Il y a toujours quelque chose de magique à voir des images s’animer sur un écran. Vingt-quatre images par seconde pour rêver, frissonner, rire et pleurer. Et on ne le répétera jamais assez : l’art n’a pas de date de péremption. Ainsi, vous pouvez ressentir la magie d’un film sorti récemment autant qu’avec une œuvre créée il y a presque 130 ans. Et qui d’autre que Georges Méliès pour nous prouver, une fois de plus, que le cinéma et la magie sont intimement liés depuis plus d’un siècle ?
Une magie que le Centre national de conservation audiovisuelle de la Bibliothèque du Congrès américain nous permet aujourd’hui de redécouvrir, avec un court-métrage de 45 secondes, réalisé par Georges Méliès aux alentours de 1897. Le film, retrouvé en septembre 2025, vient d’être restauré et mis en ligne sur le site de la Bibliothèque du Congrès, le 26 février 2026.

Gugusse et l’automate marque la première apparition à l’écran de ce que l’on pourrait appeler un robot. En moins d’une minute, on assiste à la prise de conscience d’un automate habillé en Pierrot, qui finit par se rebeller contre son maître, incarné par Georges Méliès lui-même. Alors que le genre de la science-fiction n’en était qu’à ses balbutiements et que l’IA et les robots étaient encore bien loin d’envahir le monde, ce modeste court-métrage prouve, s’il le fallait encore une fois, le génie visionnaire du réalisateur du Voyage dans la Lune.
En attente de distributeur
Les amateurs de science-fiction et de Georges Méliès connaissaient l’existence de ce court-métrage sans en avoir vu la moindre seconde. Depuis plus d’un siècle, la bobine de Gugusse et l’automate dormait en effet tranquillement chez un Américain du nom de Bill McFarland, dans sa maison du Michigan. Son arrière-grand-père, William Delisle Frisbee, cultivateur de pommes de terre et instituteur le jour, sillonnait les villes en tant que forain pendant son temps libre.
L’homme possédait un projecteur, merveille des merveilles à la fin du 19e siècle, qui lui permettait d’organiser des spectacles où il diffusait les premiers films du monde à un public que l’on imagine fasciné. C’est dans des salles de classe, des salles communales et parfois même des églises que l’agriculteur-instituteur s’installait pour projeter des diapositives et des courts-métrages, accompagnés par la musique d’un phonographe Edison.

Avec les bobines, William Delisle Frisbee tenait un carnet dans lequel il consignait le déroulement de ses spectacles : « Il parle de salles combles, de salles survoltées », explique Bill McFarland. « Il gagnait jusqu’à 20 dollars par soir, d’après ses archives, et parfois seulement 1,35 dollar. »
Après la mort de William Delisle Frisbee en 1937, deux petites malles contenant ses anciens projecteurs et ses films sont passées de génération en génération, jusqu’à finir par dormir dans le grenier de Bill McFarland, qui ignorait le contenu des bobines.
Gugusse et l’automate est désormais accessible où que vous soyez dans le monde, via un petit objet de quelques millimètres d’épaisseur qui tient dans le creux de votre main. Une histoire sur plus de 100 ans, digne d’un tour de magie, finalement.
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !











