Paris ouvre ses données publiques aux internautes

Julien L. - publié le Vendredi 28 Janvier 2011 à 17h07 - posté dans Société 2.0

La ville de Paris a commencé à publier ses données publiques sur un site web dédié, ParisData. Les informations disponibles sont sous une licence libre dérivée de la licence ODBL (Open Database Licence). Paris rejoint ainsi la (courte) liste des villes françaises optant pour les données publiques.

C'est un petit pas pour Paris, mais un bond de géant pour l'open data. Après en avoir délibéré l'an dernier, la ville de Paris a commencé à mettre en œuvre sa politique d'ouverture des données publiques. Un site web - ParisData - est en ligne depuis peu et sera le réceptacle de l'ensemble des données publiques publiées par la capitale française.

Constatant que "tout organisme d'une certaine taille collecte, génère ou maintient un important volume de données électroniques (base de données, systèmes d'information cartographiques, registres électroniques, etc.)" la ville de Paris considère que les données récoltées représentent "un patrimoine immatériel qui peut être mis en valeur pour l'ensemble de la collectivité".

"Les chercheurs peuvent y trouver matière à nourrir leur travaux et expériences, les développeurs peuvent créer des services innovants utilisant ces données, les citoyens et journalistes y trouvent des informations brutes, et les entreprises peuvent fournir une valeur ajoutée à ces données, et ainsi créer de l'emploi et de la richesse pour la collectivité" indique ParisData.

Pour l'heure, six rubriques sont disponibles sur le site : citoyens, urbanisme, déplacements, services, environnement et culture. Le format des données proposées par le site est varié, allant du CSV au XLS, en passant par le RTF, le RSS, le PDF, le TXT ou encore l'ODT. Au total, le site propose seize formats de données différents pour les informations de la ville de Paris.

La ville de Paris a fait manifestement le choix de ne pas exclure les formats informatiques propriétaires de sa politique d'ouverture des données publiques, comme le montre la présence du XLS. Ce format est en effet l'extension du nom de fichier des tableurs Microsoft Excel. La présence de ces formats propriétaires ne limite en aucune façon la mission ParisData, qui s'appuie sur une licence adaptée d'Open Database Licence.

Celle-ci autorise l'utilisateur à partager, réutiliser et adapter les contenus concernés à la condition de mentionner la paternité, de partager les conditions à l'identique et de maintenir l'esprit d'ouverture qui gouverne le projet ParisData. Cette adaptation a été obtenue grâce au concours du chapitre France de Creative Commons, du collectif Regards Citoyens et de Veni, Vidi, Libri.

L'open data n'en est qu'à ses premiers pas dans l'Hexagone. Pour l'heure, quelques villes ont choisi de publier des données publiques sur Internet, à l'image de Rennes ou de Brest. Du côté des régions, citons le cas de l'Aquitaine qui a opté pour les Creatives Commons pour ses données.

Publié par Julien L., le 28 Janvier 2011 à 17h07
 
 
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Commentaires à propos de «Paris ouvre ses données publiques aux internautes»
 
Et a l'elysée ils s'y mettent quand ?
stef22874, le 28/01/2011 - 18:49
Et a l'elysée ils s'y mettent quand ?

Jamais. Tu te crois en démocratie ou quoi ??

:)
Bonsoir, Rennes a fait la même chose depuis quelques mois déjà. Un concours d'application pour smartphone et micro a été ouvert. Les première application pour le stransports en commun et la location de vélo libre sont déjà disponibles.
Julien (l'auteur)
Tu précises que les data sont sous plusieurs formats, cela veut-il dire que les données sont proposées au choix au niveau du format? Ou alors que les données sont proposées de manière brute, tel qu'elles ont été produites, d'ou les différent formats.

En gros peut on choisir le format de donnée, ou est il imposé par le foramt d;origine ?
En gros peut on choisir le format de donnée, ou est il imposé par le foramt d;origine ? (/quote]
Pourquoi as-tu besoin de Julien au lieu d'aller voir par toi-même ?
jnq, le 28/01/2011 - 19:43
Bonsoir, Rennes a fait la même chose depuis quelques mois déjà (...)
Pas vraiment, du moins il y a un gros hic pour Rennes : la licence des données n'est pas libre. Ils ont crée leur propre licence funky qui n'est compatible qu'avec elle-même et qui exige des mises à jour, le respect de l'intégrité des données etc (deux exigences qui font que la licence n'est pas libre). Ils demandent à ce que les données ne soient pas "tronquées". Il faudrait m'expliquer comment on exploite des données issues d'une base de données sans les "tronquer". Ils entendent quoi par "tronquer" déjà ?

Comparée à ça, la marie de Paris a eu l'intelligence de s'entourer de Veni Vidi Libri de Creative Commons en France, de choisir une licence standardisée etc. On voit tout de suite la différence. Reste à espérer (et à demander) la même chose dans nos villes respectives.
Bonjour, la licence est libre vous ne savez pas lire.
j'applaudis cette initiative. Puisse ce projet inspirer nombre de représentants du peuple et les motiver dans cette voie.

merci Paris
jnq, le 30/01/2011 - 14:57
Bonjour, la licence est libre vous ne savez pas lire.

