François Bayrou s'inspire du Parti Pirate pour rejeter la licence globale
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 27 Janvier 2012 à 09h44 -
posté dans Société 2.0
François Bayrou ne veut plus de la licence globale, et reprend à son compte l'argumentation développée par le Parti Pirate, qu'il juge pertinente. Le candidat du Mouvement Démocrate, qui s'était opposé à l'Hadopi, préfère le développement du "téléchargement légal pas cher", et ne promet plus l'abrogation de la riposte graduée.
Le président du Mouvement Démocrate, François Bayrou, était jeudi l'invité de La République du Mouv', et s'est exprimé à cette occasion sur la position qu'il tiendra pendant la campagne sur la culture dans l'univers numérique. "J'ai voté contre Hadopi", a-t-il rappelé, en laissant planer l'idée de la laisser en place. Le candidat centriste a changé d'avis sur ce qu'il fallait imposer comme autre modèle. "J'étais à l'époque défenseur de la licence globale. La licence globale, ça veut dire qu'on demande à tous les internautes de contribuer, et puis on distribue cet argent. J'ai étudié de près si on pouvait le faire, ou pas, et j'ai notamment lu une étude très approfondie du Parti Pirate - le parti des internautes libertaires, qui disent que c'est impossible à faire". Il semble évoquer la position détaillée par le député européen du Parti Pirate, Christian Engström, qui estime que la licence globale est "une non-solution à un non-problème". François Bayrou semble surtout s'inquiéter des possibilités pour des bénéficiaires de la rémunération tirée de la licence globale de tricher en faussant les compteurs de téléchargements. "J'ai trouvé leur argumentation très intéressante, parce qu'ils disent que si l'on doit distribuer l'argent de la licence globale, de ce prélèvement de 1 ou 2 euros par mois et par internaute français, il faut voir qui achète (sic) quoi. Mais à supposer que l'on sache qui achète quoi, il y a aujourd'hui des gens qui sont capables de mettre des miliers d'ordinateurs en réseau pour télécharger une chanson, par exemple, pour que l'argent du pot commun aille à un artiste ou à un autre. Et le Parti Pirate, et c'est pas des anti-libertés sur Internet, conclue que la licence globale c'est impossible à faire." "C'est un débat intéressant. Je pense que ce qui libèrera la situation, c'est le téléchargement légal pas cher, donc faciliter les plateformes comme Deezer par exemple. Ce sont des plateformes de téléchargement légal, et il faire en sorte que le prix soit (plus faible), par exemple 1 euro par chanson c'est trop, et c'est ça qui entraîne le téléchargement illégal" "Quand vous êtes un détenteur de droits, il vaut bien mieux avoir cinq téléchargements à 20 centimes qui se reproduiront qu'un téléchargement à un euro qui est trop cher". Enfin, François Bayrou n'affirme plus clairement qu'il veut supprimer Hadopi. Interrogé sur son abrogation, il répond qu'il faut "discuter de Hadopi", et nuance son opposition à la riposte graduée. "J'ai voté contre l'état actuel des choses, je préfère Hadopi 2 à Hadopi 1, parce qu'avec Hadopi 1 il n'y avait pas d'intervention du juge, et je pense que l'intervention du juge est très très bien". Mais il termine en citant le nombre de convocations d'abonnés à l'Hadopi (une centaine), comme pour expliquer que finalement, la riposte graduée n'est pas si terrible. Sur ce point, le candidat du MoDem n'a pas dû s'inspirer du Parti Pirate... à lire aussi
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Commentaires à propos de «François Bayrou s'inspire du Parti Pirate pour rejeter la licence globale»
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psilète
le 27/01/2012 à 10:00
Gageons qu'en temps de rigueur, il compte sur l'inefficacité du machin pour pouvoir le supprimer sans (trop) s'Alliéner les ayant-droits. C'est, je le reconnais, une hypothèse (très) optimiste.
