Alors que des dizaines de milliers d'Egyptiens se sont rassemblés dans les rues pour réclamer le départ du président Moubarak, le gouvernement a fait bloquer Twitter et plusieurs autres sites internet. Pour tenter d'éviter un embrasement et une forte visibilité du mouvement, les communications mobiles sont éteintes dans une partie du pays.

Le renversement du régime de l’ancien président Ben Ali en Tunisie pourrait faire s’écrouler un second domino, l’Egypte. Ce mardi, à l’appel de plusieurs mouvements militant pour la démocratie, environ 15 000 égyptiens ont défilé dans les rues du Caire pour protester contre le Président Hosni Moubarak, en place depuis 29 ans. Selon Al Jazeera, plus de 50 000 manifestants se seraient réunis à Alexandrie. Ces dernières heures, la situation s’est considérablement tendue, et selon un journaliste présent sur place, des policiers auraient même décidé de rejoindre les rangs des manifestants en désobéissant aux ordres de répression.

Comme en Tunisie, Internet a permis aux jeunes égyptiens d’organiser les manifestations et surtout de prendre eux-mêmes en main la médiatisation du mouvement, qu’ils espèrent voire prendre de l’ampleur.

Sur Facebook, 87 000 personnes s’étaient inscrites à l’appel. « Notre manifestation le 25 (janvier) est le début de la fin« , avaient écrit les organisateurs. « C’est la fin du silence, du consentement et de la soumission à ce qui se passe dans notre pays. Ce sera le début d’une nouvelle page de l’histoire de l’Egypte, une page d’activisme et de réclamation de nos droits« .

Mardi, Twitter a été coupé pour éviter que les journalistes et les manifestants ne communiquent en temps réel sur l’état des manifestations et les éventuelles exactions. Plusieurs sites de médias ont aussi été coupés. L’opérateur Vodafone a prévenu qu’il n’avait mis en place aucun blocage, mais il reconnaît qu’il y a bien « un problème partout en Egypte« .

Facebook, qui avait été maintenu par Ben Ali compte tenu de son énorme popularité en Tunisie, pourrait aussi être bientôt bloqué. Selon Social Bakers, Facebook ne compterait que 5 millions d’utilisateurs en Egypte, pour une population totale de plus de 85 millions d’habitants, ce qui devrait faciliter une mesure de censure plus indolore que chez le voisin tunisien. En Tunisie, un habitant sur cinq possède un compte Facebook, ce qui aurait rendu son blocage beaucoup trop impopulaire.

Cependant les mesures de blocage de Twitter ne servent à rien, puisque déjà les solutions de VPN circulent et commencent à être utilisées massivement.

Selon certains témoins, les réseaux de communications mobiles commencent néanmoins à être totalement coupés, ce qui risque de réduire la visibilité de la rébellion. En réaction, les Egyptiens s’organisent sur Twitter pour demander aux habitants de certains quartiers de ne plus bloquer l’accès à leurs réseaux Wifi. Certains filment et diffusent eux-mêmes les manifestations en direct sur Ustream.

Heureusement, à l’heure où nous publions ces lignes, il ne semble pour le moment n’y avoir aucun mort ni blessé grave dans les manifestations, qui restent gérées sans violence excessive par le gouvernement égyptien (mise à jour : nous avons malheureusement appris dans la soirée que les manifestations ont connu leurs premières victimes). Les manifestants sont repoussés par des canons à eau et des gaz lacrymogènes. C’est la diffusion d’une vidéo très choquante filmée dans un hôpital, reprise partout dans le monde, qui avait véritablement mis le feu aux poudres en Tunisie. Il est probable, et souhaitable, que le gouvernement d’Hosni Moubarak fera tout pour éviter de reproduire le même scénario sanglant.

(article en cours de développement)

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