François Bayrou ne veut plus de la licence globale, et reprend à son compte l'argumentation développée par le Parti Pirate, qu'il juge pertinente. Le candidat du Mouvement Démocrate, qui s'était opposé à l'Hadopi, préfère le développement du "téléchargement légal pas cher", et ne promet plus l'abrogation de la riposte graduée.

Le président du Mouvement Démocrate, François Bayrou, était jeudi l’invité de La République du Mouv’, et s’est exprimé à cette occasion sur la position qu’il tiendra pendant la campagne sur la culture dans l’univers numérique. « J’ai voté contre Hadopi« , a-t-il rappelé, en laissant planer l’idée de la laisser en place. Le candidat centriste a changé d’avis sur ce qu’il fallait imposer comme autre modèle.

« J’étais à l’époque défenseur de la licence globale. La licence globale, ça veut dire qu’on demande à tous les internautes de contribuer, et puis on distribue cet argent. J’ai étudié de près si on pouvait le faire, ou pas, et j’ai notamment lu une étude très approfondie du Parti Pirate – le parti des internautes libertaires, qui disent que c’est impossible à faire« . Il semble évoquer la position détaillée par le député européen du Parti Pirate, Christian Engström, qui estime que la licence globale est « une non-solution à un non-problème« .

François Bayrou semble surtout s’inquiéter des possibilités pour des bénéficiaires de la rémunération tirée de la licence globale de tricher en faussant les compteurs de téléchargements. « J’ai trouvé leur argumentation très intéressante, parce qu’ils disent que si l’on doit distribuer l’argent de la licence globale, de ce prélèvement de 1 ou 2 euros par mois et par internaute français, il faut voir qui achète (sic) quoi. Mais à supposer que l’on sache qui achète quoi, il y a aujourd’hui des gens qui sont capables de mettre des miliers d’ordinateurs en réseau pour télécharger une chanson, par exemple, pour que l’argent du pot commun aille à un artiste ou à un autre. Et le Parti Pirate, et c’est pas des anti-libertés sur Internet, conclue que la licence globale c’est impossible à faire.« 

« C’est un débat intéressant. Je pense que ce qui libèrera la situation, c’est le téléchargement légal pas cher, donc faciliter les plateformes comme Deezer par exemple. Ce sont des plateformes de téléchargement légal, et il faire en sorte que le prix soit (plus faible), par exemple 1 euro par chanson c’est trop, et c’est ça qui entraîne le téléchargement illégal« 

« Quand vous êtes un détenteur de droits, il vaut bien mieux avoir cinq téléchargements à 20 centimes qui se reproduiront qu’un téléchargement à un euro qui est trop cher« .

Enfin, François Bayrou n’affirme plus clairement qu’il veut supprimer Hadopi. Interrogé sur son abrogation, il répond qu’il faut « discuter de Hadopi« , et nuance son opposition à la riposte graduée. « J’ai voté contre l’état actuel des choses, je préfère Hadopi 2 à Hadopi 1, parce qu’avec Hadopi 1 il n’y avait pas d’intervention du juge, et je pense que l’intervention du juge est très très bien« . Mais il termine en citant le nombre de convocations d’abonnés à l’Hadopi (une centaine), comme pour expliquer que finalement, la riposte graduée n’est pas si terrible. Sur ce point, le candidat du MoDem n’a pas dû s’inspirer du Parti Pirate…

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