(genre le Parti Pirate dans son ensemble c'est un mouvement de gens qui ne connaissent pas leur sujet
Prôner la suppression des dispositions législatives (que nous dénonçons tous, internautes) ne veut pas forcément dire que la Hadopi elle-même est à supprimer Il me semble aujourd'hui plus absurde que jamais de laisser la gestion de la rémunération des artistes aux SPRD comme la SACEM. Et faute de pouvoir trouver un système de rémunération décentralisé direct public-artistes à la Flattr (mais décentralisé, comme dit), un centre de gestion au fonctionnement ultra-transparent est nécessaire. Et indépendant toujours, hors de question de laisser le gouvernement décider quelles devraient être les oeuvres culturelles à rémunérer. Je suis d'accord avec F. Bayrou à propos du prix (il est trop cher car les ayant-droits ne sont pas philanthropes, ce sont des sociétés à but lucratif, quand ils produisent un artiste ça doit être rentable), mais de manière générale le sujet ne se discute même pas: avec des coûts de distribution quasi nuls (surtout avec le P2P), la culture dématérialisée aspire à pouvoir être librement échangée entre les individus, et ainsi "fleurir" de la participation des fans, ceux qui vont aux concerts, font des dons, achètent des produits dérivés, créent de nouvelles oeuvres à partir de celles-ci, etc... Oui il faudra un certain temps pour faire sortir les gens de la société consumériste du jetable et supprimer les clivages artistes-public, mais l'avenir est entre les mains des internautes. Nous sommes tous artistes Il n'a rien compris à rien...
Et il veut faire quoi, au juste ? Nous sortir une nouvelle ' subvention ' pour payer la ' chaîne ' de distribution ? Imposer un prix plancher pour le % de la banque sur chaque titre ? Imposer un prix plancher pour le % des ayants-droits ? La seule issue pour ces ' entreprises ' de la Kulthur, c'est de vendre en masse et non de vouloir imposer leurs tarifs tout en criminalisant leurs clients. Qu'ils commencent par revoir l'intégralité de leurs rapports avec leurs clients, ils comprendront qu'ils sont battus d'avance par l'impossibilité d'empêcher quoi que ce soit, et ce quelle que soit la ' législation ' qu'ils mettront en place. A quand les ' brookers ' qui achèteront des millions de copies issus des titres de leurs catalogues pour les brader afin d'assurer des revenus ? ben il avait presque tout compris.... il s'est fait embrouiller et il se retrouve du coup complètement à coté de la plaque. Son téléchargement centralisé pas cher, il peut se le garder!
et le mécénat global, il s'est penché dessus? c'est dans cette voie que sera la solution (voir mon dernier article sur agoravox) Posons comme principe que le partage sans but de profit ne doit en aucune manière être restreint (je pense que sur ce point, vous êtes d'accord avec moi).
Quelles sont les justifications pour ne pas accepter ce principe ? La seule justification est économique : permettre aux auteurs d'être rémunérés. Effectivement, une offre illimitée, accessible à tous (grâce au partage), et un coût marginal nul impliquent un prix nul. Il faudrait alors restaurer une certaine rareté afin de pouvoir vendre. Par ailleurs, l'objectif de l'économie, c'est de résoudre les problèmes de rareté. C'est là que la justification économique devient absurde : il s'agirait de restaurer une certaine rareté dans le but de résoudre un problème économique, alors que le but de l'économie est de résoudre les problèmes de rareté. Ce serait lutter contre l'objectif afin de conserver ce contre quoi on lutte. En clair, l'économie ne peut pas être une justification en soi, en dernier ressort. Car l'économie ne s'applique qu'à la rareté. Tout ce qui est surabondant, non-rival, doit selon moi être hors-marché. Je ne dis bien sûr pas qu'il faut supprimer l'économie, je dis juste qu'elle ne s'applique qu'aux domaines de rareté. Dans le cas limite (qui n'est qu'imaginaire) où tout serait surabondant, n'appliquer l'économie qu'aux domaines de la rareté conduirait effectivement à la suppression de l'économie. Et ça paraît logique, si tout le monde peut tout avoir sans effort, pourquoi restreindre l'accès aux biens ? Tout le monde serait perdant. Toute la difficulté est de vivre dans un monde composé à la fois de rareté et d'abondance. Et beaucoup tentent de restaurer la rareté uniquement pour faire fonctionner l'économie (quel paradoxe). Alors vient la licence globale, qui a l'immense avantage de respecter le principe, à savoir autoriser le partage de fichiers, tout en proposant une solution pour rémunérer les "créateurs". Mais comme le dit Christian Engström, ou Romain rivière, elle pose des problèmes. Pour ma part, je suis convaincu que le problème posé est un cas particulier d'un problème plus général, dont (au moins une partie de) la solution est le dividende universel. Ce monsieur n'a envoyé personne quand l'APRIL à appelé. Même Benjamin Lancar était la. Mais personne du MODEM . . .
