Ni décolleté ni lien vers des sites pornos commerciaux sur Google+

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 10 Novembre 2011 à 12h41 - posté dans Société 2.0

Le règlement de Google+ interdit les photos de profil jugées trop suggestives, et la publication de contenus pornographiques. Il interdit également les liens vers les sites pornographiques, mais uniquement les sites commerciaux.

Où Google place-t-il le curseur entre la liberté des utilisateurs et la protection d'une certaine bienséance ? On le sait, Apple est extrêmement strict et a plusieurs fois démontré sa volonté d'être le garant de la morale chrétienne sur ses produits, en désignant même Google comme le lieu du porno. La firme de Mountain View a montré une certaine souplesse en la matière, ne pipant mot sur la création d'un Porn Store pour Android, ou sur l'arrivée d'un service pour adultes sur Google TV. Mais sur Google+, le géant américain entend faire respecter davantage la morale publique.

Il prévient ainsi sur son règlement "relatif au contenu et au comportement de l'utilisateur" qu'il est interdit d'utiliser Google+ pour se livrer à des activités illégales, inciter à la haine, diffuser des contenus pédophiles, proposer des jeux d'argent, ou encore... "publier des contenus présentant des scènes de nudité, des contenus à caractère pornographique ou sexuellement explicites". Y compris, donc, lorsque le message est destiné à un cercle privé d'amis, et n'est rendu public. Faute de précision contraire, le réglement s'applique à tous les contenus diffusés via Google+, qu'ils soient publiés pour être visibles par tous les internautes ou uniquement par un nombre limité de contacts.

De façon plus logique, puisqu'elles sont publiques en toutes circonstances, Google interdit également d'utiliser une photo de profil trop suggestive. "La photo de votre profil ne doit comporter aucun contenu choquant ou réservé aux adultes. Par exemple, n'utilisez pas de photos représentant en gros plan les fesses d'une personne ou le décolleté d'une femme", prévient-il. Probablement l'utilisateur de Facebook qui s'est fait bannir pour avoir utilisé L'origine du monde de Courbet comme photo de profil serait-il également exclu par Google. Sauf que Google prévient en préambule que l'ensemble de son réglement "peut faire l'objet d'exceptions motivées par des considérations artistiques, éducatives ou documentaires", appréciées au cas par cas.

Plus étrange,  voire incompréhensible, le réglement interdit "de rediriger l'utilisateur vers des sites de pornographie commerciale". Pourquoi préciser "commerciale" ? Est-elle plus choquante que la gentille pornographie publiée par des amateurs bénévoles ? Par ailleurs le simple fait de publier un lien vers un site pornographique est susceptible d'être sanctionné par Google, quand bien même le lien serait-il entouré de toutes les précautions oratoires, ou là encore réservé à un cercle d'amis. La pornographie est pourtant, qu'on le veuille ou non, une activité humaine ancestrale qu'il sera difficile d'exclure de réseaux sociaux.

Il est d'ailleurs amusant de constater que des sites pornographiques commerciaux parmi les plus connus utilisent le fameux bouton +1 que Google espère imposer à tous les éditeurs. Le simple fait de cliquer sur ce bouton pourrait, théoriquement, faire risquer à l'internaute une exclusion...

Publié par Guillaume Champeau, le 10 Novembre 2011 à 12h41
 
 
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Commentaires à propos de «Ni décolleté ni lien vers des sites pornos commerciaux sur Google+»
 
Mais...mais que...mais non !
Sinon, le floutage est pas un peu léger sur la photo qui est quand même assez...parlante ?

EDIT: je parlais de la partie basse de l'image, avec laquelle on peut deviner pas mal de choses... :rire: Sans vouloir jouer les censeurs/vierges effarouchées. Un bis3 en vue ? :biggrinthumb:
Bientôt on nous dira quoi penser.
Je vois une fille vue d'en haut qui à l'air contente...
Guillaume > berk, c'est quoi ce flou.. déjà entendu parler du bubbling ? :)
exemple:
http://a10.idata.ove...s/bubbling1.png

Pourquoi faire du pr0n quand le cerveau s'occupe de tout ^^
Bref: cachez-moi ces parties du corps humain que je ne saurais voir !
TotoRhino, le 10/11/2011 - 13:46
C'est quoi Google+ ? :siffle:
c'est quoi Google ? :siffle: :siffle:
Google+ et Facebook, après Apple, estiment pouvoir contrôler les contenus de leurs utilisateurs et en bannir les choses qui seraient "immorales".

Outre le fait que je suis toujours plié de rire lorsqu'une entreprise prétend avoir une morale, je souligne simplement une chose : exactement comme un gouvernement qui prendrait prétexte de la pédopornographie pour instaurer des mesures de filtrage potentiellement extensives et liberticides (on se demande vraiment quel gouvernement ferait une chose pareille...), il n'est pas étonnant de voir ces entreprises instaurer une censure interne fondée sur la prohibition de contenus "choquants".

Le problème, c'est qu'en permettant ce genre de précédent, on ouvre la porte à une extension du périmètre des contenus "indésirables". Et dans ce contexte, autant une extension de la loi est, en principe (seulement), contrôlée par les citoyens, et bénéficie donc d'une légitimité issue d'un "consensus", en revanche les censures d'entreprises privées ne sont pas contrôlables a priori. Ce n'est qu'en attaquant ces entreprises qu'on peut faire prévaloir l'ordre public et la liberté d'expression sur les règles contractuelles qu'elles veulent imposer.

Le problème, c'est donc l'arbitraire. L'arbitraire de Facebook qui censure l'Origine du Monde. L'arbitraire d'Apple qui interdit de façon hypocrite les applications à caractère cul. L'arbitraire de Google qui interdit les décolletés. Ok très bien, mais quid lorsque Facebook ou Google+ estimeront pouvoir interdire tel ou tel contenu ? Comme une page vantant les Anonymous ou Wikileaks, par hasard. Ou une page dont le contenu consiste à dénoncer les pratiques de ces entreprises contraires à la loi ou à la protection de la vie privée ? Comme Facebook supprimant la reproduction de la une de Charlie Hebdo ?

On en revient toujours à la même conclusion : quand des entreprises comme Google ou Facefuck atteignent une taille critique et deviennent incontournables, alors la collectivité doit imposer à ces entreprises des règles complémentaires pour empêcher qu'un intérêt privé façonne, influence ou censure l'espace public.
Une petite pensée pour Guillaume qui a été forcé de trouver un site "fort explicite" comportant un bouton "+1"... C'est dur la vie de journaliste :D
CrazyCat, le 10/11/2011 - 14:51
Une petite pensée pour Guillaume qui a été forcé de trouver un site "fort explicite" comportant un bouton "+1"... C'est dur la vie de journaliste :D

Un sacerdoce :o
Le pauvre en effet, il a surement dû autoriser tous les scripts/pubs et voir apparaître popups et téléchargements de virus en plus du bouton "+1"

d'ailleurs kinky-carole n'a heureusement pour elle pas de succès sur google+ (compteur à 0)
Come pour tout, s'il n'y avait pas autant de cons qui se précipitaient sur fessebouc et google+... Le problème c'est que ça vote en plus.
Mettre un lien vers un site porno (ou considéré comme tel par Google) sur son site peut aussi coûter très cher en termes de pénalité, et valoir par exemple un bannissement à vie et sans préavis d'Adsense...
"Replay video"
...
>=D
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