Publié par Julien L., le Samedi 19 Novembre 2011

L'Hadopi n'est plus une priorité pour l'industrie du livre

Le Syndicat national du livre (SNE) a évacué pour le moment l'idée de faire appel à l'Hadopi pour lutter contre le piratage des livres électroniques, estimant que ce problème n'est pas encore très développé dans ce secteur. Le SNE réfléchit néanmoins à d'autres solutions, comme le tatouage numérique ou l'automatisation des notifications adressées aux sites pirates.

La riposte graduée contre le piratage des livres numériques attendra. Le Syndicat national de l'édition (SNE) a indiqué au début du mois de novembre qu'il ne comptait finalement pas faire aux services de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet. Pour le moment, cette solution est écartée car le piratage des livres "ne se pose pas vraiment encore" en France, selon le SNE.

"Nous avons mis le dossier Hadopi de côté car la question du piratage de livres numériques en France ne se pose pas vraiment encore. Le marché du livre numérique online, c'est-à-dire hors ouvrages sur CD-Rom, ne représente pas encore grand-chose - environ 1 % - sur le marché français" a expliqué la déléguée générale de la SNE, Christine de Mazières. Il n'y a donc aucune urgence à appliquer la riposte graduée, au regard des investissements nécessaires.

"Pour les éditeurs, ce n'est pas la priorité du moment. Développer leur présence sur les liseuses et tablettes qui arrivent sur le marché français les occupent plus actuellement". a-t-elle ajouté. Avant de prendre la décision d'écarter tout recours à l'Hadopi, le Syndicat national de l'édition avait pourtant passé en revue trois prestataires techniques : Trident Media Guard (TMG), Attributor (une société américaine) et Hologram Industries.

Le fait que l'Hadopi ne soit plus une priorité ne signifie pas pour autant que le Syndicat natinal de l'édition abandonne la lutte contre le piratage. Comme le rappelle la lettre professionnelle Edition Multimédi@ dans son dernier numéro, le SNE envisage différentes solutions pour contenir le piratage des livres électroniques et éviter de répéter les erreurs de l'industrie de la musique.

Le SNE songe notamment aux marquages des œuvres par un système de tatouage. Plusieurs entreprises proposent une prestation de ce type, comme Trident Media Guard (Civolution), Advestigo ou Audible Magic. L'industrie du livre a également en tête une solution technique qui permettrait une "procédure automatisée de notification et retrait des contenus illicites".

Afin de constituer une "liste qui permettra par recoupement d'identifier les sites et réseaux les plus actifs dans le domaine du piratage de livres", le SNE a demandé aux éditeurs de participer à la surveillance des sites proposant illégalement des œuvres protégées. Le SNE pourra ensuite adresser automatiquement des demandes de suppression dès lors qu'un livre protégé fera son apparition.

Rappelons cependant qu'un arrêt de la Cour de cassation rendu en début d'année limite considérablement la portée de cette mesure. Il est désormais beaucoup plus compliqué d'automatiser ces requêtes, sauf si la plate-forme en question est prête à collaborer.

Au nom du principe de subsidiarité, les juges ont considéré que ces demandes n'étaient valables que si les ayants droit prouvent pour chaque contenu qu'ils ont d'abord essayé de contacter la personne qui a fait héberger le fichier et qu'ils n'y sont pas parvenus.

Publié par Julien L., le 19 Novembre 2011 à 09h41
 
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Commentaires à propos de «L'Hadopi n'est plus une priorité pour l'industrie du livre»
Inscrit le 16/03/2009
863 messages publiés
Dans tout les cas, que ce soit pour la musique, les films, les jeux vidéo ou les livres, la sanction est toujours totalement disproportionnée par rapport à la gravité des faits reprochés.

Je viens d'acheter différents livres, pour une moyenne de 6€ par livre. Si j'en télécharge un, que je me fais prendre, et que l'on me coupe internet, la sanction vaut-elle vraiment le "préjudice" (inexistant) que j'aurais soi-disant causé?