Notons que j'ai été particulièrement impressionné par les connaissance de ces problématique par les verts et le front de gauche. Clairement, c'est vers eux qu'il faut se tourner si l'on veut que cela bouge sur ces questions. Le PS est embourbé dans ses positions, il y a des lutes internes intestines sur le sujet. L'UMP n'y comptons pas. Le FN est renseigné sur le sujet, mais c'est plutôt le reste du programme qui fait flipper. Bonjour,
Je n'ai pas spécialement d'avis sur la question traitée dans l'article, alors je ne blamerai pas Bayrou. Par contre je suis plutôt pour une license globale, et j'ai trouvé l'article du parti pirate très intéressant. Savez vous où je pourrai trouver d'autres articles pour/contre la license globale afin d'en apprendre un plus sur sa viabilité ? deadalnix, le 27/01/2012 - 10:53 Ce monsieur n'a envoyé personne quand l'APRIL à appelé. Même Benjamin Lancar était la. Mais personne du MODEM . . . Notons que j'ai été particulièrement impressionné par les connaissance de ces problématique par les verts et le front de gauche. Clairement, c'est vers eux qu'il faut se tourner si l'on veut que cela bouge sur ces questions. Le PS est embourbé dans ses positions, il y a des lutes internes intestines sur le sujet. L'UMP n'y comptons pas. Le FN est renseigné sur le sujet, mais c'est plutôt le reste du programme qui fait flipper. C'est sûr qu'on est franchement pas gâté pour les prochaines présidentielles ! Ce sera plus un vote de rejet qu'un vote d'adoption pour la grande majorité des français, à mon avis. rom1v, le 27/01/2012 - 10:31 Posons comme principe que le partage sans but de profit ne doit en aucune manière être restreint (je pense que sur ce point, vous êtes d'accord avec moi). Quelles sont les justifications pour ne pas accepter ce principe ? La seule justification est économique : permettre aux auteurs d'être rémunérés. Effectivement, une offre illimitée, accessible à tous (grâce au partage), et un coût marginal nul impliquent un prix nul. Il faudrait alors restaurer une certaine rareté afin de pouvoir vendre. Par ailleurs, l'objectif de l'économie, c'est de résoudre les problèmes de rareté. C'est là que la justification économique devient absurde : il s'agirait de restaurer une certaine rareté dans le but de résoudre un problème économique, alors même que le but de l'économie est de résoudre les problèmes de rareté. Ce serait lutter contre l'objectif afin de conserver ce contre quoi on lutte. En clair, l'économie ne peut pas être une justification en soi, en dernier ressort. Car l'économie ne s'applique qu'à la rareté. Tout ce qui est surabondant, non-rival, doit selon moi être hors-marché. Je ne dis bien sûr pas qu'il faut supprimer l'économie, je dis juste qu'elle ne s'applique qu'aux domaines de rareté. Dans le cas limite (qui n'est qu'imaginaire) où tout serait surabondant, en appliquant l'économie qu'aux domaines de la rareté conduirait effectivement à la suppression de l'économie. Et ça paraît logique, si tout le monde peut tout avoir sans effort, pourquoi restreindre l'accès aux biens ? Tout le monde serait perdant. Tout la difficulté est de vivre dans un monde composé à la fois de rareté et d'abondance. Et beaucoup tentent de restaurer la rareté uniquement pour faire fonctionner l'économie (quel paradoxe). Alors vient la licence globale, qui a l'immense avantage de respecter le principe, à savoir autoriser le partage de fichiers, tout en proposant une solution pour rémunérer les "créateurs". Mais comme le dit Christian Engström, ou Romain rivière, la licence globale pose des problèmes. Pour ma part, je suis convaincu que le problème posé est un cas particulier d'un problème plus général, dont (au moins une partie de) la solution est le dividende universel. sans être convaincu du réalisme de ta conclusion à court terme (mais dans quelques décennies, peut être), j'aime beaucoup la façon dont ton raisonnement est construit! Très bien résumé! Au moins, la bonne nouvelle, c'est que FB a de bonnes lectures ! Il connait le sujet et donc... s'il ne prend pas parti ou le mauvais... c'est en parfaite connaissance de cause !!!
Il faut rappeler que son opposition à HADOPI a tout de même été tiède. En gros, il a voté contre mais il a été absent de la quasi totalité des débats et n'a pas crié bien fort son opposition. Rien à voir avec quelques députés d'opposition qui se sont démenés sur le sujet. Quant à LOPPSI, inconnu dans son vocabulaire. Position inconnue aussi. Avec deux candidats UMPS qui soutiennent HADOPI, je crois qu'il perd une bonne occasion de se démarquer. Finalement, les politiques commencent à comprendre que la licence globale est une fausse bonne idée qui pose plus de problèmes qu'elle n'en résout.
