La géocensure de Twitter fortement critiquée

Julien L. - publié le Samedi 28 Janvier 2012 à 15h30 - posté dans Société 2.0

Twitter a annoncé quelques modifications quant à la régulation des contenus diffusés sur son réseau. Désormais, un filtrage géolocalisé pourra survenir dans un pays si des contenus enfreignent sa législation. La nouvelle politique a été immédiatement critiquée par les internautes et les ONG, qui craignent un recul de la liberté d'expression.

Si Twitter pensait ne susciter aucune réaction avec sa nouvelle politique de diffusion des messages, c'est raté. Depuis jeudi, les réactions indignées se succèdent pour condamner l'annonce du réseau social d'intégrer un filtrage géolocalisé qui a pour but de prendre en compte les spécificités des différentes législations. Cela pourrait conduire à rendre un message inaccessible dans un pays mais lisible dans un autre.

Pour justifier ce changement, Twitter a pris l'exemple de trois pays partageant dans les grandes lignes les mêmes standards démocratiques : les États-Unis, la France et l'Allemagne. Dans le premier existe un célèbre amendement - le premier de la Constitution - qui protège notamment la liberté d'expression, la liberté de religion et la liberté de la presse.

Dans les deux autres persiste le poids de l'Histoire. C'est ainsi qu'en France la liberté d'expression connaît quelques restrictions légitimes, validées par la Cour de cassation et la Cour d'appel de Paris, pour des motifs de protection de l'ordre public, de la morale et des intérêts des victimes du nazisme. Dès lors, les contenus faisant la promotion du négationnisme sont illicites.

La profonde inquiétude de RSF

Sous cet angle, la décision de Twitter paraît justifiée. Mais les ONG craignent de leur côté que ce coup de canif dans la politique de diffusion des messages ne conduise Twitter à reculer de plus en plus sur le terrain de la liberté d'expression. Car si la France ou les États-Unis ne sont pas les pays plus exemplaires, en témoigne les classements réguliers de RSF sur la liberté de la presse, d'autres nations se montrent encore plus dures.

C'est le message qu'a tenu à faire passer Reporters Sans Frontières dans une lettre ouverte. Exprimant sa "profonde inquiétude", l'organisation voit dans cette décision "une censure à l’échelle locale, en collaboration avec les autorités et en conformité avec des législations locales qui sont trop souvent en contradiction avec les standards internationaux régissant la liberté d’expression".

"L'argumentation de Twitter qui laisse entendre qu'il y aurait différentes interprétation de la liberté d'expression selon les pays est inacceptable. Ce principe fondamental est inscrit dans la Déclaration Universelle des droits de l'homme" poursuit RSF, qui estime même que le site a choisi "le camp des censeurs" en privant "les cyberdissidents des pays répressifs d’un outil crucial d’information et de mobilisation".

Une décision motivée par le Royaume-Uni ?

De son côté, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) affiche une inquiétude beaucoup plus mesurée. Interrogée par Boing Boing, la responsable en charge de la liberté d'expression, Jillian York, estime que cette évolution n'est pas si différente, en terme d'effet, qu'une décision de justice contraignante pour Twitter, à ceci près que cela n'affectera pas les utilisateurs situés hors du pays où le verdict a été rendu, ce qui évite une censure globale.

"Compte tenu de leur intention d'ouvrir une antenne au Royaume-Uni (où se trouve d'absurdes lois contre la diffamation), je peux comprendre pourquoi ils ont pris cette décision. C'est malheureux qu'ils pourraient avoir à censurer des contenus, mais je salue leur effort pour être aussi transparent que possible sur ce changement" a analysé Jillian York.

Sur le cas des lois britanniques contre la diffamation,  on se souvient par exemple de l'affaire désormais célèbre de ce joueur de football, Ryan Giggs, qui avait demandé en 2011 aux tribunaux britanniques d'ordonner à Twitter de livrer l'identité d'un internaute qui avait cité son nom dans une affaire d'adultère. Cet épisode avait alors mis en lumière le délicat équilibre, en particulier au Royaume-Uni, entre la nécessaire protection de la vie privée et le droit d'informer.

