La Consumer Electronics Association (CEA), qui regroupe plus de 2000 industriels de l'informatique grand public dont Microsoft, Apple et Google, demande au régulateur américain de la concurrence de cesser sa procédure antitrust à l'encontre de Google. Elle estime que dans l'informatique, le libéralisme économique doit primer.

La semaine dernière, la Federal Trade Commission (FTC) a décidé d’ouvrir une enquête à l’encontre de Google, suspecté d’abuser de sa position dominante sur le marché de la publicité en ligne et des moteurs de recherche. Il est entre autres choses reproché à Google de favoriser de plus en plus ses propres services de contenus dans les résultats qu’il délivre aux utilisateurs, au détriment des services équivalents édités par des tiers. Un problème dont nous avions parlé l’an dernier en proposant que les activités de moteur de recherche et d’éditeur de services soient séparées, pour éviter toute tentation d’abus.

L’enquête promet d’être longue, mais Google peut d’ores-et-déjà compter sur le soutien des industriels du secteur. La Consumer Electronics Association (CEA), qui compte les plus grands noms de l’informatique mondiale avec plus de 2 000 membres représentés, a en effet publié un communiqué pour demander à la FTC de refermer au plus vite le dossier. « La Commission doit comprendre que notre industrie est caractérisée par la rupture technologique et le changement constant« , défend Gary Shapiro, le président de la CEA. « Des positions qui paraissent dominantes sur le marché s’effritent rapidement à mesure que les préférences des consommateurs évoluent et que de nouveaux concurrents émergent. C’est pourquoi, dans l’industrie technologique, la régulation de la concurrence doit se faire avec une main très légère« .

Comme Google qui tient depuis longtemps ce discours, la CEA prétend qu’il ne faut pas s’intéresser à la concurrence, mais à l’intérêt du consommateur. Comme si les deux, fondamentalement, n’étaient pas liés. Google « fournit des services que des dizaines de millions d’Américains aiment (…), et si un utilisateur n’aime pas les services de Google, il n’y a pas de coûts pour basculer » vers un autre moteur de recherche, explique l’association d’industriels. « Un moteur de recherche concurrent est à un clic de distance« .

C’est vrai. Mais c’est feindre d’ignorer que les habitudes ont la vie dure et surtout que le problème n’est pas que les consommateurs n’aient pas le choix de leur moteur de recherche, mais plutôt qu’au sein du moteur de recherche, les services n’ont pas les mêmes chances d’accéder à l’utilisateur. En multipliant les services et les contenus intégrés à son moteur de recherche, Google capte une audience qui, sinon, aurait été dirigée vers les services édités par des tiers. Y compris lorsque ces derniers, potentiellement, proposent des services de meilleure qualité que ceux que Google met en avant, parce qu’il les édite lui-même.

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