On va peut-être pouvoir commencer à enterrer ce truc et réfléchir vraiment à ce que veulent les artistes, non ? Mais il faut aussi rappeler qu'aucune solution de téléchargement légal ne fonctionnera tant qu'on tolèrera de trouver la même chose en téléchargement illégal... Parce que des gens prêts à payer pour avoir la même chose que ce qu'ils peuvent avoir gratuitement, y en a pas des masses. zig, le 27/01/2012 - 12:03
Mais il faut aussi rappeler qu'aucune solution de téléchargement légal ne fonctionnera tant qu'on tolèrera de trouver la même chose en téléchargement illégal... Parce que des gens prêts à payer pour avoir la même chose que ce qu'ils peuvent avoir gratuitement, y en a pas des masses.Et aucune solution légale ne fonctionnera tant qu'elle ne proposera pas la même chose que le téléchargement illégal : des fichiers libres, facilement échangeables et exportables, sans des minutes obligatoires d'avertissements et menaces. Si le PP dit que la licence globale ce n'est pas la top, c'est plutôt pour que tous ces messieurs songent à la contribution créative.
Et pas pour créer d'autres taxes ou continuer à faire tourner l'hadopi à vide. François Bayrou pense vraiment que les "ayants droits" ils vont être gentils et vont proposer une consommation culturelle à un prix raisonnable, et qu'il ne feront rien pour couler la moindre plate forme qui tente de fonctionner selon un modèle économique adapté à internet ? Parce que des gens prêts à payer pour avoir la même chose que ce qu'ils peuvent avoir gratuitement, y en a pas des masses.
Il suffit de regarder le nombre d'entrées de cinéma par exemple On peut tout avoir gratuitement tu sais, à part les gros trucs c'est difficile à mettre sous le manteau... Ton raisonnement est bancale; c'est pas parce que X% prennent sur Internet une "oeuvre" sans la payer que ces X% l'auraient forcément acheté ou consommé(argument phare depuis des années mais bon). Quand je vois une VOD pour 24h d'un film de 2/3a a 5e voila quoi... C'est comme les vetements de marques, t'en as quelques uns qui les achetent, et les autres qui prennent des faux et pourtant il me semble pas que ce marché soit dans le rouge. On pourrait trouver des exemples partout sauf bien sur dans l'industrie culturelle qui s'arcboute sur ses rentes (la fameuse exception culturelle française Qui peut écouter et encore pire, voter pour ce bouffon cul-béni, qui ne réapparaît que pour faire son cinéma absurde avant chaque élection? 15% des inscrits? Avec les votants pour Hollande, et la racaille UMP, il n'y a vraiment rien à sauver dans ce pays.
VOTEZ MELENCHON. Mais il faut aussi rappeler qu'aucune solution de téléchargement légal ne fonctionnera tant qu'on tolèrera de trouver la même chose en téléchargement illégal... Parce que des gens prêts à payer pour avoir la même chose que ce qu'ils peuvent avoir gratuitement, y en a pas des masses. On vend bien de l'eau en bouteille pour 120 fois plus cher que l'eau du robinet... Pour moi le problème intrinsèque à son raisonnement, c'est que même si on met les fichiers à pas cher, même à 0.1 centimes d'euros, ça implique de mettre en place toute une infrastructure pour que le contenu de ce fichier (quelque soit le format) ne puisse pas se trouver sur le net pour 0.0 euros.
Et ça, c'est impossible, désormais. A moins de se la jouer à la chinoise, avec des coûts faramineux en contrôle réseau, coûts que toute la filière va devoir payer et qui n'ira pas aux artistes de toute façon. obcd, le 27/01/2012 - 14:14 Pour moi le problème intrinsèque à son raisonnement, c'est que même si on met les fichiers à pas cher, même à 0.1 centimes d'euros, ça implique de mettre en place toute une infrastructure pour que le contenu de ce fichier (quelque soit le format) ne puisse pas se trouver sur le net pour 0.0 euros. Et ça, c'est impossible, désormais. A moins de se la jouer à la chinoise, avec des coûts faramineux en contrôle réseau, coûts que toute la filière va devoir payer et qui n'ira pas aux artistes de toute façon. Pas sûr. Moi, je passe des heures à DL des films HD, à muxer dans un même mkv les bandes sons VO/VF et les sous-titres idem. Il faut aller chercher chaque élément dans des fichiers et souvent des sites différents, vérifier la qualité, souvent éditer les sous-titres, ... Je le fais parce que le produit final (format libre et de qualité) n'est disponible NULLE PART. Mais franchement, si je pouvais me procurer le même produit en format LIBRE à un prix raisonnable, je serais prêt à payer pour m'économiser des heures d'activité fastidieuse.
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