Les taxes trop élevées freinent le marché du livre numérique en Europe

Simon Robic - publié le Vendredi 02 Décembre 2011 à 11h57 - posté dans Société 2.0

Les différences de TVA entre livres physiques et livres numériques plomberaient les ventes de ces derniers. Une situation de plus en plus compliquée à justifier pour la Commission européenne qui dit plancher sur la question. mais ces changements pourraient faire perdre de belles recettes fiscales à certains pays, qui comptent sur ces rentrées d'argent en période de crise.

Le marché européen du livre électronique est encore bien inférieur au marché américain. Outre l'habituelle avance d'usage outre-atlantique, les taxes du vieux continent pourraient également y être pour quelque chose.

En effet, le New York Times publie un article expliquant que l'Europe n'a pas unifié les taxes des livres papiers à celles des livres électroniques. Les e-books ont un taux de TVA classique, pouvant aller jusqu'à 25% en Suède, au Danemark ou en Hongrie alors que les livres imprimés, eux, bénéficient de TVA réduites, voire nulles comme en Grande Bretagne. Leur prix est donc mécaniquement et proportionnellement plus élevé que leurs versions physiques.

Aux Etats-Unis, les taxes sur les e-books n'existent que si le vendeur possède une boutique physique dans l'Etat de l'acheteur. Ces taxes vont de 1% à 10% et certains Etats, comme celui de New York, les suppriment totalement. En 2010, le marché a représenté 878 millions de dollars (environ 650 millions d'euros) et 6,4% de la totalité des ventes de livres, tous supports condonfus.

La Fédération Européenne des Editeurs estime, néanmoins, que les ventes d'e-books atteindront les 350 millions d'euros cette année. Une goutte d'eau comparé aux 23,5 milliards d'euros qu'ont représenté les ventes de livres imprimés en 2010, même si ce chiffre a baissé de 2% par rapport à 2007.

La crise économique actuelle est un frein à cette baisse de TVA. Pas étonnant lorsque l'on sait que cette taxe peut représenter jusqu'à 22% des revenus de certains pays européens, d'après les données de la Commission européenne.

En France, les livres numériques sont taxés à 19,6%, contre 5,5% pour les livres physiques. Mais cela changera au 1er janvier 2012, date à laquelle la France deviendra le premier pays européen à défier l'interdiction de Bruxelles d'appliquer des taux réduits sur les livres numériques. Cette modification survient après l'application, en novembre dernier, de la loi sur le prix unique du livre numérique. Les e-books étant considérés, en Europe, comme des services, cette baisse est normalement illégale.

Mais tout n'est pas perdu. Une nouvelle liste des biens et services qui pourront bénéficier de réductions de TVA devrait bientôt voir le jour. De plus, le Parlement européen a adopté une résolution invitant à réduire la TVA sur les livres électroniques. Enfin, Neelie Kroes, commissaire européenne en charge de la société numérique, a expliqué à Avignon le mois dernier ne pas comprendre pourquoi les livres électroniques n'étaient pas taxés au même taux que les livres physiques. "La loi européenne rend cette réduction de TVA illégale. Pas déconseillée : illégale. Personnellement, je trouve ça très compliqué à justifier". La situation pourrait donc évoluer dans les prochains mois.

Mais cette baisse pourrait ne pas être ressentie par tous les clients. En effet, le droit européen dispose que la taxe est dépendante du pays du vendeur, et non de l'acheteur. Ainsi, un français qui bénéficiera, normalement, d'une TVA à 5,5% paiera 20% s'il achète son livre en Italie. Des pays comme le Luxembourg, dont l'activité d'édition est forte, rechignent donc à modifier cette règle qui leur ferait perdre beaucoup de recettes fiscales. Ils ont pourtant profité longtemps de ce système, en accueillant les achats des clients étrangers qui cherchaient à payer leurs e-books moins chers.

Publié par Simon Robic, le 2 Décembre 2011 à 11h57
 
 
16
Commentaires à propos de «Les taxes trop élevées freinent le marché du livre numérique en Europe»
 
Réaction au titre : "sans rire????????"
Et j'ajouterai encore au titre: "et favorisent le développement du piratage".
"Leur prix est donc mécaniquement et proportionnellement plus élevé que leurs versions physiques."

Faux. Il faut réduire du cout d'un libre HT le prix du papier, de l'imprimeur, et du stockage. Il faut par contre ajouter le prix des magasins de ventes en ligne (stockage + front-end) et parfois le prix du DRM.
Du coup, je pense que le prix du livre numérique HT est bien moins cher que le livre physique. Et donc si au final le prix est plus cher pour l'acheteur, c'est qu'il y a une grosse marge qui s'est ajouté quelque part.
mais ces changements pourraient faire perdre de belles recettes fiscales à certains pays, qui comptent sur ces rentrées d'argent en période de crise.

