Le député socialiste Christian Paul (PS) demande au gouvernement qu'il "assume ses responsabilités" de "chef d'orchestre" du déploiement du haut débit, pour faire obstacle à tout projet de segmentation de l'offre par le plafonnement des consommations.

L’affaire de l’internet illimité et du programme de la Fédération Française des Télécoms prend une tournure politique. Alors que le ministre Eric Besson a réagi mollement en ouvrant la porte à des forfaits qui ne soient plus tout à fait internet, c’est le député socialiste Christian Paul, très investi dans les sujets liés au numérique, qui a tenu à réagir dans un communiqué.

L’élu, qui préside le Laboratoire des idées du Parti Socialiste, et qui est candidat officieux à un ministère dans un éventuel futur gouvernement d’alternance, exprime sa « consternation« . Il juge le gouvernement directement responsable, par son « laisser-faire« , de la « confiscation de l’Internet, réseau bien commun, essentiel aujourd’hui, par quelques acteurs dominants, au détriment des usagers et des entreprises innovantes« .

« La connexion continue et illimité à l’Internet a permis le développement d’usages désormais essentiels dans nos vies quotidiennes. Grâce au faible coût de ses forfaits, elle a rendu possible de nombreuses innovations économiques, sociales ou démocratiques. Le web, les réseaux sociaux, la messagerie instantanée, l’accès à la musique et aux images font aujourd’hui partie du quotidien de nos concitoyens. »

« Face à la menace d’une segmentation sans fondement économique ou technique des offres d’accès, il est par ailleurs plus urgent que jamais de protéger la neutralité du net par la loi, comme l’ont proposé les parlementaires socialistes« , souligne Christian Paul, en référence au texte rejeté en mars 2011 par l’Assemblée Nationale.

Le député demande que l’Etat « assume ses responsabilités et devienne enfin le chef d’orchestre des investissements publics et privés, nécessaires au déploiement en 10 ans partout sur le territoire des technologies de nouvelle génération, comme la fibre optique« , ce qu’il a fait par une circulaire envoyée aux préfets il y a quelques jours. « Il lui faut également veiller à l’application rigoureuse de notre législation contre les
ententes anticoncurrentielles
« , prévient-il.

« Un Internet bridé, fragmenté, vendu à la découpe, où de nombreux Français n’auraient plus accès qu’à une offre résiduelle, n’est pas acceptable. C’est par l’investissement dans les technologies et les infrastructures permettant de disposer des capacités nécessaires aux usages de demain que nous continuerons de construire un Internet libre et ouvert, facteur de développement économique et démocratique« .

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