Le fondateur des sites MegaUpload et MegaVideo estime que parce qu'il permet aux internautes de découvrir les contenus piratés hébergés, Google est davantage responsable du piratage que ses propres services d'hébergement de contenus.

L’affaire de la MegaSong censurée par Universal a fait sortir du bois Kim Schmidtz (dit « Kim Dotcom »), le fondateur controversé de l’empire Mega, qui compte notamment les célèbres sites MegaUpload et MegaVideo. Alors qu’il ne s’exprime jamais dans les médias, cet ancien hacker allemand qui réside désormais en Nouvelle-Zélande a livré sa version de l’histoire à TorrentFreak, dans une longue tribune traduite en français par Korben.

Il y raconte « ses erreurs de jeunesse », la pression médiatique qui l’a poussé à fonder son entreprise à Honk Kong, et sa détestation des grandes maisons de disques, en particulier Universal Music Group (UMG). « Certaines maisons de disques sont dirigées par des dinosaures arrogants et dépassés qui sont en charge depuis 1000 ans. Ces types pensent que l’iPad est de la poudre aux yeux, qu’Internet est le diable, et que les téléphones à fil sont toujours à la mode« , juge-t-il. « Ils sont en déni par rapport aux nouvelles réalités et aux nouvelles opportunités. Ils ne comprennent pas que l’époque de l’escroquerie est révolue. Les artistes sont plus que jamais au courant de la façon dont ils se font arnaquer et dont les grandes maisons de disques ne se préoccupent que d’elles-mêmes« .

Il y raconte, surtout, la pression mise sur les artistes qui ont collaboré à la MegaSong. « UMG a appelé tous les artistes qui nous ont soutenus pour leur dire qu’ils soutenaient le piratage. Qu’ils travaillaient avec un criminel. Qu’ils perdaient de l’argent à cause de nous. Ils essaient de forcer les artistes à faire des déclarations allant à l’encontre de leur soutien et leur accord« , assure-t-il.

Mais ce passage est peut-être le plus surprenant. Il montre en effet que Kim Schmiditz est prêt à rendre Google responsable de la popularité de son service d’hébergement de fichiers :

Quand l’un des plus grands artistes à soutenir Mega reçut une lettre du directeur général de la RIAA avec des liens actifs de téléchargement sur Megaupload qui contenaient sa musique, ce fut un choc dans un premier temps. Mais dans cette même lettre, il était décrit comment ces liens avaient été trouvés par une recherche Google. Chercher des noises à Mega alors que nous ne fournissons même pas un moteur de recherche sur Megaupload ? C’est bizarre. Et en même temps, on trouve le plus vaste index de piratage au monde sur Google et sur la plupart des autres moteurs de recherche. Mais allons, ces types ne sont pas des voyous. Ils sont juste riches.

Si Schmiditz voulait encourager Google à poursuivre sa politique de censure de certains sites d’hébergement et de streaming, il ne s’y prendrait pas autrement. Depuis déjà un an, Google censure MegaUpload sur les recherches affichées automatiquement dans Google Instant. Mais le site lui-même est toujours visible lorsque l’utilisateur force la recherche en cliquant sur la bouton « rechercher », et surtout les blogs et autres sites qui parlent des contenus indexés sur MegaUpload et MegaVideo sont toujours visibles. Or Google a commencé à éliminer ces sites-là sans attendre de jugement, à l’instar des sites Allostreaming qui ont disparu de l’index du moteur de recherche.

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