Google a-t-il égratigné sa philosophie open source en reportant la mise à disposition du code source d'Android ? Le géant américain a en effet annoncé qu'il repoussait à une date ultérieure l'accès à Honeycomb (Android 3.0). Une décision étrange, dans la mesure où l'ouverture de l'O.S. est l'un de ses atouts face à la concurrence.

Voilà qui jette un voile sur le caractère open source du système d’exploitation Android. Alors que la dernière version de la plate-forme mobile équipe déjà la tablette tactile de Motorola, Google a pris la décision de reporter la sortie du code source d’Android 3.0 (Honeycomb). Un représentant de la firme américaine a expliqué au Wall Street Journal que l’O.S. ne serait pas partagé tout de suite dans la mesure où il n’est pas encore totalement finalisé.

Conçue spécialement pour les tablettes numériques, cette version d’Android doit offrir aux constructeurs une alternative intéressante à une solution développée en interne, tout en étant capable de rivaliser durablement avec l’iOS d’Apple, la plate-forme qui anime les deux générations d’iPad. Or, Google estime à l’heure actuelle que Honeycomb n’est pas encore prêt à être modifié et personnalisé.

Le refus (temporaire) de Google de libérer le code source d’Android 3 tranche quelque peu avec la philosophie du logiciel libre. Normalement, l’entreprise américaine doit mettre à disposition le cœur du système d’exploitation, afin que la communauté puisse s’en emparer et le faire évoluer à sa guise. Une évolution d’autant plus étonnante que l’une des forces d’Android est justement son caractère libre et ouvert.

Difficile de savoir combien de temps durera cette rétention de code. Dans un communiqué repris par Reuters, Google explique avoir « encore du travail à faire avant de pouvoir délivrer les nouvelles fonctionnalités aux autres appareils, dont les téléphones mobiles« . « Nous nous engageons à fournir Android comme plate-forme ouverte à travers différents types d’appareils et nous publierons le code source dès que possible« . Mais pour l’heure, aucun calendrier n’a été indiqué.

La décision de Google reste pour le moins curieuse. En effet, rien n’empêche a priori le géant américain de mettre à disposition le code actuel d’Android 3.0, même si celui-ci est jugé incomplet. Cela permettrait à la communauté de se saisir de la plate-forme, tandis que le développement d’Honeycomb se poursuivrait en parallèle. Une fois que Google jugera satisfaisant le travail réalisé, il publiera la version mise à jour du code source.

Sauf si derrière cette décision se cache des enjeux commerciaux. En effet, l’année 2011 est considérée par beaucoup d’analystes comme l’année zéro des tablettes tactiles. C’est au cours des prochains mois que vont se dessiner les grandes tendances dans ce domaine. L’iPad 2, qui sort aujourd’hui dans 25 pays différents, sera l’un des acteurs majeurs de ce marché.

Google a aussi de grandes ambitions et préfère peut-être satisfaire ses partenaires industriels en leur accordant un délai supplémentaire pour engranger des ventes supplémentaires. Un délai d’autant plus nécessaire que la tablette de Motorola, la Xoom, ne connaitrait pas un succès foudroyant.

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