La Fédération Européenne des Editeurs estime, néanmoins, que les ventes d'e-books atteindront les 350 millions d'euros cette année

Avec une TVA à 20%, cela fait 70 millions d'euros de recette fiscale sur l'ensemble des 27 pays européens. On ne peut pas dire que c'est une "belle" recette fiscale.
Fuli, le 02/12/2011 - 12:16
"Leur prix est donc mécaniquement et proportionnellement plus élevé que leurs versions physiques."

Faux. Il faut réduire du cout d'un libre HT le prix du papier, de l'imprimeur, et du stockage. Il faut par contre ajouter le prix des magasins de ventes en ligne (stockage + front-end) et parfois le prix du DRM.
Du coup, je pense que le prix du livre numérique HT est bien moins cher que le livre physique. Et donc si au final le prix est plus cher pour l'acheteur, c'est qu'il y a une grosse marge qui s'est ajouté quelque part.

Exact : "proportionnellement" est de trop.

Le premier ebook créé coute. Tous les copies qui en seront faites ont un cout avoisinant le zero. Donc une marge avoisinant le 100%.
Contairement au livre physique qui, "mecaniquement", et "proportionnellement" à la quantité, ont un cout loin du nul.
Le premier ebook créé coute. Tous les copies qui en seront faites ont un cout avoisinant le zero. Donc une marge avoisinant le 100%.
Contairement au livre physique qui, "mecaniquement", et "proportionnellement" à la quantité, ont un cout loin du nul.

Sur un livre "papier" de 10€ :
- l'auteur touche 1€
- l'éditeur 1,50€ (création éditoriale, relecture, correction, mise en forme, maquettage, marketing, promotion commerciale, service de presse, vente de droits étrangers et de droits audiovisuels et frais de structure)
- l'imprimeur 1,50 € (pré-presse, achat du papier et impression)
- le diffuseur et le distributeur perçoivent 1,70 €
- le libraire perçoit 3,80 €.
- l'Etat récolte 0,50 € de TVA.

Donc sur un livre numérique, tu peux enlever 1,50€ d'impression et tu peux diviser par 2 ou 3 la part du libraire (la location d'un serveur coûte moins cher que la location d'une boutique avec un stock et nécessite moins de personnel).
Donc grosso modo, tu peux enlever 3 à 4 €. Mais on est loin du coût nul.

A noter que c'est l'éditeur prend l'essentiel du risque financier. Que le livre se vende bien ou presque pas, l'imprimeur sera payé pour les 1000 exemplaires commandés ; le libraire de Pézenas qui en a commandé 5 et qui en a vendu 2 touchera sa marge sur les 2 vendus et renverra les invendus à l'éditeur ; l'auteur sera payé sur les 100 exemplaires vendus dans toute la France et l'état percevra sa TVA sur les exemplaires vendus. Mais l'éditeur commencera à faire des bénéfices que lorsque le livre se sera vendu à environ 500 à 600 exemplaires. S'il est en dessous de ce seuil, alors il sera le seul à perdre de l'argent.
On nous vend le progrès dans des bouquins édités par des moldus qui en ont une peur bleue.
Grosse plus value le Ebook ... Ou devrais je dire "couilles en or" pour l'éditeur et la filière.
Perso je n'acheterais jamais un livre numérique au dessus de 20% du prix papier.
Au dessus je préfère le papier rangé dans ma bibli ^^
Donc pour le moment .... je m'arrange ;)
a-t-on une idée du prix moyen d'un livre informatisé (payant)?
ah , la bibliothèque , c'est du tout bon et chez moi , elle est gratuite
Un livre numérique ne devrait pas être vendu plus de 5 euros.
2 euros pour l'auteur et le reste pour le distributeur (voire l'éditeur).
Quand on voit un ebook à 15 euros pour une version imprimée à 20 euros, c'est toute simplement du méga-profit, du vol.
Si les éditeurs ne veulent pas les vendre au vrai prix, c'est parce que les ventes papier chuteraient fortement.
5 euros contre 20, les lecteurs trouveraient là une bonne raison pour se lancer enfin dans le numérique.
En attendant, les grands gagnants sont les auteurs non médiatisés qui vendent en direct, par exemple sur Amazon, au vrai prix.

Pour l'avenir, une fois que tous les ebooks seront enfin proposés autour des 5 euros, seul le livre de poche survivra.
Donc, une Tva élevée n'y est pas pour grand chose dans le prix soutenu de certains ebooks...
Le premier ebook créé coute. Tous les copies qui en seront faites ont un cout avoisinant le zero. Donc une marge avoisinant le 100%.
Contairement au livre physique qui, "mecaniquement", et "proportionnellement" à la quantité, ont un cout loin du nul.

