Dans une interview sur Twitter, François Bayrou a révélé qu'il travaillait sur "une idée de licence globale", sans donner plus de précisions, ni dire ce qu'il souhaitait faire de l'Hadopi s'il était élu en 2012. Le président du Mouvement Démocrate s'était opposé à la licence globale en 2007.

François Bayrou, qui devrait être de nouveau candidat aux élections présidentielles en 2012, organisait ce jeudi après-midi une interview collective sur Twitter. Une excellente idée en théorie, qui se révèle difficilement lisible en pratique. Les questions étant beaucoup plus nombreuses que les réponses, et désordonnées, il est difficile de savoir à quelle question répond le président du Mouvement Démocrate, ou de trouver les éventuelles réponses formulées aux questions que l’on trouve intéressantes. L’exercice méritera d’être renouvelé, mais peut-être avec un outil mieux adapté que le CoverItLive utilisé par le Modem.

Nous avons pu cependant poser une question à François Bayrou, sur le sort qu’il entend réserver à l’Hadopi, et le mode de rémunération de la création qu’il envisage s’il était élu à la Présidence de la République. « Je travaille sur une idée de licence globale« , nous a-t-il répondu.

La réponse est floue, loin d’être aussi tranchée que la position d’Eva Joly, ou de François Hollande, mais elle est déjà témoin d’une évolution de pensée chez le leader centriste.

En 2007, lors de la précédente campagne électorale, François Bayrou s’était opposé à la licence globale. « S’il n’y a plus de droit de l’auteur sur son œuvre sur Internet, il n’y aura plus de créations. C’est pourquoi nous avons pensé, pendant le difficile débat sur les droits d’auteur et les droits voisins sur Internet auquel nous avons participé, que la licence globale n’était pas la bonne réponse« , avait-il expliqué lors d’un meeting, en référence au débat parlementaire sur la loi DADVSI.

Au cours de la dernière législature, Bayrou s’est montré presque totalement absent du débat sur la loi Hadopi, alors qu’il avait été très présent lors de la DADVSI pour combattre la protection des DRM. Il avait fallu attendre le 11 mai 2009, à la veille du vote de la première loi Hadopi, pour qu’il prenne enfin clairement position contre la riposte graduée. « Il n’y a pas de création si les droits d’auteur disparaissent, ou en tout cas la création est beaucoup plus difficile« , avait-il réitéré, en se disant cependant « mal à l’aise face à ce texte » dont il décelait les problèmes. Notamment, « je crains que ça ne soit dépassé très vite, que ça ne multiplie des outils qui sont particulièrement dangereux, par exemple des logiciels Peer-to-Peer cryptés. Et à partir du moment où se multiplieraient les logiciels de P2P cryptés, on peut avoir des choses un peu plus graves que des œuvres cinématographiques« .

Maintenant qu’il « travaille sur une idée de licence globale« , François Bayrou pourra peut-être proposer une solution alternative à l’Hadopi. Il sera intéressant de pouvoir l’analyser et la confronter avec celle du Parti Socialiste, qui souhaite aussi proposer la taxation des abonnements à Internet pour légaliser la diffusion des œuvres à des fins non commerciales.

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