Anonymous s'est-il fait un nouvel adversaire ? Le collectif a été pris pour cible lundi par une mystérieuse "cyber-armée syrienne", qui a accompli son premier fait d'armes en attaquant le site web d'Anonplus. Cette attaque est survenue quelques heures après la mise hors ligne du site de la défense syrien par des hacktivistes proches d'Anonymous.

Une guerre de l’information est-elle en train de s’engager entre Anonymous et le pouvoir syrien ? Peu après avoir mis à terre le site web du ministère de la défense, le collectif informel d’internautes et d’hacktivistes a été pris pour cible par des sympathisants du régime de Bachar el-Assad. Une mystérieuse « cyber-armée syrienne » a en effet mené la riposte contre Anonymous et s’est attaquée au site web d’Anonplus.

Seule la page d’accueil a été détournée, laissant penser que les conséquences de cette attaque informatique sont plutôt limitées. Un message politique a été laissé sur la page du site, laissant entendre que l’implication d’Anonymous dans ce conflit interne est une erreur puisque le collectif soutiendrait sans le vouloir les frères musulmans, une organisation suspectée d’être liée à des groupes terroristes.

« En réponse à votre attaque du site web du ministère de la défense syrien, le peuple syrien a décidé de purifier Internet de votre pathétique site web. Votre site a été piraté et nous y avons laissé ces photos montrant l’ampleur du terrorisme engendré par l’organisation des frères musulmans, dont les membres ont tué des citoyens syriens – civils et militaires. Vous êtes en train de défendre cette organisation terroriste et ceci est notre réponse« .

Le message, publié en anglais et en arabe, est accompagné de trois photos censées montrer les dégâts causés par la révolte syrienne qui serait, à en croire le message, alimentée par le terrorisme. Selon la légende des photos, il s’agit de corps de militaires tués à Hama, une ville à l’ouest du pays. D’après les dernières estimations, la contestation qui secoue la Syrie a déjà fait plus de 2 000 morts, dont de très nombreux civils.

Il est difficile de savoir pour le moment si cette « cyber-armée » est pilotée par les forces armées syriennes ou s’il ne s’agit que d’une opération menée par des patriotes fidèles au parti Baas, le parti au pouvoir. Les codes utilisés par ce mystérieux groupe, notamment dans la balise HTML « titre » (Hacked By SyRiAn Cyb3r Army), laissent penser à une simple campagne menée par des internautes syriens plutôt qu’à des militaires chevronnés.

Toujours prompt à s’engager dans des causes médiatiques et médiatisées, Anonymous a pour l’instant pris l’attaque menée par la « cyber-armée syrienne » avec une certaine légèreté. Une version alternative d’Anonplus est disponible à cette adresse et nul doute que les sympathisants du mouvement vont réagir en s’engager plus encore en faveur de la population syrienne.

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