Un investissement qui pose question

De son côté, le site communautaire a tenu à mettre les choses au point. La nouvelle politique de régulation des contenus n'a absolument rien à voir avec les récents investissements qui ont été réalisés pour soutenir le développement du site communautaire. Twitter fait ici référence aux 300 millions de dollars qu'un prince saoudien a mis dans Twitter, alors même que le pays est classé comme un ennemi d'Internet par Reporters Sans Frontières.

Ensuite, Twitter assure que l'esprit qui anime ses équipes demeure intact. Pas question donc de censurer les messages dans le cadre du printemps arabe par exemple. Le réseau social veut manifestement toujours agir pour la démocratie. Il faut en effet se souvenir que les réseaux sociaux tels Facebook ou Twitter sont très utilisés par les opposants aux régimes autoritaires, dissidents politiques ou simples citoyens.

À première vue, il semble en effet curieux que Twitter, après avoir été pendant plusieurs années un outil très pratique pour mobiliser les foules et coordonner les actions, change du tout au tout. Si certaines règles changent de fait, est-ce pour autant que l'attitude de Twitter va évoluer ? Rien ne nous permet de l'affirmer. Il serait étrange que Twitter sabre sa réputation alors qu'il s'est souvent mis en première ligne sur le terrain de la liberté d'expression.

Twitter en première ligne lors des révolutions arabes

Lors des révolutions qui ont secoué le monde arabo-musulman l'an passé, et alors que d'autres pays vivent d'importantes manifestations, Google et Twitter avaient mis en place un service (speak to tweet) dans lequel il était possible de laisser un message vocal sur une messagerie, en appelant un numéro international, pour qu'ensuite son contenu soit converti en texte et diffusé sur Twitter.

Sur Twitter, les réactions n'ont en tout cas pas tardé. Un hashtag de protestation (#twitterblackout) a vu le jour, appelant les utilisateurs à ne pas utiliser le réseau social le 28 janvier - c'est-à-dire aujourd'hui. La consigne est toutefois loin d'être suivie, d'autant que tous les utilisateurs ne se situent pas sur le même fuseau horaire. Dès lors, cela laisse l'impression d'un coup d'épée dans l'eau.

Publié par Julien L., le 28 Janvier 2012 à 15h30
 
 
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Commentaires à propos de «La géocensure de Twitter fortement critiquée»
 

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stu, le 28/01/2012 - 21:42
Sur la partie qui concerne les crimes contre l'humanité, je ne suis pas complètement sûr. Par contre sur les propos racistes (cf loi du 1 juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme par exemple), je vois pas trop le problème de censurer ce genre de propos. Je pense que ce sont des propos qui vont à l'encontre du vivre ensemble, de la cohésion sociale et que ce sont potentiellement des dangers pour la société. Je pense que la cohésion sociale est plus importante que la liberté d'expression. Ce qui fait que sur la négation de la shoah j'aurais une position un peu nuancée. Il y a probablement eu une période pendant laquelle la négation de la shoah aurait pu porter atteinte à cette cohésion sociale, donc durant cette période la loi Gayssot était justifiée. Aujourd'hui, je suis pas sûr que ce soit encore le cas. Quelqu'un qui nie la shoah aujourd'hui va passer à mon avis pour un illuminé.
Donc tu préfères avoir une fausse sensation de ' cohésion ' sociale par la loi, quitte à avoir 30 % de Français prêts à voter FhaiNe au premier tour plutôt que de devoir instruire ta population...

Note que tu as raison, c'est comme cela que l'on crée des communautarismes facilement manipulables et que l'on peut tout aussi facilement stigmatiser, monter les unes contre les autres sans fin, afin de s'en assurer le contrôle.

Que ce soit la Shoa, les Indiens d'Amérique, les Aborigènes ou toute autre civilisation telles celles d' Amérique centrale ne change rien à l'affaire, créer une loi interdisant l'expression de toute haine reviendra toujours à lui permettre de se développer au lieu d'être expliquée.

