Malgré une hausse historique du nombre de spectateurs, certaines salles de cinéma en France continuent d'insulter les clients qui payent leurs places, en les traitant de pirates en puissance.

L’affiche est apparue pour la première fois en fin d’année 2008, placardée sur les portes d’entrée des salles de cinéma. Deux ans plus tard, et comme le démontre cette photo prise il y a quelques jours dans un cinéma Gaumont de Nantes, elle est toujours bien visible sur les portes battantes de certaines salles obscures. « Quand le piratage aura brisé le cinéma… que restera-t-il à pirater ? ? ?« , demande l’affiche réalisée par le Syndicat français des théâtres cinématographiques, vieille institution créée en 1909 par George Méliès. Elle rappelle que « le piratage est puni par la loi de 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende« .

Au même titre que les messages de propagande anti-piratage diffusés avant les films, ou les messages de prévention qui figurent sur les DVD et Blu-Ray, ce type d’affiche est particulièrement insultante pour le spectateur qui fait l’effort de payer, et que l’on traite tout de même comme un pirate en puissance. Quel autre commerçant se permet de menacer plutôt que de remercier ?

Mais outre l’insulte, laisser ces affiches en 2011 relève carrément de la provocation, vu les chiffres de fréquentation des salles de cinéma. Elles enregistrent records sur records. C’était le cas en 2009 avec 201,14 millions d’entrées (+ 5,7 %). C’était aussi le cas en 2010 avec 206,9 millions (+2,7 %). Malgré la crise, malgré le piratage, les salles de cinéma n’avaient jamais accueilli autant de spectateurs depuis 1967. Même les DVD et Blu-Ray, que l’on dit davantage affectés que les salles de cinéma, se portent bien. En 2010 les ventes de vidéos ont augmenté de 2,7 % (source PDF).

Les recettes du cinéma sont telles que l’Etat avait voulu ponctionner jusqu’à 130 millions d’euros des recettes exceptionnelles du CNC, dues aux taxes sur les entrées de cinéma et les ventes et locations de films. Ce qui fut finalement ramené, tout de même, à 30 millions d’euros.

Alors s’il vous plait, messieurs les exploitants de salles, retirez ces affiches. Et dites plutôt merci.

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