Alors qu'elle s'est déclarée favorable à la censure d'Internet pour écarter les contenus pornographiques, dans une interview à une communauté ultra-catholique, la candidate du Front National est revenue sur son propos en affirmant qu'elle parlait uniquement des logiciels de contrôle parental. En précisant qu'elle les juge trop peu efficaces.

Lundi, Numerama décrivait le virage à 180 degrés opéré par la candidate du Front National, au sujet de la défense des libertés sur Internet. Alors que Marine Le Pen avait martelé depuis le début de sa campagne qu’elle était une « ardente défenseure d’Internet et de la liberté sur Internet« , elle a promis « la censure, même si le mot déplaît« , à une association d’ultra-catholiques. Elle disait vouloir censurer la pornographie sur Internet, parce que « cela relève de la protection de la jeunesse« , et qu’il ne faut pas « s’étonner de la multiplication des délits ou crimes sexuels quand les média en font un tel étalage qu’on peut qualifier d’incitatif« .

Notre article a provoqué de nombreuses réactions chez les internautes (et même chez Marc Dorcel), dont certains avaient été séduits par l’opposition très ferme de Marine Le Pen aux dispositifs comme Hadopi, ACTA, ou Loppsi, qui à différents niveaux prônent une certaine vision de la censure.

Dans les heures qui ont suivi, la candidate frontiste a donc voulu réagir pour sauvegarder les soutiens qu’elle avait réussi à rassembler sur ce terrain fertile. S’adressant directement à nous sur Twitter, Marine Le Pen nous assure que « je suis contre la censure sur Internet« , et que « mon propos concernait les logiciels de contrôle parental trop peu efficaces« .

« Je suis la seule à défendre la liberté sur la toile« , ajoute-t-elle.

Concomitamment, le conseiller de Marine Le Pen aux Libertés numériques, David Racheline, s’est fendu d’un communiqué qui ré-affirme que « la victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle signera la fin de cette loi liberticide qu’est Hadopi, et une vive opposition de la France au traité ACTA« .

Pour faire l’exégèse de la candidate, il y explique que « si Marine Le Pen est très attachée à la plus grande liberté sur internet, vecteur essentiel de l’information et du véritable débat démocratique, naturellement elle tient à préserver les plus jeunes des dérives potentielles de ce bel outil« . « Ainsi, ajoute-t-il, notre candidate à l’élection présidentielle souhaite qu’un contrôle efficace puisse être exercé sur la navigation sur certains sites par des mineurs, en apportant notamment aux parents un accès libre et gratuit au contrôle parental, trop peu performant aujourd’hui, en particulier sur les  » téléphones intelligents « « .

Voilà qui ressemble aux demandes de filtrage par défaut régulièrement formulées par des députés UMP, qui obligerait les internautes à contacter leurs opérateurs pour demander l’autorisation d’accéder aux sites bloqués.

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