Tu as dû rater les derniers procès faits à des révisionnistes, toi, le dernier, en France, date pourtant de moins de 2 ans, sans parler des nombreuses condamnations pour injures à caractères raciales ( même de la part d'un ministre en exercice... ) ni oublier un ' dérapage ' d'un président de la république Française en exercice...
stu, le 28/01/2012 - 21:42
Mais si j'ouvre un blog, je peux censurer les commentaires comme je veux et je pense pas que ce soit interdit. Dans un journal, les petites annonces sont censurées.

Ce n'est pas de la censure. C'est du choix. Tu choisis ce que les gens peuvent dire sur *ton* blog. Ils choisissent ce que les gens peuvent écrire sur *leur* journal. C'est ton choix moral de ne pas relayer l'expression d'autrui. Encore heureux, rien ne nous y oblige.

Il y a un intermédiaire. Il y a toujours un intermédiaire, et c'est sur lui qu'on fera peser la responsabilité pour une raison simple: c'est plus facile d'agir auprès d'une centaine d'entreprises (je suis large) qu'auprès de millions d'individus.

Sinon, il semblait évident à tout le monde que le responsable était l'auteur des propos, et pas le postier, le télégraphiste ou le livreur. Et que c'est l'auteur, et lui seul, qui aurait du en répondre. Responsabiliser les intermédiaires, c'était juste une question de facilité. On s'est fait entuber quand on n'a pas su convaincre que les hébergeurs ne sont que des intermédiaires techniques.

En plus, dans un contexte international, tu penses qu'il est bien plus simple de s'arranger entre la République du Qatar et Twitter qu'avec Marc Dugenou, usager de Twitter résidant au Vanuatu. Je cite le Quatar mais la France n'est pas en reste. C'est elle qui a ouvert le bal avec les breloques nazies sur Yahoo.

Il y a des gens qui veulent se comporter en adultes responsables (ce qui suppose accepter le risque d'aller en taule si on franchit la ligne), et puis il y a ceux qui veulent qu'on emmaillotte tout dans un filet de sécurité. Les seconds ont été plus véhéments (ou plus retors, ou plus généreux...)

Le combat a été perdu vers les années 95 (j'ai le flemme de reprendre l'historique qui pèse 3 tonnes) et je crains qu'on n'inverse jamais la vapeur. L'idée d'un hébergeur "chaperon" est peu à peu rentrée dans la jurisprudence et dans les moeurs. Faut lever le doigt et demander la permission. Si pas sage, Maman punir.

Voila comment des société privées ont été, insidieusement, chargées de garder les moutons. Dommage, c'était une belle occasion de donner enfin une réalité à un droit inscrit dans la Constitution.
Désolé j'ai pas assez de temps pour répondre de manière précise à tout le monde.

/dev/tty
Contraire à quels principes ? Je vois pas pourquoi l'acteur privé se ferait chier, je ferais pareil à sa place (i.e. gagner le max de fric avec le moins d'emmerdes). Maintenant s'il viole les clauses d'un contrat qu'il a passé avec toi, libre à toi de porter plainte.

Gnommy
Je vois pas en quoi la sensation de cohésion sociale serait fausse. Cette cohésion sociale peut être fondée sur un mythe, mais la sensation peut être tout à fait réelle comme un placebo qui guérit réellement. Le FN ne porte pas atteinte aujourd'hui à la cohésion de la nation à ma connaissance, donc je pense pas trop que ce soit un bon exemple ici. Un exemple de fiction utile : en 1945 on a fait comme si la majorité des français avait été avec la France libre et contre l'armistice de Pétain. Mais en 1940 la majorité des français était pour Pétain. Ce genre de fiction a été probablement utile pour la reconstruction de la France. Aujourd'hui on peut le dire sans problème, mais en 1945 c'était clairement pas le moment. Plus généralement mon argument est très simple en fait :
(1) Notre société/nation est menacée par une liberté d'expression totale (ex: racisme qui peut conduire à des affrontements ethniques)
(2) La survie de notre société/nation est plus importante qu'une liberté d'expression totale (sans société/nation, je vois pas très bien à quoi pourrait nous servir une liberté d'expression totale)
(3) Donc dans ce cas précis, il faut limiter la liberté d'expression

