne ce reportage de Reuters. Soit.

Le robot EMO.  // Source : Yuhang Hu/Creative Machines Lab/ Science Robotics
Le robot EMO. // Source : Yuhang Hu/Creative Machines Lab/ Science Robotics

Sur le plan technique, plutôt que d’imposer des règles fixes pour apprendre au robot à produire des expressions faciales, les chercheurs ont mis en place un plan d’apprentissage en deux étapes. D’abord, EMO s’est filmé devant un miroir en générant des milliers de mouvements aléatoires, afin de comprendre comment chaque commande moteur modifie la forme visible de sa bouche. Un peu comme un enfant qui découvre ses premières grimaces face à son reflet.

Le robot a ensuite visionné pendant des heures des vidéos YouTube de personnes parlant et chantant. Au fil du temps, grâce à un modèle d’intelligence artificielle dit « vision-language-action » (VLA), il a appris à activer ses moteurs pour reproduire des expressions faciales spécifiques.

Cette méthode lui a permis de réaliser des démonstrations dans plusieurs langues, y compris en Français. Mais ce n’est pas tout : EMO a même chanté un morceau issu de son premier album, généré par IA, hello world. Les titres de ses 12 chansons sont d’ailleurs choisis avec soin, de « A Hundred Little Motors » (une centaine de petits moteurs) à « Sim2Real » (à l’air trop réel). De quoi nourrir tout un lore autour d’EMO.

EMO a même chanté un morceau issu de son premier album généré par IA, hello world. // Source : Columbia Engineering
EMO a même chanté un morceau issu de son premier album généré par IA, hello world. // Source : Columbia Engineering

L’équipe reconnaît toutefois avoir rencontré des difficultés avec certains sons, notamment ceux associés aux lettres « B » et « W », qui nécessitent de pincer les lèvres. Les chercheurs restent confiants : « Plus il interagira avec les humains, meilleur il deviendra », promet Hod Lipson, professeur d’innovation au département de génie mécanique et directeur du Creative Machines Lab de Columbia.

Avec EMO, la Columbia University veut rendre les robots humanoïdes plus humains

Les chercheurs expliquent que l’étude de cette synchronisation labiale s’inscrit dans un effort plus large pour rendre la communication des robots plus naturelle, notamment dans des usages comme l’enseignement, les soins ou le divertissement. « Lorsque la synchronisation labiale est combinée à une intelligence artificielle conversationnelle comme ChatGPT ou Gemini, l’effet confère une toute nouvelle dimension à la connexion que le robot tisse avec l’humain », explique Yuhang Hu, qui a dirigé l’étude dans le cadre de sa thèse de doctorat. « Plus la fenêtre de contexte de la conversation est longue, plus ces gestes seront sensibles au contexte », a-t-il ajouté. 

Si les vidéos ont indéniablement un côté WTF, elles sont en réalité le fruit de la quête menée par Hod Lipson depuis une décennie pour rendre les robots plus efficaces dans leurs interactions avec les humains. Pour lui, cela passe notamment par la maîtrise des expressions faciales — sourire, regard et parole. « Je suis un roboticien blasé, mais je ne peux m’empêcher de sourire en retour à un robot qui me sourit spontanément », confie-t-il

Reste que, à l’instar du robot humanoïde Ameca de la société britannique Engineered Arts, on nage en pleine vallée de l’étrange. Cette uncanny valley désigne ce moment où un robot, presque humain mais pas tout à fait, finit par susciter malaise et gêne plutôt que sympathie. Heureusement, il reste encore quelques robots attachants dans le lot.

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