Les effets de la coupure du net n'ont pas affecté uniquement la liberté d'expression en Égypte. Ils ont également durement touché l'économie du pays. L'OCDE estime que les cinq jours de blackout ont coûté 65 millions d'euros à l'Égypte. Des implications à long terme sont également attendues.

Couper les accès à Internet n’est pas sans risque pour un gouvernement autoritaire. En plus de n’avoir pas un effet déterminant sur le niveau des protestations, la mesure affecte aussi l’économie du pays. C’est en substance le message qu’a fait passer l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un communiqué dédié aux manifestations égyptiennes.

La censure qui a frappé le net égyptien pendant cinq jours pourrait coûter cher à l’Égypte. Selon les estimations de l’organisation internationale, qui regroupe essentiellement des pays occidentaux, les effets négatifs à court terme d’une telle décision sont estimés à 90 millions de dollars (65 millions d’euros). « Les services bloqués représentent environ 3 % à 4 % du PIB, soit une perte de 18 millions de dollars (13 millions d’euros) par jour » note l’OCDE.

La coupure du net risque d’avoir un impact à long terme sur l’économie égyptienne. Les sociétés du secteur technologique, qui ont des bureaux en Égypte, sont en effet les premières à en avoir souffert. Or, le numérique et le high tech sont des secteurs d’avenir et en croissance. Ces mesures autoritaires, combinées avec une instabilité politique, pourraient faire fuir les firmes étrangères.

« Ce sera beaucoup plus difficile à l’avenir d’attirer des entreprises étrangères et de leur assurer que les réseaux resteront fiables » a commenté l’OCDE. Les stigmates de la coupure d’Internet vont mettre du temps à disparaître.

Mercredi, les autorités égyptiennes avaient fini par lever le blackout qui frappait depuis cinq jours le réseau des réseaux. La tentative de verrouiller les communications pour mettre fin aux manifestations n’a clairement pas fonctionné, puisque des millions d’Égyptiens sont quand même descendus dans les rues pour contester la confiscation du pouvoir par Hosni Moubarak.

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