Gnommy
Je suis pas convaincu. Peut-être que tu peux argumenter un peu plus ? Je vais peut-être dire de grosses conneries en parlant de mon impression. J'ai l'impression que dans le racisme y a une part de foi, de croyance non rationnelle. Je sais pas si t'as déjà essayé de faire changer d'avis un créationniste, j'ai essayé et j'ai échoué et pourtant j'avais de très bons arguments rationnels ! J'ai l'impression que pour une personne profondément raciste, ça change pas grand chose que tu lui ramènes des stats, des données... J'aimerais bien que tout le monde soit comme les philosophes des Lumières, mais c'est pas le cas. La raison ça marche pas tout le temps.

galaspouk
Je n'avais pas parlé de condamnation, mais de sanctions. Toutefois j'ai regardé et il peut y avoir des condamnations contre les éditeurs dans des cas précis (Article 42-8 de la loi du 30 septembre 1986). J'avais en tête le CSA pour les chaînes de TV, petit exemple tiré du rapport au Premier Ministre sur la Lutte contre le racisme et l'antisémitisme sur les médias
relevant du droit de la communication audiovisuelle p.11 :

galaspouk
Je n'ai pas l'impression que tu ais démontré quoi que ce soit. Déjà il faudrait connaître la manière dont twitter va censurer. Après je ne vois pas trop pourquoi des opinions qui ne sont pas en cohérence avec les lignes éditoriales des médias seront censurées. Twitter est quand même là pour se faire du blé, que tu crois à la théorie du complot ou pas ils s'en foutent à mon avis du moment qu'ils risquent rien.

/dev/tty
Je conteste la métaphore du postier. Le postier ça va bien pour le FAI, mais pas pour Twitter à mon avis. Twitter est un site Internet, ça relève plus de l'éditeur qui édite un journal, plutôt que du postier qui te transmet le journal.

D'une manière générale qu'on soit pour ou contre les lois qui réduisent la liberté d'expression, à partir du moment où on décide par la loi qu'il faut la limiter, je ne vois pas pourquoi le web ne devrait pas subir les mêmes limitations si la technique nous le permet dans des conditions raisonnables (cf les faux positifs). Donc je réitère ce sera juste une application de la loi.
Gnommy, le 28/01/2012 - 19:14
Tu débarques tout juste et tu voudrais que tous tes détracteurs te fasse en long en large et en travers la démonstration de la stupidité de ton absence d'arguments ?
Au contraire lui argumente.
Sinon je suis le seul à trouver ça de toute beauté ? Des partisans de la liberté d'expression qui "expliquent" à une personne aux opinions différentes qu'elle est priée de ne pas s'exprimer. J'adore.


galaspouk : Si je ne m'abuse il est question d'appliquer un filtre géographique sur les messages censurés (et non plus supprimés comme c'était le cas jusque là).
Donc sur décision d'un tribunal français un message ne sera alors plus accessible aux internautes français mais le restera pour le reste du monde.
Je ne peux pas dire que j'apprécie l'idée mais elle ne m'apparait pas comme pire que la solution actuelle.
bon allez, ce coup-çi, cela fait trop longtemps que ça dure, je reviendrai voir dans un an ou deux si le forum est de nouveau utilisable sans y passer des plombes pour un message.
Gnommy, le 28/01/2012 - 19:14
Tu débarques tout juste et tu voudrais que tous tes détracteurs te fasse en long en large et en travers la démonstration de la stupidité de ton absence d'arguments ?
Au contraire lui argumente.
Sinon je suis le seul à trouver ça de toute beauté ? Des partisans de la liberté d'expression qui "expliquent" à une personne aux opinions différentes qu'elle est priée de ne pas s'exprimer. J'adore.


galaspouk : Si je ne m'abuse il est question d'appliquer un filtre géographique sur les messages censurés (et non plus supprimés comme c'était le cas jusque là).
Donc sur décision d'un tribunal français un message ne sera alors plus accessible aux internautes français mais le restera pour le reste du monde.
Je ne peux pas dire que j'apprécie l'idée mais elle ne m'apparait pas comme pire que la solution actuelle.

