Largement signalée par les internautes outrés par son existente, une page Facebook d'hommage au terroriste Mohamed Merah avait été ouverte sur le réseau social. Avant sa fermeture, elle avait réuni au moins un demi-millier de soutiens.

On ne sait pas ce qui est le plus surprenant ou choquant entre le fait d’ouvrir une page d’hommage au terroriste Mohamed Merah qui a tué sept personnes de sang froid dont trois jeunes enfants, et le fait que des internautes clairement identifiables sur Facebook n’hésitent pas à « liker » la page et même à y mettre des commentaires d’encouragement.

Avant que les forces d’élite de la police nationale ne décident de donner l’assaut final au domicile du tueur de Toulouse, un internaute a créé le plus sérieusement du monde une page « Hommage à Mohamed Merah [Toulouse] », qui est restée en ligne plusieurs heures. Selon nos constatations, elle a compté plus de 450 « likes » avant d’être fermée, sans doute grâce aux appels aux signalements de « spam » relayés par des internautes :

La page a suscité plus d’un millier de commentaires, le plus souvent d’indignation et de protestation contre le terroriste décédé et le créateur de la page de soutien. Mais pas uniquement. Des internautes ont aussi écrit des messages pour soutenir l’homme retranché dans sa salle de bain, moins par soutien à l’action terroriste que par détestation des forces de police.

« 400 policiers pour une seule personne… vive la France« , disait le message du créateur de la page d’hommage à Mohamed Merah. « Et malgré ça il a réussi à en blesser trois. Voilà un brave homme« , se réjouissait une internaute sur Facebook, smiley en forme de coeur à l’appui. « Il a mis la France à ses pieds, qu’Allah lui ouvre les portes du paradis« , complètait une autre, dans un message visible sur une capture d’écran publiée sur Choualbox. Un autre : « Des salauds. 1 contre tous et il les baise tous. Bien mon frère« .

On ne peut que s’indigner de la création d’une telle page. Elle est sans aucun doute ignoble. Mais il faut davantage s’interroger sur ce qu’elle montre de la société. Sur cette partie de la population, difficilement mesurable, qui semble totalement déconnectée des valeurs morales du plus grand nombre, et qui semble aussi n’avoir aucune conscience de la portée de ce qu’elle publie sur un réseau social public comme Facebook.

Est-elle largement minoritaire et ne mérite-t-elle donc aucune attention particulière ? Ou la frange visible sur une telle page Facebook cache-t-elle une proportion plus importante « dans la vie réell », signe de réelles divisions dans la société française ?

On peut aussi s’interroger sur l’opportunité de fermer une telle page. D’un côté, elle est insupportable pour les familles des victimes, et pour la société tout entière atteinte par les actes terroristes de Mohamed Merah. D’un autre côté, elle est nécessaire pour prendre la mesure des soutiens, et surtout pour ouvrir une discussion avec ceux qui veulent faire du terroriste un martyr. La liberté d’expression est parfois ignoble, mais elle peut être un remède lorsque la censure aggrave au contraire le mal. Difficile arbitrage.

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