Je crois qu'il est d'actualité de posséder un maximum d'oeuvres culturelles, avant que celles-ci ne soient surprotégées et rendues inaccessible. Et quelle que soit la forme, peu importe que vous les ayez acheté ou non, il faut les posséder.

Georges Orwell et Aldous Huxley n'auraient probablement jamais cru que la société deviendrait comme ils le craignaient.
Inscrit le 30/03/2010
1084 messages publiés
Et sinon, le papier, c'est bien. Pas besoin de téléphoner a l'éditeur pour savoir si j'ai toujours le droit de le lire, ou si je peux le préter. Et je peux meme le revendre ensuite !
Inscrit le 04/09/2002
2793 messages publiés
ils peuvent faire ce qu'ils veulent, c'est peine perdue, d'autant qu'un livre informatisé se télécharge en un quart de secondes du fait qu'il prend 3 fois rien comme espace disque.
Inscrit le 22/12/2009
466 messages publiés
Mais quand remettront ils en question la légitimité des bibliotèques municipales???
Ah là là... y a du relachement, c'est mou tout ça!!!
[message édité par laclape le 19/11/2011 à 22:52 ]
Inscrit le 02/04/2011
113 messages publiés
Ben c'est simple... Puisqu'on condamne le citoyen alors qu'il contribue à maintenir ces industries à flots par des subventions, il n'a qu'à exiger un droit de consultation individuel (basé sur le prix en sortie d'usine d'un livre vu qu'on finance la création artistique et pas les bénéfices des auteurs ou des maisons d'éditions) accumulable d'une année sur l'autre si non utilisé à hauteur de ce qu'on "offre" à ces industries... Comme ça tout le monde est content...
Inscrit le 20/09/2009
6367 messages publiés
Dire que la HADOPI n'est plus une priorité, c'est une façon très diplomatique de dire que c'est un PUR FAIL qui ne sert à rien mais qui est cher pour les contribuables et surtout pour les ayant-droits (qui financent TMG).

Contrairement à leurs collègues qui vendent des contenus audio et vidéo, les gens du SNE savent lire, et donc ils ont les moyens de ce rendre compte que non seulement HADOPI ne marche pas, mais en plus c'est contre-productif.

Par contre, il est urgent pour les éditeurs de revoir leur politique de prix et de restrictions (DRM) sur les livres numériques. Il serait dommage pour eux que les utilisateurs de tablettes et de liseuses prennent l'habitude des contrefaçons qui sont beaucoup plus pratiques à télécharger et utiliser, et où la qualité est supérieure:
http://www.numerama....ar-des-pirates/
Inscrit le 31/10/2008
461 messages publiés
C'est quand même un peu un camouflet pour l'Hadopi. Ils ont étudié la question et puis finalement ils ne feront pas appel a cette autorité pour les protéger du piratage ...
Inscrit le 20/09/2009
6367 messages publiés
RilaX, le 21/11/2011 - 09:26

C'est quand même un peu un camouflet pour l'Hadopi. Ils ont étudié la question et puis finalement ils ne feront pas appel a cette autorité pour les protéger du piratage ...


Protéger du piratage ? La spécialité de la HADOPI c'est le spam. Donc si tu veux faire du spam, là tu peux faire appel à la HADOPI.

Est-ce que moi je fais appel à Numerama pour ma lessive ?
Inscrit le 12/02/2011
192 messages publiés
Les éditeurs d'enregistrements sonores ont eu depuis plusieurs décennies la stratégie commerciale qui consiste à vendre aux gros distributeurs (grandes surfaces, Virgin, Fnac, Amazon, iTunes) plutôt que de vendre aux petits distributeurs (disquaires de quartier, petites sites marchands).

Les éditeurs de presse et de littératures ont l'habitude de s'adresser à de petits distributeurs très divers. Et je pense que la répression industrielle Hadopi n'est pas leur arme préférée contre le piratage.

Les lecteurs sont peut-être plus des passionné que les auditeurs de musique "pop" et autres musiques à succès.
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