Sur un livre "papier" de 10€ :
- l'auteur touche 1€
- l'éditeur 1,50€ (création éditoriale, relecture, correction, mise en forme, maquettage, marketing, promotion commerciale, service de presse, vente de droits étrangers et de droits audiovisuels et frais de structure)
- l'imprimeur 1,50 € (pré-presse, achat du papier et impression)
- le diffuseur et le distributeur perçoivent 1,70 €
- le libraire perçoit 3,80 €.
- l'Etat récolte 0,50 € de TVA.

Donc sur un livre numérique, tu peux enlever 1,50€ d'impression et tu peux diviser par 2 ou 3 la part du libraire (la location d'un serveur coûte moins cher que la location d'une boutique avec un stock et nécessite moins de personnel).
Donc grosso modo, tu peux enlever 3 à 4 €. Mais on est loin du coût nul.

A noter que c'est l'éditeur prend l'essentiel du risque financier. Que le livre se vende bien ou presque pas, l'imprimeur sera payé pour les 1000 exemplaires commandés ; le libraire de Pézenas qui en a commandé 5 et qui en a vendu 2 touchera sa marge sur les 2 vendus et renverra les invendus à l'éditeur ; l'auteur sera payé sur les 100 exemplaires vendus dans toute la France et l'état percevra sa TVA sur les exemplaires vendus. Mais l'éditeur commencera à faire des bénéfices que lorsque le livre se sera vendu à environ 500 à 600 exemplaires. S'il est en dessous de ce seuil, alors il sera le seul à perdre de l'argent.

Quelles sont tes sources pour avancer cette répartition ?

Pourquoi avoir un diffuseur + un distributeur + un libraire dans le cas d'un livre numérique ? En dehors de la plateforme de vente en ligne, à quoi sert le reste.

Si je prends tes chiffres et que je suis ton raisonnement de prix unitaire de copie de fichiers (sic): 1€ pour l'auteur + 1,5€ pour l'éditeur + 1,5€ pour la librairie en ligne + 0,5€ de TVA soit une version numérique à 4,5€ pour un livre à 10 € en version papier. 55% de différence entre la version papier et la version numérique : c'est loin d'être le cas aujourd'hui.

Enfin je n'ai pas compris l'explication du risque de l'éditeur sur une version numérique. Ton explication ne fonctionne que pour un support physique. Avec des fichiers l'éditeur envoi un fichier au site de vente en ligne qui vend le fichier et reverse une partie du prix de vente, c'est tout. Pas de seuil de rentabilité, pas de nombre minimum d'exemplaire à vendre pas de livres à renvoyer.

Après ce que tu voudrais peut être c'est que l'éditeur gagne à tous les coups. Oui il prend un risque en éditant un livre, en faisant faire des corrections, de la promotion, etc. mais c'est son métier c'est d'ailleurs pour cela que n'ayant pourtant rien écrit il touche plus que l'auteur, personne ne dois le plaindre si c'est un mauvais éditeur et qu'il dépense son argent pour vendre quelque chose qui ne se vend pas.
C'est risible parce que les éditeurs papier sont en train de reproduire la même ânerie que les éditeurs musique qui voulaient vendre l'édition téléchargeable au prix du cd matériel..
On connait la suite.. :redcard:
moi ce que je vois c'est tous les maillons qui disparaissent avec la version numérique..
Papetier
Imprimeur
Stockage
Transporteur
Libraire.... et peut etre etc :biggrinthumb:

et l'on voudrait me faire croire que cela ne diminuerait généreusement le prix que de 30% :mdr:
Ce que je remarque surtout c'est que l'offre des Livres nuleriques américains est bien plus large, et bien moins chère.
Et tout cela taxes ou pas, revient au choix de l'éditeur de proposer ses ouvrages a un prix décent.

Et dans l'offre française, à part publie.net et Bragelonne, je ne vois oas grand'monde qui joue le jeu.

Indexer le prix des ebooks sur les versions reliées a 20-25 euros est d'une stupidité sans nom.

Un exemple ? Life, sur la vie de Keith Richards.
Prix de la version papier (brochée) en france : 22,90 €
Prix de la version electronique en France : 14,99 €

Prix de la version electronique en VO : 5,99 €

Alors, je suis censé en penser quoi ?
Pourquoi un livre numérique devrait coûter plus cher qu'un livre de Poche ???
5 euros maxi pour un ebook, c'est le vrai prix.
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