La Commission européenne a annoncé avoir reçu de nouvelles plaintes contre Google d'entreprises l'accusant d'abus de position dominante. Il s'agit cette fois d'Expedia et de TripAdvisor. Au total, treize actions en justice ont été engagées depuis 2010 contre le géant du net.

Google aura décidément bien du mal à se dégager de l’enlisement judiciaire dans lequel il est pris depuis deux ans. Alors que la firme de Mountain View fait déjà l’objet d’une enquête sur le Vieux Continent pour abus de position dominante, deux nouvelles plaintes ont été déposées auprès de la Commission européenne. Il s’agit d’Expedia et TripAdvisor, des sociétés spécialisées dans les voyages.

Ces deux actions en justice s’ajoutent aux onze autres que la Commission européenne a réceptionné depuis 2010, date à laquelle l’enquête pour abus de position dominante a été ouverte. Celle-ci doit d’ailleurs se terminer ce mois-ci, ce qui permettra à Bruxelles de transmettre la liste de ses griefs à Google et ouvrir éventuellement la voie vers d’éventuelles sanctions si aucun accord viable et durable n’est trouvé.

D’après les informations de l’AFP, la plainte d’Expedia porte en particulièrement sur un service assez récent de Google, baptisé Flight. Il permet, comme son nom l’indique, de rechercher des vols (départ / arrivée) et des informations pratiques (heures de décollage et d’atterrissage, durée du parcours, compagnie, prix du billet d’avion). Pour l’heure, seuls les vols intérieurs américains sont concernés.

L’enquête formelle démarrée il y a deux ans par la Commission a pour objectif de déterminer si Google fausse les résultats de son moteur de recherche pour servir ses propres intérêts. La société californienne est en effet suspectée de manipuler les résultats des requêtes passées par les internautes afin de mettre en avant ses propres services et de déclasser des catégories de sites pouvant nuire à sa croissance.

Il s’agit d’un enjeu important, car Google dispose d’une part de marché exceptionnelle dans les principaux pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni). Dans chacun de ces États, le moteur de recherche gère plus de 90 % de toutes les requêtes passées par les internautes. Avec une telle domination, la tentation d’écraser artificiellement la concurrence est donc très grande.

La liste des griefs de la Commission européenne à l’égard de Google devrait être connue ce mois-ci. Selon les conclusions de l’enquête antitrust, la firme américaine devra soit verser un important dédommagement financier aux sites lésés, soit négocier avec les plaignants pour rétablir une situation de concurrence libre et non faussée.

« Si les objections sont sérieuses, nous poursuivrons notre enquête. Si nous voyons des moyens d’y remédier, nous essaierons » de résoudre ce problème avec Google , a expliqué Joaquín Almunia , le commissaire européen en charge de la concurrence, à la chaîne CNBC.

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