Ils ont vu le résultat du printemps arabe et réalisent que des plateformes comme twitter sont suceptibles de permettre de coordonner un coup d'état.

Ca vous étonne?

Et ça va continuer, tous les gouvernements du monde se rendent compte a quelle point cette "saloperie" menace leur contrôle.
On est très loin dans les pays "riches" d'une révolution.
Pour que ça se produise le peuple doit n'avoir plus rien à perdre ; le modèle de consommation actuelle vise justement à assurer une stabilité aux gouvernements. Meme si le chomage bat des records, que la qualité de vie de baisse et que tous les indicateurs sont dans le rouge le principe meme de la vie à crédit fait que la majorité des gens auraient quelque chose à perdre lors d'une révolution.
Un dissidans chinois qui revele un scandale passe sous silence par le gouvernement ne respecte pas la loi chinoise, son propos est-il censure ? Les echanges qui sont apparus lors du printemps arabe etaient-ils conformes a la loi ? J'en doute.

En general une revolution est plutot contraire a la loi, donc selon twitter tout propos menant a une revolution doit etre censure puisque c'est contraire a la loi ?

Mouais, je vois pas comment on peut se rejoir de ce genre d'initiative ...
voyant les conflits actuels à travers le monde et dont certains pays voient que l'outil internet permet à certains pays de tout de meme se mobiliser contre un gouvernement ... cela commence a faire son chemin à des pays occidentaux ...
Ils se disent sans doute qu'il faut rapidement mettre en place d'une manière "progressivement douce" une certaine censure ceci au cas ou il adviendrait tout aussi des conflits par chez nous ... europe, etats unis... etc !!!
Et si la situation de nos pays respectifs etaient bien pire que ce qu'ils disent ? Qu'avec toutes ces reunionites aigües ils ne font que maintenir un systeme financier au bord du dépot de bilan ! ??
Les places financieres mondiales se cassant la gueule, finit de nos placements, de nos retraites, de nos economies, des entreprises qui ne valent plus rien ... bref "une fin du monde" mais financiere !
Je vous raconte pas alors le bordel de chez bordel partout dans le monde !
D'ou une necessité sans doute de brider les outils de communication ... car sans ces derniers nous serions bien aveugles pour agir !!!
mais bon RV dans quelques mois si les predictions maya feront sont ptit effet !
A moins que ce ne soit un astéroide qui nous fout sur la gueule !
bon vais aller interoger ma boule de cristal ! (mdr)
eliote7, le 30/01/2012 - 04:21
voyant les conflits actuels à travers le monde et dont certains pays voient que l'outil internet permet à certains pays de tout de meme se mobiliser contre un gouvernement ... cela commence a faire son chemin à des pays occidentaux ...
Ils se disent sans doute qu'il faut rapidement mettre en place d'une manière "progressivement douce" une certaine censure ceci au cas ou il adviendrait tout aussi des conflits par chez nous ... europe, etats unis... etc !!:!
Il faut vraiment arrêter le délire. En France les lois sur la liberté d'expression ne vont pas être changées, c'est juste que Twitter va faire en sorte d'être en conformité avec les lois qui existent depuis des dizaines d'années. Et puis quand tu vois l'état des indignés français, y a pas de quoi inquiéter un quelconque gouvernement.