Le texte de la licence est disponible ici. Lisons là et corrigez-moi si je fais erreur : les passages qui pose problème sont "Article 4 - Obligations du Réutilisateur Conformément à l'article 12 de la Loi, le Licencié s'engage à ce que les Informations ne soient pas altérées ni leur sens dénaturé. Le Licencié veillera à respecter l'intégrité des données, et notamment à ne pas les dénaturer et/ou tronquer." et "Le Licencié devra faire le nécessaire pour prendre en compte dans un délai raisonnable les mises à jour des Informations publiques réutilisées, et procéder au besoin aux adaptations qui seraient rendues nécessaires." Ce dernier point ne pardonne pas, la FSF a inclus la licence de l'Open Directory Project dans la catégorie non libre précisément parce que les données devaient être mises à jour.

En outre, le passage "Le Licencié s'abstient de tout usage contraire aux lois et règlements ou portant atteinte à l'ordre public." est très regrettable et participe probablement du fait que la licence n'est pas libre. Une atteinte à l'ordre public est une question qui regarde la loi, certainement pas la licence.

Une licence libre est simple, elle accorde quatre libertés fondamentales. L'utilisation pour tous les usages, la modification, la redistribution à l'identique, et la redistribution des versions modifiées. Celle de Rennes contrevient au premier (atteinte à l'ordre public) et au second (pas d'altération) points tout en rajoutant une obligation de mise à jour. Elle ne serait approuvée ni par la FSF, ni par l'OSI, ni par Debian.

En tout cas s'il y a réellement une volonté d'utiliser une licence libre pour les données de Rennes, la solution est simple, il existe celle choisie par la mairie de Paris ou Creative Commons By ou By-Sa qui ont été conçues, traduites et revues par des spécialistes et qui sont largement utilisées (qui permettent une interopérabilité par la même occasion).
Vous habitez rennes, vous faites des applications ? Non. Alors vos commentaires et la comparaison avec la licence libre idéale ou celle de Paris nous importe peut. Présentez la donc vous même à la FSF ou à l'OSI ou votre distribution préférée. Car celle de Paris qui vous plait tant est elle légale et en règle avec la loi ?
Et puis soyez déjà heureux que l'on mette ses données en libre service à votre disposition.
jnq, le 30/01/2011 - 23:25
Vous habitez rennes, vous faites des applications ? Non. Alors vos commentaires et la comparaison avec la licence libre idéale ou celle de Paris nous importe peut.
Je ne suis pas à Rennes, mais quand il s'agira de demander la même chose chez moi, à votre avis, quel exemple je vais prendre ? Ceux qui me disent d'être déjà heureux ou Paris qui s'est entouré d'une communauté qui ne demande qu'à conseiller bénévolement, qui a choisi une licence libre, solide, intéropérable et qui est allée au bout de la démarche ?

Les développeurs d'applications qui ne développent pas forcément, loin de là, uniquement pour les villes où ils habitent, quelle ville vont-ils choisir s'ils ont le choix ? Celle qui repose sur une licence solide ou une autre qui a choisi une licence inconnue qui contient des termes contradictoires qui peuvent donner un sentiment d'insécurité juridique (ne pas "dénaturer, tronquer" les données, les mettre à jour "dans un délai raisonnable") ?

Alors que Rennes qui a fait l'essentiel du boulot mais qui semble avoir calé pour licence aurait pu prétendre au titre de pionnier en France, c'est Paris et Brest qui vont rayonner. Ce n'est pourtant pas une fatalité : il suffirait d'un simple e-mail pour demander leur avis l'association à Veni Vidi Libri ou à Creative Commons France. Ca n'engage à rien, ça ne coûte pas un centime, vous seriez reçu à bras ouverts et l'administration de Rennes comme ses administrés y gagneraient.

Présentez la donc vous même à la FSF ou à l'OSI ou votre distribution préférée.
Elle serait malheureusement refusée, il n'y a pas l'ombre d'un doute. J'ajoute que Debian n'est pas que ma distribution préférée, leur contrat social fait tout simplement référence.

Car celle de Paris qui vous plait tant est elle légale et en règle avec la loi ?
Tout à fait. Ils utilisent une licence qui a été conçue par Open Knowledge Foundation, à savoir des spécialistes à la fois de questions juridiques et techniques, avec l'aide du staff de Creative Commons qui est dans le bain depuis des années. Il s'agit d'organisations à but non lucratif. Durant ce processus, les commentaires étaient ouverts à tous pour avoir un retour d'informations et le sont toujours.

Ce qui compte, ce n'est pas que la licence choisie par Paris me plaise mais qu'elle soit libre, ce qu'il y a de plus solide juridiquement à la fois pour ceux qui mettent à disposition des données et ceux qui les utilisent, et qu'elle permette une interopérabilité avec d'autres services. Comparée à celle utilisée par Rennes, elle ne présente que des avantages. Quant aux licences Creative Commons Paternité et Paternité Partage à l'identique, elles ont de plus l'avantage d'être utilisées depuis des années par de projets majeurs (y compris Wikipedia, la Maison Blanche ou les Archives fédérales de la République fédérale d'Allemagne).

Vous vous doutez bien que tous ces gens n'ont pas choisi leur licence au hasard, sans demander un examen juridique auparavant. Donc oui, elle est légale, en règle avec la loi et c'est du très solide. En fait, c'est ce qui se fait du mieux dans le domaine et en prime ça ne coûte pas un centime à utiliser.

Tout ceci n'est qu'un résumé et il y a des gens qui s'y connaissent bien mieux que moi. Si vous êtes en position de le faire, je ne saurai que trop vous conseiller de leur laisser un message, il se feront un plaisir d'apporter toute les informations nécessaires. Surtout, vous y gagneriez.
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