Deux sénateurs américains ont demandé à la Federal Trade Commission de se pencher sur les pratiques de Google, afin de déterminer si l'entreprise ne préviligie pas ses produits et services au détriment de ceux fournis par la concurrence. Derrière cette demande se cache l'enjeu de la neutralité des moteurs de recherche, lorsqu'ils se font aussi éditeurs de contenus.

Les explications d’Eric Schmidt lors de son audition devant la commission sénatoriale américaine chargée des questions de concurrence n’ont manifestement pas été suffisantes. Alors que le directeur exécutif de Google a été entendu en septembre dernier par les sénateurs pour répondre des accusations régulières dont fait l’objet le moteur de recherche, deux sénateurs souhaitent impliquer davantage la FTC.

Dans un communiqué de presse diffusé hier, les sénateurs Herb Kohl et Michael Shumway Lee annoncent avoir écrit (.pdf) au président de la Federal Trade Commission, Jon Leibowitz. Ils lui demandent de se pencher sur les pratiques du moteur de recherche, afin de vérifier s’il n’avantage pas ses propres contenus et services au détriment de ceux fournis par la concurrence.

« Nous croyons que les allégations portant sur les pratiques du moteur de recherche Google soulèvent d’importants enjeux de concurrence. Nous nous sommes engagés à ce que les consommateurs bénéficient d’une concurrence forte dans la recherche en ligne et qu’Internet reste le lieu de l’innovation » écrivent-ils. Et la FTC est l’agence fédérale idéale pour ce type de dossier.

« Nous exhortons la Federal Trade Commission d’enquêter sur les problèmes soulevés lors de l’audition de la sous-commission afin de déterminer si les agissements de Google violent les lois anti-concurrentielles ou portent substantiellement préjudice aux consommateurs ou à la concurrence dans ce secteur » poursuivent les deux parlementaires.

La FTC, qui a déjà eu l’occasion de s’intéresser aux activités du géant du web, devra inévitablement se pencher sur le secret qui entoure l’algorithme de recherche utilisé par Google pour traiter les requêtes des internautes. C’est un sujet essentiel, car cela fait bien longtemps que la firme de Mountain View ne se contente plus de collecter et hiérarchiser toute l’information disponible sur le web.

La firme américaine a profondément évolué ces dernières années. Elle propose désormais de nombreux services et produits entrant en concurrence directes avec ceux de nombreuses sociétés. En position de force dans la recherche en Amérique du Nord et en Europe, Google pourrait être tenté de se donner un coup de pouce pour gagner en visibilité et favoriser l’utilisation d’un service ou l’achat d’un produit.

Par exemple, Google a en effet plutôt intérêt à favoriser YouTube que Dailymotion ou Vimeo lors d’une recherche vidéo. Même chose pour la téléphonie mobile (Android), la navigation web (Chrome), la cartographie (Maps), les réseaux sociaux (Google+) ou encore la publicité (Ads). Il ne serait donc pas vraiment surprenant que Google privilégie ses contenus plutôt que ceux des autres.

Dernièrement, c’est la mise à jour de l’algorithme de recherche qui a ravivé certaines interrogations. Il a été constaté une forte évolution dans le secteur des comparateurs de prix. Le référencement de ces plates-formes a été fortement revu et, dans le même temps, celui de Google, baptisé Shopping, s’est retrouvé en quelques mois en tête du classement.

Faudra-t-il un jour découper Google ?

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