Maintenant je suis d'accord que pour les pays où la liberté d'expression est gravement limitée (pas juste une loi Gayssot par exemple), c'est une aubaine pour les gouvernants. Après de là à dire que ce serait une machination orchestrée par eux, je n'y crois pas (à moins que tu ais des preuves). L'hypothèse que Twitter veut juste se faire un max de blé sans emmerdes me semble bien plus raisonnable.
C'est idiot.

Twitter est déjà sous législation française. Si j'envoie un tweet expliquant qu'Eric Besson est une chienne qui se fait empapaouter les week-ends dans les lieux interlopes que fréquentait DSK, je peux être sanctionné pour injure ou diffamation.

Le filtrage est différent. C'est une censure à la source, plutôt qu'une répression a posteriori d'un comportement illicite. C'est le débat que nous avons eu au moment du vote de Loppsi 2. C'est le débat que nous aurons à chaque extension du filtrage sur le web. A propos d'ACTA, notamment. C'est aussi en creux l'éternel débat sur la liberté d'expression à l'américaine ou à l'européenne.

C'est aussi et surtout l'avènement d'un web à plusieurs vitesses, et faut se renseigner sur ce que ça signifie, un web à plusieurs vitesses... avant de se réjouir que Twitter mette en place un filtrage régional, faut aussi comprendre que ce qui va plaire aux industries françaises va également plaire aux mollahs iraniens ou aux militaires syriens, chinois, nord-coréens... Je veux dire : la convergence d'intérêts objective entre les industries marchandes occidentales et les dictatures du monde entier, ça va quand même finir par se voir.
U., le 30/01/2012 - 12:00
.....
C'est aussi et surtout l'avènement d'un web à plusieurs vitesses, et faut se renseigner sur ce que ça signifie, un web à plusieurs vitesses... avant de se réjouir que Twitter mette en place un filtrage régional, faut aussi comprendre que ce qui va plaire aux industries françaises va également plaire aux mollahs iraniens ou aux militaires syriens, chinois, nord-coréens... Je veux dire : la convergence d'intérêts objective entre les industries marchandes occidentales et les dictatures du monde entier, ça va quand même finir par se voir.

c'est pas con en effet !!! meilleur moyen de tirer partie de ce nous discutons !
google le fait déjà sur le net avec comme par hasard des liens commerciaux qui apparaissent en visitant des sits web en rapport avec ce que vous avez recherché précédement !
U., le 30/01/2012 - 12:00
Le filtrage est différent. C'est une censure à la source, plutôt qu'une répression a posteriori d'un comportement illicite. C'est le débat que nous avons eu au moment du vote de Loppsi 2. C'est le débat que nous aurons à chaque extension du filtrage sur le web. A propos d'ACTA, notamment. C'est aussi en creux l'éternel débat sur la liberté d'expression à l'américaine ou à l'européenne.
Personnellement cette censure à la source ne me pose pas de problème pour les propos incitant à la haine raciale par exemple. Les chaînes de TV le font, ça ne me dérange pas que Twitter le fasse aussi.


U., le 30/01/2012 - 12:00
C'est aussi et surtout l'avènement d'un web à plusieurs vitesses, et faut se renseigner sur ce que ça signifie, un web à plusieurs vitesses... avant de se réjouir que Twitter mette en place un filtrage régional, faut aussi comprendre que ce qui va plaire aux industries françaises va également plaire aux mollahs iraniens ou aux militaires syriens, chinois, nord-coréens... Je veux dire : la convergence d'intérêts objective entre les industries marchandes occidentales et les dictatures du monde entier, ça va quand même finir par se voir.
Je suis tout à fait d'accord que c'est une régression pour ces pays où la liberté d'expression est gravement limitée. Mais je maintiens qu'étant donné qu'en France on a décidé de limiter la liberté d'expression sur certains sujets (racisme, négationnisme...), c'est une bonne nouvelle. Je suis pas convaincu par la répression a posteriori. Si on prend le cas d'un journal, ça voudrait dire qu'on laisse des tribunes ouvertement racistes être publiées et que 6 mois plus tard l'auteur de la tribune est condamné. C'est pas très efficace, le mal est déjà fait à mon avis.

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